Comment le Tea Party pèse sur les primaires républicaines

Par , le 31 décembre 2011 à 16h56 , mis à jour le 02 janvier 2012 à 16h51

Dossier : Élections USA

DECRYPTAGE - Quel est le poids du mouvement anti-taxes et anti-Washington dans la campagne des primaires républicaines ? Les candidats doivent-il composer avec lui pour espérer décrocher l'investiture ? Les réponses de TF1 News avec François Durpaire, spécialiste de la politique américaine.

Manifestation du Tea Party à Washington, 27/7/11Manifestation du Tea Party à Washington, 27/7/11 © A.F.P.

François Durpaire, agrégé et docteur en histoire, est enseignant à l'IUFM de Versailles (Université de Cergy). Il a écrit plusieurs ouvrages sur les Etats-Unis.

  • Primaires républicaines : et maintenant ?

    DECRYPTAGE - En s'imposant de peu dans l'Iowa, le modéré Mitt Romney, favori depuis plusieurs mois, a mis sa campagne sur orbite. Mais les résultats montrent une nouvelle fois la fracture dans le parti entre la branche centriste et la mouvance conservatrice représentée notamment par Rick Santorum, battu de huit voix.

    Publié le 04/01/2012 Primaires républicaines : et maintenant ?
  • Primaires républicaines : Bachmann jette l'éponge

    Après un médiocre 5% dans l'Iowa, la candidate conservatrice est la première à se retirer de la course à l'investiture républicaine.

    Publié le 04/01/2012 Primaires républicaines : Bachmann jette l'éponge
  • Primaires républicaines : huit voix d'avance pour Romney dans l'Iowa

    Après un scrutin très serré, le modéré Mitt Romney, l'un des favoris à l'investiture, a remporté le caucus de l'Iowa, première étape des primaires républicaines qui désigneront l'adversaire de Barack Obama en novembre. Arrivé seulement huit voix derrière, le conservateur Rick Santorum crée la surprise.

    Publié le 04/01/2012 Primaires républicaines : huit voix d'avance pour Romney dans l'Iowa
  • Primaires républicaines : première étape indécise dans l'Iowa

    Qui sera le challenger d'Obama à la présidentielle ? Le caucus de l'Iowa, première étape des primaires républicaines, peine à dégager une tendance, reflétant l'indécision des électeurs. Romney est au coude à coude avec Santorum, quasi-inconnu il y a un mois.

    Publié le 04/01/2012 Primaires républicaines : première étape indécise dans l'Iowa
  • Qui contre Obama : c'est parti pour les primaires républicaines !

    Après plusieurs mois de pré-campagne, la bataille pour l'investiture républicaine débutait concrètement mardi soir avec le premier scrutin dans l'Iowa. Sept prétendants sont candidats pour affronter en novembre Barack Obama, "dispensé" de primaires chez les démocrates. Le point avec TF1 News.

    Publié le 03/01/2012 Qui contre Obama : c'est parti pour les primaires républicaines !
  • Primaires républicaines : et pendant ce temps-là, Obama encaisse

    Dispensé de primaires chez les démocrates grâce à son statut de président sortant, Barack Obama est déjà en campagne depuis plusieurs mois. Objectif : récolter le maximum d'argent en vue de l'été prochain.

    Publié le 30/12/2011 Primaires républicaines : et pendant ce temps-là, Obama encaisse
  • Primaires républicaines : le calendrier

    La bataille pour l'investiture républicaine débutera le mardi 3 janvier 2012 avec le "caucus" de l'Iowa. Les scrutins se suivront ensuite jusqu'à fin juin. Mais tout devrait être joué début mars après le "Super Tuesday".

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  • Primaires républicaines : sprint final avant le D-Day

    Les sept candidats à l'investiture du parti républicain pour la présidentielle américaine de 2012 multiplient les réunions dans l'Iowa, premier Etat à voter mardi prochain.

    Publié le 29/12/2011 Primaires républicaines : sprint final avant le D-Day
  • Primaires républicaines : les plus belles bourdes des candidats

    Avant même le premier scrutin, le 3 janvier, la campagne des primaires a été rythmée par plusieurs "boulettes" mémorables des prétendants à l'investiture républicaine. La sélection subjective de TF1 News.

    Publié le 26/12/2011 Primaires républicaines : les plus belles bourdes des candidats
  • Présidentielle US : Romney veut "décapiter" le régime de Téhéran

    Le candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2012 aux Etats-Unis a qualifié la direction de l'Iran de "malfaisante" et affirmé qu'il tenterait de "décapiter le régime" de Téhéran s'il était élu.

