En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Film anti-islam : la liberté sur internet en question


le 15 septembre 2012 à 08h27 , mis à jour le 19 septembre 2012 à 11h31.
Temps de lecture
3min
Une image du film Innocence of Muslims

Une image du film Innocence of Muslims / Crédits : DR

A lire aussi
AmériquesGoogle n'est pas revenu sur sa décision de laisser le film islamophobe à l'origine de la flambée de violences anti-américaines dans le monde musulman à disposition sur internet, malgré un appel de la Maison Blanche. Quant aux auteurs, ils bénéficient de la protection du 1er amendement.

Alors que les manifestations anti-américaines se multiplient dans tout le monde musulman, les autorités américaines semblent hésiter sur la conduite à tenir face au film "L'innocence des musulmans" et à ses auteurs. Cette production à petit budget, qui a mis le feu aux poudres en dénigrant l'islam et le prophète Mahomet, a été tournée aux Etats-Unis et financée par un producteur lié à l'Eglise copte. Celui-ci, identifié comme étant un certain Nakoula Basseley Nakoula, 55 ans, vit en Californie. Son film a également été mis en avant par le pasteur extrémiste Terry Jones. Les autorités américaines se sont efforcées de limiter son impact ; la vidéo ayant été mise en ligne sur YouTube, propriété de Google, les autorités américaines ont donc contacté ce dernier pour que ce film ne soit plus accessible. Mais si Google en a effectivement interdit l'accès en Inde et en Indonésie pour se conformer aux législations locales, après l'avoir censuré mercredi en Egypte et en Libye, ailleurs dans le monde, la vidéo reste visible sur internet. "Cette approche est parfaitement conforme aux principes que nous avons adoptés en 2007", a déclaré la direction.

Mais déjà, la limitation de la diffusion de ce film a suscité les craintes d'une association de défense des droits sur internet. En évoquant ce début de censure, la coordinatrice pour la liberté d'expression de l'association Frontières électroniques (Electronic Frontier Foundation), Eva Galperin, a estimé : "S'ils le font une fois, ils le feront encore à d'autres occasions. Il y a de bonne chance pour que vous entendiez Google dire que, juste pour cette fois, des circonstances exceptionnelles les ont fait renoncer à la liberté d'expression. Mais c'est justement le début d'une pente descendante". Elle a jugé "navrante" la mesure prise par YouTube qui, selon elle, laisse toujours les coupables en liberté, en faisant porter faussement la responsabilité sur YouTube.

"Il est complètement protégé par le 1er amendement"

Pendant que la Maison Blanche s'efforce de limiter la diffusion du film et que les défenseurs de la liberté d'internet montent au créneau, les auteurs de "L'innocence des musulmans", pour leur part, n'ont aucune poursuite judiciaire à redouter. Car les autorités américaines ne peuvent légalement rien entreprendre contre eux. "Je sais que pour certains ce sera dur de comprendre pourquoi les Etats-Unis ne peuvent pas interdire ce type de vidéo répréhensible", a reconnu la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. "Mais je veux souligner qu'avec les technologies modernes c'est impossible. Et même si ça l'était, notre pays a une longue tradition de liberté d'expression qui est gravée dans notre Constitution et dans nos lois. On ne peut pas empêcher des citoyens d'exprimer leurs points de vue, quand bien même cela ne nous plaît pas".

Eugene Volokh, professeur à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), souligne ainsi que le 1er amendement de la Constitution américaine protège la liberté d'expression pour tous les citoyens. "C'est valable pour Salman Rushdie, c'est valable pour les producteurs de la série South Park, et c'est valable pour ces gens", rappelle-t-il. "Même défendre la violence est quelque chose qui est protégé. Et en l'occurrence il n'est même pas question de violence, c'est juste une parodie et une critique de la religion".

"Il est complètement protégé par le 1er amendement", a abondé l'avocat Andy Contiguglia. "Je ne pense pas qu'il puisse être poursuivi par le gouvernement américain", a estimé ce spécialiste du 1er Amendement, "à moins qu'une loi fédérale que je ne connaisse pas permette de le poursuivre pour obscénités" ou incitation à l'émeute.

Commenter cet article

  • arthurseat : Ce gros navet n'aurait intéressé personne si les intégristes ne l'avaient pas monté en épingle.

    Le 20/09/2012 à 03h00
  • axioma3 : Notons aussi que pour obtenir le respect d'autrui, il faut en premier lieu le respecter soi-même. Or, j'ai le sentiment que pour certains tout fonctionne à sens unique. Il n'est qu'à observer ce qui se passe dans le monde. Ce seraient toujours les mêmes les victimes !?

    Le 16/09/2012 à 07h53
  • luce_ : Bien parlé, Hillary ! La critique des religions doit rester une liberté fondamentale, la base de toute démocratie. On doit avoir le droit de dire ce qu'on veut. Après on en DISCUTE, comme des humains un tant soit peu évolués. Ceux qui n'admettent pas qu'on pense et qu'on parle différemment d'eux sont juste de la graine de totalitaires. On a le droit de penser que le film est nul, mais il a le doit d'exister.

    Le 15/09/2012 à 10h52
  • jiss : C'est pas nouveau : depuis la nuit des temps nous fesons la guerre pour imposer sa religion !!!!!!! Malgré nos connaissances nous croyons toujours au père Noel !!!!!

    Le 15/09/2012 à 09h57
      Nous suivre :
      Extrait SEPT à HUIT : Christian Clavier pleutre, lâche et égoïste ?

      Extrait SEPT à HUIT : Christian Clavier pleutre, lâche et égoïste ?

      logAudience