Crise de la dette : les Etats-Unis face au scénario du pire

le 10 novembre 2011 à 07h39 , mis à jour le 10 novembre 2011 à 13h05

La crise de la dette pourrait-elle emporter l'Italie, se propager aux Etats-Unis et devenir mondiale ? C'est un des scénarios de l'agence Moody's. Au sein du parti républicain, les candidats refusent par avance toute aide à l'Europe, notamment à l'Italie, qui a "dépassé le point de non-retour".

La crise européenne de la dette, qui capte l'attention des marchés financiers, détourne quelque peu les regards des lourds problèmes budgétaires américains. L'administration Obama et les républicains se sont pourtant affrontés l'été dernier sur le relèvement du plafond de la dette américaine, alors que la menace d'un défaut de paiement pesait sur les Etats-Unis. Un épisode suffisamment symptomatique pour que l'ancien président Bill Clinton revienne longuement dessus dans son dernier livre, titré en forme d'appel à se retrousser les manches : Back to work. Tout aussi révélatrice est la mésaventure du comté de Jefferson, dans l'Alabama : il s'est déclaré mercredi en cessation de paiement. Certes, il ne s'agit pas du budget de l'une des premières puissances économiques de la planète, mais simplement de celui d'une collectivité locale américaine. Et pourtant, le comté de Jefferson, avec seulement 650.000 habitants, avait réussi à accumuler une dette de plus de 3 milliards de dollars. Explication de ce trou faramineux : le comté avait opté avant la crise financière de 2008 pour un montage financier complexe afin de payer la rénovation de son système de traitement des eaux usées, avec dérivés et taux d'intérêt variable, qui s'était révélé désastreux avec l'éclatement de la crise des prêts immobiliers à risque (les fameux "subprime"). Un cas extrême, mais pas isolé aux Etats-Unis...

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C'est donc cette puissance financière fragilisée, encore traumatisée par le quasi-naufrage de son système bancaire en 2008, qui tourne désormais des yeux inquiets vers l'Europe en pleine tourmente. Serait-elle exposée à une contagion ? Et faudrait-il soutenir l'Europe pour l'éviter ? La question est suffisamment sérieuse pour avoir fait débat mercredi parmi les principaux candidats républicains à la Maison Blanche. La promesse de démissionner faite par Silvio Berlusconi n'a pas suffi à rassurer les marchés obligataires : les marchés boursiers américains ont cédé plus de 3% en raison des craintes liées à une contagion des difficultés grecques et italiennes au reste du système financier mondial. Lors d'un débat dans l'Etat du Michigan, Mitt Romney et Herman Cain, qui mènent la course dans les sondages, ont jugé que l'Europe devait trouver elle-même une solution.

"L'Italie a dépassé le point de non-retour"

"L'Europe est capable de régler ses problèmes toute seule. Nous ne voulons pas nous mêler de cela et essayer de renflouer leurs banques et leurs Etats", a déclaré Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts. "Les Etats-Unis ne peuvent pas directement faire grand chose pour l'Italie en ce moment, car elle a largement dépassé le point de non-retour", a pour sa part affirmé Herman Cain, ex-président de la réserve fédérale de Kansas City.

Cette image d'une Italie qui aurait "dépassé le point de non-retour" peut avoir de quoi faire frémir les Européens, mais l'idée d'un repli américain pour s'en protéger et regarder le naufrage de loin est pourtant irréaliste. C'est précisément ce que démontre un scénario mis au point par Moody's. L'économie américaine pourrait subir un nouveau choc financier si la crise de la dette de la zone euro touche des pays européens de premier plan tels que l'Italie, a estimé mercredi l'agence de notation. "Toute contagion de ce qui se passe en Europe passerait en premier lieu par le système bancaire", a décrypté Steven Hess, analyste chargé des Etats-Unis. Il a ajouté que cette contagion prendrait la même forme que ce qui s'était passé lors de l'effondrement de la banque Lehman Brothers en 2008, à savoir un gel du marché interbancaire qui aurait des conséquences sur les prêts aux entreprises et aux particuliers, sans avoir besoin pour cela de passer par l'exposition directe des banques à des obligations souveraines européennes.