    Publié le 24/12/2011 Présidentielle US : Romney veut "décapiter" le régime de Téhéran
  • Primaires républicaines : une surprise "Dr No" le 3 janvier ?

    Même s'il est distancé au niveau national, Ron Paul, le candidat "libertarien" des républicains, fait désormais la course en tête dans l'Iowa, où aura lieu le premier scrutin le 3 janvier. Il profite notamment du déluge de publicités négatives lancées contre Newt Gingrich, le favori.

    Publié le 23/12/2011 Primaires républicaines : une surprise "Dr No" le 3 janvier ?
  • Quand Obama faisait ses courses de Noël comme tout le monde

    En plein blocage avec les républicains, le président américain s'est accordé un intermède mercredi en se rendant, comme le Mr Tout-le-monde américain, dans un commercial de la région de Washington où il a fait ses achats avec sa propre carte de crédit. Le tout accompagné de son chien Bo...

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  • Primaires républicaines : les résultats

    INFOGRAPHIE - Découvrez avec notre visuel animé les résultats des primaires, Etat par Etat, la course aux délégués entre les candidats à l'investiture et le calendrier des scrutins à venir.

    Publié le 04/01/2012 Primaires républicaines : les résultats
  • Primaires américaines : comment ça marche

    INFOGRAPHIE - Découvrez avec notre visuel animé le fonctionnement des primaires aux Etats-Unis, première étape électorale de la course à la Maison-Blanche. En 2012, elles s'étaleront du 3 janvier jusqu'à fin juin.

    Publié le 20/12/2011 Primaires américaines : comment ça marche
  • Présidentielle: Obama "vraiment plus optimiste" qu'en 2007

    Barack Obama a affiché mardi soir sa confiance lors d'une téléconférence avec des démocrates réunis dans l'Iowa, au moment où ses adversaires républicains votaient pour leurs primaires. "D'une certaine façon, je suis vraiment plus optimiste maintenant que je ne l'étais lorsque j'ai été candidat pour la première fois", a-t-il déclaré.

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  • Primaires : les sept républicains prêts à affronter Obama

    DIAPORAMA - Sept prétendants briguent l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2012. Avant le début des primaires, le 3 janvier, découvrez qui sont-ils, par ordre alphabétique.

    Publié le 01/01/2012 Primaires : les sept républicains prêts à affronter Obama
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TF1 News : Comment définir aujourd'hui le Tea Party ?
François Durpaire : Ce n'est pas un parti structuré mais une mouvance au sein de la droite américaine et du camp conservateur, et qui gravite donc de fait autour du parti républicain. Né en opposition à la victoire de Barack Obama à la présidentielle puis à ses projets, il se caractérise essentiellement par le refus des taxes et des impôts, quels qu'ils soient, une grande méfiance à l'égard de l'Etat fédéral et la défense des libertés individuelles.  Le Tea Party  met également en avant l'identité anglo-américaine des Etats-Unis.

TF1 News : Se rapproche-t-il du concept  d'Amérique blanche ?
F.D. : Non. C'est d'ailleurs là toute la subtilité de la mouvance. Sur ce point, le Tea Party n'oppose pas basiquement Amérique blanche et Amérique noire. Il défend l'"Américanéité", peu importe la couleur de peau.

TF1 News : C'est-à-dire ?
F.D. : Pour comprendre, prenons les exemples d'Herman Cain et Barack Obama, tous les deux noirs. Herman Cain (ndlr : cet ancien entrepreneur, bien placé dans les sondages en novembre,  a été contraint de se retirer après des accusations de harcèlement sexuel) était l'un des candidats préférés du Tea Party. Il se définit lui-même comme un "Black American" et non comme un "African American". De son côté, Barack Obama est vivement critiqué par le Tea Party non pas en raison de sa couleur de peau, mais parce qu'il incarne l'Etat fédéral. Et aussi, même si ce n'est pas avoué clairement,  car, fils d'Africain, il ne possède pas l'"Américanéité'" revendiquée par le Tea Party.

exergue "Aucun intérêt à devenir un parti classique"


TF1 News : Quel poids le Tea Party a-t-il dans la société américaine aujourd'hui ?
F.D. : Au-delà de son nombre de militants et des manifestants qu'il rassemble lors de ses actions -quelques milliers-, les sondages montrent que 20% de la population américaine soutient ses idées. 

TF1 News : Pourquoi ne se transforme-t-il pas alors en parti politique proprement dit ?
F.D. : Tout d'abord, il n'a pas de vrais dirigeants ni de vrais leaders. Il ne possède ainsi pas de président  comme on l'entend dans une structure classique.  Il se repose sur des "stars du jour" comme Herman Cain, Sarah Palin, Michele Bachmann ou Rick Perry ou des parlementaires qui se revendiquent de la mouvance. 

