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DOSSIER : Élections USA 2012

Les trois défis de Romney pour sa "vision" de l'Amérique

Fabrice Aubert par
le 30 août 2012 à 05h45 , mis à jour le 30 août 2012 à 11h21.
Temps de lecture
3min
Mitt Romney, à la convention républicaine lors du discours de sa femme, 29/8/12

Mitt Romney, à la convention républicaine lors du discours de sa femme, 29/8/12 / Crédits : AFP/Chip Somodevilla

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AmériquesPour la clôture de la convention de son parti, le candidat républicain dévoile ce soir son programme. Avec l'objectif de séduire à la fois la base de son électorat, très marqué à droite, et les indécis, indispensables pour gagner face à Barack Obama le 6 novembre. Le tout en s'humanisant.

Comme le veut la tradition, c'est Mitt Romney, officiellement désigné mardi candidat du parti à l'élection américaine du 6 novembre, qui clôture ce soir la convention républicaine.

Objectif de ce discours, très attendu et diffusé en direct sur les télévisions américaines : présenter son programme, et plus globalement sa "vision" de  l'Amérique, vision qui se veut "plus positive" que celle actuellement développée par Barack Obama. Pour atteindre son objectif, l'ancien gouverneur du Massachusetts se retrouve face à trois défis.
 
 
Défi n°1 : séduire la base républicaine
C'est évidemment le b.a-ba de toute élection. Pourtant, Mitt Romney, en raison de prises de position antérieures, est loin d'être le candidat du cœur pour une frange de l'électorat du parti républicain, notamment celle proche de la mouvance du Tea Party. Beaucoup lui reprochent, pêle-mêle, d'avoir mis en place dans le Massachusetts un système d'assurance-maladie proche de celui créé au niveau fédéral par Barack Obama ou encore de ne pas s'être totalement opposé au mariage gay et à l'avortement. Il a même gagné le sobriquet de "Rino" pour "Republican in name only", que l'on pourrait traduire par "Républicain seulement de nom".
 
Pour que les sceptiques votent pour lui, Mitt Romney doit  se présenter comme un "vrai" républicain, notamment en ce qui concerne les valeurs morales. Dans cette optique, il devrait reprendre en grande partie à son compte le programme de gouvernement du "Grand Old Party". Cette plate-forme, adoptée mardi lors de l'ouverture de la convention, se veut résolument conservatrice, avec par exemple l'interdiction de l'avortement et des mariages gays, l'annulation de la réforme de santé et une tolérance zéro contre l'immigration illégale.
 
 
Défi n°2 : ne pas effrayer les modérés
Ce deuxième défi est en totale opposition avec le premier. En droitisant son discours pour plaire à sa base, Mitt Romney prend le risque de s'aliéner les "modérés", qui sont à la politique américaine ce que sont les centristes à la politique française. Or ce sont souvent eux qui s'avèrent décisifs lors du scrutin.
 
Pour ne pas les effrayer, le prétendant à la Maison-Blanche pourrait mettre l'accent sur ce qui est pour l'instant le principal sujet de préoccupation des électeurs : l'économie et les moyens de lutter contre la montée du chômage. Son histoire personnelle d'entrepreneur ayant réussi devrait par exemple une nouvelle fois être déclinée sur le mode "je vais agir et  réussir pour l'Amérique comme j'ai agi et réussi pour moi et mes sociétés" -la polémique sur ses investissements dans des paradis fiscaux sera bien entendu mise de côté.
 
Défi n°3 : paraître proche du peuple
La politique n'étant pas simplement affaire d'idées et de programme mais aussi -et surtout- de personnalité, Mitt Romney est handicapé face à Barack Obama. Bien loin de l'attitude "cool" du président sortant, le candidat du parti de l'éléphant est perçu, à tort ou à raison, comme une personne lisse et pas spécialement sympathique. Pire : sa fortune personnelle, estimée à 230 millions de dollars, et quelques déclarations malheureuses l'ont catalogué comme étant "déconnecté de l'Américain moyen touché par la crise".
 
L'opération reconquête, primordiale, a été lancée mardi par Ann Romney elle-même. L'épouse modèle a en effet livré mardi soir un discours très apprécié, dans lequel elle a tenté d'humaniser son mari. Ce dernier est néanmoins le mieux placé pour le faire.

Commenter cet article

  • alain-paris : Ca ressemble à notre élection. Notre ex président avait choisi la même stratégie (a droite toute). on peut pas dire que ça lui aie réussi

    Le 30/08/2012 à 16h13
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