Gesticulation sécuritaire dans les aéroports américains

Par TF1 News (D'après agence), le 05 janvier 2010 à 07h43 , mis à jour le 05 janvier 2010 à 07h47

Dossier : Alerte terroriste

Les règles de sécurité imposées par les Etats-Unis à certains voyageurs à la suite de l'attentat manqué du 25 décembre risquent d'être inefficaces et menacent les libertés, avertissent experts en questions de sécurité et associations.

[Expiré] aéroport avion passager sécurité comptoir d'enregistrement attente © SXC.HU

L'attentat manqué du 25 décembre à bord d'un vol Amsterdam-Detroit a provoqué un durcissement prévisible des mesures de sécurité dans les aéroports américains. Dans une directive applicable depuis lundi, l'Administration de la sécurité dans les transports (TSA) ordonne un contrôle renforcé de tous les passagers originaires ou en provenance de 14 pays, dont le Nigeria et le Yémen. Pour les ressortissants d'autres pays, la directive prévoit un recours accru à des technologies avancées de contrôle des passagers et impose de fouiller "au hasard" les personnes à destination des Etats-Unis de tous les vols internationaux.

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Mais ces nouvelles règles sont déjà dénoncées. Pour l'American Civil Liberties Union (ACLU), association de défense des libertés civiles, elles relèvent tout simplement du contrôle au faciès : prétendre déterminer la menace potentielle d'un individu sur sa seule origine nationale, pointe l'association, est irréaliste. "Nous ne devrions pas renoncer à nos droits en échange d'un faux sentiment de sécurité", dénonce Michael German, chargé des politiques de sécurité au sein de l'ACLU. Selon lui, viser spécifiquement des passagers en provenance d'une liste réduite de pays "est avant tout un prétexte pour du profilage racial, qui est inefficace, anticonstitutionnel et viole les valeurs de l'Amérique".

"Un système grossier (...) trop facile à mettre en échec"

Des critiques qui rejoignent celles d'experts, dubitatifs sur les effets réels de ce durcissement. C'est le cas d'Edward Alden, spécialiste de la sécurité auprès du Council on Foreign Relations. "Je pense qu'il s'agit d'une réponse malvenue qui fera plus de mal que de bien aux Etats-Unis", estime ce spécialiste, auteur d'un ouvrage sur la politique de contrôle aux frontières mise en place par les Etats-Unis à la suite des attentats du 11 septembre 2001. L'administration de l'ancien président américain George W. Bush a appris de cette expérience qu'il "faut traiter les gens au niveau individuel, car des personnes mal intentionnées peuvent provenir de pays que nous considérons comme amis", souligne-t-il. Une approche nuancée a alors permis la mise en place de "toute une série de choses (...) dont les listes de surveillance, le partage d'informations au sein du gouvernement et avec nos alliés".

Au contraire, "un système grossier de contrôle fondé sur la nationalité (...) sera trop facile à mettre en échec par Al-Qaïda, qui recrutera ailleurs. L'exemple classique en est Richard Reid", qui avait tenté de perpétrer un attentat à bord d'un avion en 2001 en dissimulant des explosifs dans ses chaussures, rappelle Edward Alden. "Il détenait un passeport britannique, et donc il ne faisait pas partie des individus susceptibles d'être identifiés par le nouveau système mis en place par la TSA". Comme Abdulmutallab, Reid avait été maîtrisé à temps par d'autres passagers et par les membres d'équipage.

C'est donc la critique sans doute la plus grave : un tel système sera toujours en retard par rapport aux innovations d'éventuels terroristes. "Si nous avions mis en place (le nouveau système de contrôle) en fonction de ce que nous savions le 25 décembre, Abdulmutallab n'aurait jamais été choisi et ciblé, c'est pourquoi à mon avis cela ne fait que souligner le fait que ce genre des mesures n'est pas la réponse la plus adéquate", insiste Edward Alden. Pour cet expert, l'administration Obama devrait plutôt se concentrer sur un meilleur partage de renseignements entre ses différentes branches et une meilleure surveillance. C'est précisément pour cela que Barack Obama a convoqué ce mardi les chefs des services de renseignement américains.

Par TF1 News (D'après agence) le 05 janvier 2010 à 07:43
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1 Commentaires

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  • silonac, le 05/01/2010 à 09h50

    Les US vont vite s'apercevoir qu'ils se tire une balle dans le pied. Les hommes d'affaires préfèreront une visioconférence plutot que perdre des heures en transport, les touristes se détourneront de cette destination si intrusive dans leur vie privée (fouille corporelle, n° de carte bancaire, body scanner qui vous met à nu devant un inconnu...). Il est évident que économiquement cela va se ressentir pour eux. est ce que cela leur garanti plus de sécurité ? apparemment non.

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