S'il devenait un "vrai" parti, il ne serait qu'un "petit" parti, à l'ombre du parti républicain. Il devrait alors présenter des candidats indépendants qui n'auraient aucune chance en raison du fonctionnement du système politique américain favorisant les républicains et les démocrates. Mieux vaut donc pour lui rester une mouvance idéologique qui progresse petit à petit et dont les idées se diffusent à l'intérieur du parti républicain pour être reprises par ses candidats.

exergue "Impossible de se passer du Tea Party pour l'investiture républicaine" 

TF1 News : Quel est son impact direct aujourd'hui sur la campagne des primaires ?
F.D. : Aucun candidat républicain ne peut se démarquer et donc espérer l'emporter s'il se passe des voix de l'électorat du Tea Party. Tout d'abord, comme nous l'avons dit, car il représente 20% de la population américaine. A droite, ce poids est évidemment encore plus élevé. Ensuite, les gens qui vont aux primaires sont généralement très politisés -il faut parfois prendre une journée de congés. Ce sont donc les activistes, et parmi eux les sympathisants du Tea Party, qui se déplaceront en priorité. Résultat : les candidats n'ont pas le choix. Ils doivent "droitiser" leur discours pendant les primaires, quitte à se recentrer ensuite pour le vainqueur lors de la future confrontation avec Barack Obama.

TF1 News : Pourtant, les deux favoris, Mitt Romney, jugé trop modéré, et Newt Gingrich, le républicain le plus institutionnel et le plus lié à Washington et donc à l'Etat fédéral, sont loin d'être les préférés du Tea Party.
F.D. : De manière générale,  une élection se joue sur une dynamique et donc, dans le cas présent, sur la capacité à articuler son discours par rapport à la mouvance du Tea Party. Le vainqueur des primaires n'en sera pas forcément issu. Mais il devra la prendre en compte pour gagner.

La question

Qui sera le candidat républicain ?

Bachman
Gingrich
Huntsman
Paul
Perry
Romney
Santorum

 
 

Mitt Romney et Newt Gingrich ont effectué un travail important, ont récolté le maximum d'argent, ce qui leur permet de se distinguer. Ensuite, pendant la "campagne invisible" de ces derniers mois, ils ont fait beaucoup moins d'erreurs que leurs adversaires, notamment en politique étrangère.

Même si celle-ci n'est pas la préoccupation majeure, Rick Perry ou Michele Bachmann ont été discrédités de manière générale par leurs bourdes (voir notre article : "Primaires républicaines : les plus belles bourdes des candidats"). Même si leur indice de sympathie est important, ils ont été perçus comme peu fiables.  

Par Fabrice Aubert le 31 décembre 2011 à 16:56
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3 Commentaires

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  • duh24, le 02/01/2012 à 21h29

    Mais dieu n'a pas sa place dans la république et dans la laicité.Donc, qu'il reprenne sa place habituelle, c'est-à-dire dans l'église et non dans les idées lumières !

  • lucidite, le 02/01/2012 à 20h37

    Si vous dites que M Durpaire n'a pas bien compris le mouvement, je soumets que vous vous laissez berner un peu par leurs propres paroles. Leur appui sur la Constitution et souvent un prétexte. Ce qu'ils veulent, c'est surtout moins d'impôts et accessoirement moins « d'interférence » du gouvernement fédéral dans leurs affaires de tous les jours, qu'il s'agisse de famille, d'éducation, de religion, de travail. Si leur éthique archi-conservateur et leur rhétorique de retour aux valeurs de nos grands-parents (et non celles des Pères Fondateurs ; c'est un prétexte) repoussent plus d'un dans ce pays, il est facile de comprendre pourquoi leur position de « moins d'Etat dans nos affaires » trouve une forte vague de sympathie.

  • palmier39, le 02/01/2012 à 08h10

    François Durpaire n'a pas très bien compris le mouvement du Tea Party. Pour bien saisir leurs idées il faut comprendre que pour lutter contre Obama ils s'appuient sur une interprétation quasi intégriste de la constitution américaine et qu'ils vouent un veritable culte aux "Pères Fondateurs" du pays. Ils lisent la constitution comme la bible. C'est en s'appuyant sur la constitution qu'ils réclament un gouvernement aux pouvoirs limités, strictement encadré par un congres décidé a contraindre le gouvernement a se limiter a la défense, police, justice et finances sans intervenir dans la vie quotidienne des citoyens. Il est également très important de noter qu'un grand nombre des membre du Tea Party sont aussi des Évangélistes ce qui entretien une grande ambiguïté et constitue un vrai repoussoir pour les républicains laïcs.

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