Manifestation du Tea Party à Washington, 27/7/11 © A.F.P.François Durpaire, agrégé et docteur en histoire, est enseignant à l'IUFM de Versailles (Université de Cergy). Il a écrit plusieurs ouvrages sur les Etats-Unis. DECRYPTAGE - En s'imposant de peu dans l'Iowa, le modéré Mitt Romney, favori depuis plusieurs mois, a mis sa campagne sur orbite. Mais les résultats montrent une nouvelle fois la fracture dans le parti entre la branche centriste et la mouvance conservatrice représentée notamment par Rick Santorum, battu de huit voix. Après un médiocre 5% dans l'Iowa, la candidate conservatrice est la première à se retirer de la course à l'investiture républicaine. Après un scrutin très serré, le modéré Mitt Romney, l'un des favoris à l'investiture, a remporté le caucus de l'Iowa, première étape des primaires républicaines qui désigneront l'adversaire de Barack Obama en novembre. Arrivé seulement huit voix derrière, le conservateur Rick Santorum crée la surprise. Qui sera le challenger d'Obama à la présidentielle ? Le caucus de l'Iowa, première étape des primaires républicaines, peine à dégager une tendance, reflétant l'indécision des électeurs. Romney est au coude à coude avec Santorum, quasi-inconnu il y a un mois. Après plusieurs mois de pré-campagne, la bataille pour l'investiture républicaine débutait concrètement mardi soir avec le premier scrutin dans l'Iowa. Sept prétendants sont candidats pour affronter en novembre Barack Obama, "dispensé" de primaires chez les démocrates. Le point avec TF1 News. Dispensé de primaires chez les démocrates grâce à son statut de président sortant, Barack Obama est déjà en campagne depuis plusieurs mois. Objectif : récolter le maximum d'argent en vue de l'été prochain. La bataille pour l'investiture républicaine débutera le mardi 3 janvier 2012 avec le "caucus" de l'Iowa. Les scrutins se suivront ensuite jusqu'à fin juin. Mais tout devrait être joué début mars après le "Super Tuesday". Les sept candidats à l'investiture du parti républicain pour la présidentielle américaine de 2012 multiplient les réunions dans l'Iowa, premier Etat à voter mardi prochain. Avant même le premier scrutin, le 3 janvier, la campagne des primaires a été rythmée par plusieurs "boulettes" mémorables des prétendants à l'investiture républicaine. La sélection subjective de TF1 News. Le candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2012 aux Etats-Unis a qualifié la direction de l'Iran de "malfaisante" et affirmé qu'il tenterait de "décapiter le régime" de Téhéran s'il était élu. Même s'il est distancé au niveau national, Ron Paul, le candidat "libertarien" des républicains, fait désormais la course en tête dans l'Iowa, où aura lieu le premier scrutin le 3 janvier. Il profite notamment du déluge de publicités négatives lancées contre Newt Gingrich, le favori. En plein blocage avec les républicains, le président américain s'est accordé un intermède mercredi en se rendant, comme le Mr Tout-le-monde américain, dans un commercial de la région de Washington où il a fait ses achats avec sa propre carte de crédit. Le tout accompagné de son chien Bo... INFOGRAPHIE - Découvrez avec notre visuel animé les résultats des primaires, Etat par Etat, la course aux délégués entre les candidats à l'investiture et le calendrier des scrutins à venir. INFOGRAPHIE - Découvrez avec notre visuel animé le fonctionnement des primaires aux Etats-Unis, première étape électorale de la course à la Maison-Blanche. En 2012, elles s'étaleront du 3 janvier jusqu'à fin juin. Barack Obama a affiché mardi soir sa confiance lors d'une téléconférence avec des démocrates réunis dans l'Iowa, au moment où ses adversaires républicains votaient pour leurs primaires. "D'une certaine façon, je suis vraiment plus optimiste maintenant que je ne l'étais lorsque j'ai été candidat pour la première fois", a-t-il déclaré. DIAPORAMA - Sept prétendants briguent l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2012. Avant le début des primaires, le 3 janvier, découvrez qui sont-ils, par ordre alphabétique.
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TF1 News : Comment définir aujourd'hui le Tea Party ?
François Durpaire : Ce n'est pas un parti structuré mais une mouvance au sein de la droite américaine et du camp conservateur, et qui gravite donc de fait autour du parti républicain. Né en opposition à la victoire de Barack Obama à la présidentielle puis à ses projets, il se caractérise essentiellement par le refus des taxes et des impôts, quels qu'ils soient, une grande méfiance à l'égard de l'Etat fédéral et la défense des libertés individuelles. Le Tea Party met également en avant l'identité anglo-américaine des Etats-Unis.
