Vieilli, fatigué, mais toujours bien présent au côté des républicains, dont il est un soutien de longue date : Clint Eastwood a fait jeudi soir une brève apparition à la convention républicaine de Tampa, après plusieurs jours d'un faux mystère soigneusement entretenu. Et pour donner le retentissement nécessaire à l'apparition de la légende, le vétéran hollywoodien de 82 ans a eu droit à une intervention à l'heure de grande écoute à la télévision, juste avant le sénateur de Floride de Marco Rubio, chargé d'introduire le discours très attendu du candidat républicain à la Maison Blanche Mitt Romney.
Dans un court discours, l'acteur et réalisateur a dénoncé comme une "honte nationale les 23 millions de chômeurs" aux Etats-Unis, et estimé qu'il était "temps que quelqu'un d'autre arrive et règle le problème". "Quand quelqu'un ne fait pas le boulot, il faut qu'il s'en aille", a-t-il insisté, faisant mine par instants de s'adresser directement au président Barack Obama, représenté par une chaise vide installée à ses côtés.
Hollywood a boudé la convention de Tampa
L'acteur-réalisateur aux quatre Oscars était arrivé dans l'après-midi au Tampa Bay Forum, où se tient la convention, pour repérer les lieux. Celui qui incarna aussi le célèbre "Inspecteur Harry" est un républicain dans l'âme, qui a apporté son soutien à Mitt Romney début août, après avoir soutenu John McCain en 2008. Son dernier film comme acteur et réalisateur, "Trouble with the curve", sort sur les écrans nord-américains le 21 septembre.
L'identité de l'invité mystère de la convention avait fait l'objet de nombreuses spéculations depuis plusieurs jours. Avant que le nom de Clint Eastwood ne s'impose dans les couloirs, d'autres noms avaient circulé, du milliardaire Donald Trump à l'égérie du Tea Party Sarah Palin, en passant par l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell. Toutefois, au-delà de la présence largement remarquée et mise en scène du grand Clint, Hollywood, traditionnellement plutôt favorable au camp démocrate, a brillé par son absence à Tampa. Notons simplement la venue de l'acteur Jon Voigt, 73 ans, passé côté républicain après une jeunesse des plus subversives et des films comme "Macadam Cowboy" (1969) et "Délivrance" (1972).










