Françaises tuées en Argentine : la femme incrimine ses co-détenus

Par Carole Guirado-Cailleau, le 09 août 2011 à 15h54 , mis à jour le 10 août 2011 à 09h09

Dossier : Françaises tuées en Argentine

Le témoignage de la seule femme arrêtée incrimine précisément son petit ami et les cinq autres hommes interpellés la semaine dernière. Ces derniers nient en revanche toute implication.

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L'étau semble se resserrer sur au moins quatre des suspects arrêtés la semaine dernière. Maria Fernanda Cañizares, la jeune femme interpellée samedi, a incriminé ses co-détenus, dont son petit ami, au cours de son audition lundi à Salta. Les interrogatoires, qui devaient se poursuivre mardi, devraient permettre d'éclairer les circonstances des meurtres des deux étudiantes sur le sentier de randonnée touristique de San Lorenzo, à 1.600 km au nord de Buenos Aires.
 
Les objets des victimes "offerts" dès le 18 juillet
 
Selon le quotidien local El Tribuno de Salta, le témoignage de Maria Fernanda Cañizares permettrait de retracer le parcours suivit par l'arme supposée du crime, une carabine semi-automatique de calibre 22, et de dater le meurtre des jeunes Françaises au 15 juillet. Houria Moumni et Cassandre Bouvier avaient été vues pour la dernière fois ce jour-là, alors qu'elles s'étaient lancées à la découverte de cette réserve naturelle sur les contreforts des Andes.
 
La suspecte, âgée de 24 ans et fille d'un ancien policier, était en possession d'un appareil photo et d'un téléphone appartenant aux victimes au moment de son arrestation. Lors de son audition, elle a soutenu que son fiancée Gustavo Laxi, un guide travaillant sur le site de San Lorenzo, lui avait offert ces objets. Selon le quotidien local argentin, le jeune homme lui aurait remis le 18 juillet le téléphone portable de Cassandre Bouvier prétendant l'avoir acheté d'occasion à un collègue. Deux jours plus tard, il lui aurait donné l'appareil photo prétextant cette fois  l'avoir trouvé dans un magasin de San Lorenzo. La jeune femme aurait affirmé que la carte mémoire de l'appareil étant vide, elle n'avait pas eu de soupçons sur sa provenance.
 
Une arme passée de mains en mains
 
Toujours selon El Tribuno de Salta, Maria Fernanda Cañizares aurait également éclairé les policiers sur le parcours de l'arme qui aurait servi à tuer les deux Françaises. La carabine 22 long rifle serait ainsi passée de mains en mains. La suspecte aurait affirmé savoir que son petit ami détenait une arme, supposément reçue de son grand-père, dont il souhaitait se débarrasser. Gustavo Laxi l'aurait alors confiée à son père, Walter Orlando, pour qu'il la démonte. Ce dernier, également interpellé samedi, l'aurait ensuite confiée à Omar Dario Ramos, un autre guide du site de San Lorenzo. Enfin Ramos, 47 ans, l'aurait cachée au domicile de son patron en son absence. 

Le fiancé défaille, le frère se tait

Gustavo Laxi, qui apparaît de plus en plus comme l'un des principaux suspects, aurait lui assuré lundi au juge que ni son père, ni sa fiancée, ni lui-même n'étaient coupables. Avant de demander une suspension d'audience parce qu'il se sentait défaillir. Le frère de Maria Fernanda Cañizares, Federico, un aspirant policier de 23 ans, aurait lui refusé de parler au juge d'instruction sur recommandation de son avocat.

Le juge d'instruction demeurait lundi toujours dans l'attente des résultats des expertises médico-légales devant déterminer la date de l'assassinat, attendus d'ici une dizaine de jours. Mais d'ores et déjà, toujours selon le quotidien, les enquêteurs pencheraient pour une mort aux alentours du 15 juillet après l'analyse de la carte mémoire de l'appareil photo des jeunes étudiantes. Leur dernier cliché aurait été pris à cette date-là en fin d'après-midi, soit plus de deux heures après s'être engagées sur le sentier de randonnée. Des analyses balistiques doivent également être réalisées pour confirmer que l'arme saisie est bien celle du crime, tandis que la Faculté de biochimie de Buenos Aires doit analyser des traces d'ADN prélevées sur les corps des victimes.

 

Trois suspects auraient servi de guide pour la police

Trois des sept suspects ont servi de guides à la police et à des journalistes avant d'être arrêtés, a rapporté mardi le quotidien national Clarin. Selon le journal, il s'agit de Santos Clemente Vera, d'Omar Dario Ramos et de Walter Orlando Lasi. Les deux premiers ont déjà avoué avoir frappé et agressé sexuellement les victimes, mais ils accusent un autre suspect, Daniel Octavio Vilte Lasi, d'avoir tiré les coups de feu mortels. "Ils ont également fait semblant de collaborer aux recherches des enquêteurs dans la zone, sont soupçonnés d'avoir tenté de déplacer ou d'enterrer des preuves et ont même servi de guide à plusieurs médias, dont Clarin, sur place", a encore rapporté le quotidien.

Par Carole Guirado-Cailleau le 09 août 2011 à 15:54
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1 Commentaires

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  • isshoni, le 10/08/2011 à 10h02

    Vivement que la vérité éclate, c'est insupportable. Et bravo à la police Argentine.

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