TF1 News : Se rapproche-t-il du concept d'Amérique blanche ?
F.D. : Non. C'est d'ailleurs là toute la subtilité de la mouvance. Sur ce point, le Tea Party n'oppose pas basiquement Amérique blanche et Amérique noire. Il défend l'"Américanéité", peu importe la couleur de peau.
TF1 News : C'est-à-dire ?
F.D. : Pour comprendre, prenons les exemples d'Herman Cain et Barack Obama, tous les deux noirs. Herman Cain (ndlr : cet ancien entrepreneur, bien placé dans les sondages en novembre, a été contraint de se retirer après des accusations de harcèlement sexuel) était l'un des candidats préférés du Tea Party. Il se définit lui-même comme un "Black American" et non comme un "African American". De son côté, Barack Obama est vivement critiqué par le Tea Party non pas en raison de sa couleur de peau, mais parce qu'il incarne l'Etat fédéral. Et aussi, même si ce n'est pas avoué clairement, car, fils d'Africain, il ne possède pas l'"Américanéité'" revendiquée par le Tea Party.
| "Aucun intérêt à devenir un parti classique" |
TF1 News : Quel poids le Tea Party a-t-il dans la société américaine aujourd'hui ?
F.D. : Au-delà de son nombre de militants et des manifestants qu'il rassemble lors de ses actions -quelques milliers-, les sondages montrent que 20% de la population américaine soutient ses idées.
TF1 News : Pourquoi ne se transforme-t-il pas alors en parti politique proprement dit ?
F.D. : Tout d'abord, il n'a pas de vrais dirigeants ni de vrais leaders. Il ne possède ainsi pas de président comme on l'entend dans une structure classique. Il se repose sur des "stars du jour" comme Herman Cain, Sarah Palin, Michele Bachmann ou Rick Perry ou des parlementaires qui se revendiquent de la mouvance.
S'il devenait un "vrai" parti, il ne serait qu'un "petit" parti, à l'ombre du parti républicain. Il devrait alors présenter des candidats indépendants qui n'auraient aucune chance en raison du fonctionnement du système politique américain favorisant les républicains et les démocrates. Mieux vaut donc pour lui rester une mouvance idéologique qui progresse petit à petit et dont les idées se diffusent à l'intérieur du parti républicain pour être reprises par ses candidats.
| "Impossible de se passer du Tea Party pour l'investiture républicaine" |
TF1 News : Quel est son impact direct aujourd'hui sur la campagne des primaires ?
F.D. : Aucun candidat républicain ne peut se démarquer et donc espérer l'emporter s'il se passe des voix de l'électorat du Tea Party. Tout d'abord, comme nous l'avons dit, car il représente 20% de la population américaine. A droite, ce poids est évidemment encore plus élevé. Ensuite, les gens qui vont aux primaires sont généralement très politisés -il faut parfois prendre une journée de congés. Ce sont donc les activistes, et parmi eux les sympathisants du Tea Party, qui se déplaceront en priorité. Résultat : les candidats n'ont pas le choix. Ils doivent "droitiser" leur discours pendant les primaires, quitte à se recentrer ensuite pour le vainqueur lors de la future confrontation avec Barack Obama.
TF1 News : Pourtant, les deux favoris, Mitt Romney, jugé trop modéré, et Newt Gingrich, le républicain le plus institutionnel et le plus lié à Washington et donc à l'Etat fédéral, sont loin d'être les préférés du Tea Party.
F.D. : De manière générale, une élection se joue sur une dynamique et donc, dans le cas présent, sur la capacité à articuler son discours par rapport à la mouvance du Tea Party. Le vainqueur des primaires n'en sera pas forcément issu. Mais il devra la prendre en compte pour gagner.
Mitt Romney et Newt Gingrich ont effectué un travail important, ont récolté le maximum d'argent, ce qui leur permet de se distinguer. Ensuite, pendant la "campagne invisible" de ces derniers mois, ils ont fait beaucoup moins d'erreurs que leurs adversaires, notamment en politique étrangère.
Même si celle-ci n'est pas la préoccupation majeure, Rick Perry ou Michele Bachmann ont été discrédités de manière générale par leurs bourdes (voir notre article : "Primaires républicaines : les plus belles bourdes des candidats"). Même si leur indice de sympathie est important, ils ont été perçus comme peu fiables.
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