A ce jour, Moody's a précisé qu'elle ne retenait pas ce scénario et qu'elle s'en tenait à sa prévision de croissance de 1,5% à 2,5% pour la première puissance économique mondiale en 2012. Et pour l'heure, le marché interbancaire ne s'est tendu que de manière marginale. L'agence a souligné que le système bancaire américain était aujourd'hui bien plus solide, après la crise de 2008, qu'avant. Le scénario du pire n'est donc pas le plus probable, mais ce n'est plus de la science-fiction.

le 10 novembre 2011 à 07:39
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12 Commentaires

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  • lucien31, le 13/11/2011 à 01h55

    Je ne me suis jamais inquiéteé une seule seconce pour les USA, on ne sait pas tout , mais une chose est sure c'est qu'ils ont toujours fait face à tous les problèmes et on garder un patriotisme qui a malheuieusement disparu en France. Voir l'histoire.

  • vaurien60, le 10/11/2011 à 15h47

    Ah l'Europe...cette grande naïve !!!

  • aciery, le 10/11/2011 à 14h32

    Et Sarko est le Roi des promesses non tenues et de la désillusion !

  • aspegic_1000, le 10/11/2011 à 13h34

    Il faudrait peut être revoir le programme des grandes écoles qui forment notre élite politique (et celles des autres européens) . Comment penser qu'on va pouvoir s'endetter à coup de centaine de milliards sans jamais avoir de retombées... a moins de penser comme avec une corne d'abondance, l'argent apparait brusquement de nulle part. Est au programme de l'ENA ?

  • spounge_bob, le 10/11/2011 à 11h10

    Une crise qui pourrait devenir mondiale... je croyais qu'elle était déjà mondiale... j'ai dû rêver...

  • rastor13, le 10/11/2011 à 10h44

    à vous lire (vite marine ou vite françois) je pense que vous êtes tous des doux rêveurs et que vous allez tomber de haut après les élections . De toute façon les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Bon vent à tous

  • makiawell, le 10/11/2011 à 10h27

    L'euro n'aurait pas été une mauvaise chose si,et seulement si, le système financier n'avait pas mis la main dessus.D'une mesure d'unification pacifique et fraternelle,il en a fait une pompe à fric.Et on ne l'a pas vu faire.

  • polo50, le 10/11/2011 à 08h46

    C'est beau de rêver ! et non elle n'est pas magicienne !

  • didierbretagne, le 10/11/2011 à 08h29

    Et pendant ce temps on regarde les spéculateurs détruire l'économie mondiale sans pouvoir réagir. Surprenant non ? A l'heure où l'on trouve un criminel grace à son ADN les états ne sont pas foutus de trouver à arrêter ces spéculteurs qui laissent des traces beaucoup plus nettes de leurs forfaits (le mot n'est pas trop faible devant la population qui devra payer ces actes). Les agences de notations deviennent des criminels de la finance et envoient des missiles mais pour le compte de qui ? Cela aussi les informaticiens aidés des économistes ne doivent pas avoir de diffculté ou les trouver et à les arrêter.

  • lamamouche54, le 10/11/2011 à 08h25

    Ces réponses sans argumentaire et balancées comme çà, marine le pen marine le pen, et alors????? c dieu marine le pen???? elle est capable de sauver l'italie, la grèce, les usa, l'espagne le portugal et j'en passe????? marine le pen est une femme en campagne c tout... elle fera des promesses qu'elle ne pourra pas tenir comme tous..... et ainsi va le monde, et c'est pas marine le pen qui rassurerait les marchés financiers si par malheur elle devait arriver un jour au pouvoir en france....... vous croyez quoi??? qu'il suffit de changer de dirigeants pour que tout aille bien, c la finance qui fait la pluie et le beau temps , vous l'avez compris quand même?????? et non l'euro n'est pas mort ....mal au point mais tout sera fait pour le sauver, après vous dire si c'est une bonne chose, et quelle est la meilleure chose à faire, je n'en sais rien, mais en tout cas ce que je sais c'est que marine le pen n'est certainement pas la solution ...

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