© SXC.HUL'attentat manqué du 25 décembre à bord d'un vol Amsterdam-Detroit a provoqué un durcissement prévisible des mesures de sécurité dans les aéroports américains. Dans une directive applicable depuis lundi, l'Administration de la sécurité dans les transports (TSA) ordonne un contrôle renforcé de tous les passagers originaires ou en provenance de 14 pays, dont le Nigeria et le Yémen. Pour les ressortissants d'autres pays, la directive prévoit un recours accru à des technologies avancées de contrôle des passagers et impose de fouiller "au hasard" les personnes à destination des Etats-Unis de tous les vols internationaux.
Obama prêt à "recadrer" ses chefs du renseignement
Barack Obama réunit ce mardi les chefs des agences américaines du renseignement ; il exposera les premières esquisses de réformes pour éviter que ne se reproduise l'attentat raté contre le vol 253 Amsterdam-Detroit.
Publié le 05/01/2010
Vols vers les USA : des contrôles encore plus stricts pour 14 pays
Dix jours après l'attentat raté dans un avion, les Etats-Unis imposent aux pays considérés comme des soutiens au terrorisme des contrôles renforcés des passagers aériens à destination des USA.
Publié le 03/01/2010
Bientôt des scanners corporels à Heathrow
Dix jours après la tentative d'attentat sur un avion, Londres a annoncé dimanche qu'elle allait rapidement installer des scanners corporels à l'aéroport londonien d'Heathrow puis dans les autres.
Publié le 03/01/2010
Pagaille dans un aéroport de New York après une alerte
Un homme est entré dans la zone interdite par une porte de sortie, déclenchant une alerte générale dans le terminal C de Newark.
Publié le 04/01/2010
Al-Qaïda revendique l'attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit
Dans un communiqué publié lundi sur internet, la nébuleuse islamiste explique qu'elle voulait venger des attaques du groupe par les Etats-Unis au Yémen.
Publié le 28/12/2009
Attentat manqué : Jasper Schuringa, le nouveau héros des Etats-Unis
Jasper Schuringa, le passager qui a neutralisé le terroriste présumé à bord du vol 253, raconte sur CNN comment il a "essayé de sauver l'avion".
Publié le 27/12/2009
Le terroriste du vol 253 : présent aux Etats-Unis en 2008
Umar Farouk Abdulmutallab, le jeune Nigérian qui a essayé de faire exploser un vol à destination de Detroit, aurait assisté en 2008 à une Université du savoir islamique à Houston. Barack Obama exige un rapport sur les carences des informations qui ont circulé.
Publié le 31/12/2009
Attentat raté : la CIA savait... mais n'a pas su prévenir
L'agence américaine aurait ignoré l'avertissement du père d'Abdulmutallab, qui soulignait la radicalisation de son fils. Quelques semaines plus tard, le jeune homme devait tenter de faire sauter un avion de la Northwest Airlines.
Publié le 30/12/2009
Mais ces nouvelles règles sont déjà dénoncées. Pour l'American Civil Liberties Union (ACLU), association de défense des libertés civiles, elles relèvent tout simplement du contrôle au faciès : prétendre déterminer la menace potentielle d'un individu sur sa seule origine nationale, pointe l'association, est irréaliste. "Nous ne devrions pas renoncer à nos droits en échange d'un faux sentiment de sécurité", dénonce Michael German, chargé des politiques de sécurité au sein de l'ACLU. Selon lui, viser spécifiquement des passagers en provenance d'une liste réduite de pays "est avant tout un prétexte pour du profilage racial, qui est inefficace, anticonstitutionnel et viole les valeurs de l'Amérique".
"Un système grossier (...) trop facile à mettre en échec"
Des critiques qui rejoignent celles d'experts, dubitatifs sur les effets réels de ce durcissement. C'est le cas d'Edward Alden, spécialiste de la sécurité auprès du Council on Foreign Relations. "Je pense qu'il s'agit d'une réponse malvenue qui fera plus de mal que de bien aux Etats-Unis", estime ce spécialiste, auteur d'un ouvrage sur la politique de contrôle aux frontières mise en place par les Etats-Unis à la suite des attentats du 11 septembre 2001. L'administration de l'ancien président américain George W. Bush a appris de cette expérience qu'il "faut traiter les gens au niveau individuel, car des personnes mal intentionnées peuvent provenir de pays que nous considérons comme amis", souligne-t-il. Une approche nuancée a alors permis la mise en place de "toute une série de choses (...) dont les listes de surveillance, le partage d'informations au sein du gouvernement et avec nos alliés".
Au contraire, "un système grossier de contrôle fondé sur la nationalité (...) sera trop facile à mettre en échec par Al-Qaïda, qui recrutera ailleurs. L'exemple classique en est Richard Reid", qui avait tenté de perpétrer un attentat à bord d'un avion en 2001 en dissimulant des explosifs dans ses chaussures, rappelle Edward Alden. "Il détenait un passeport britannique, et donc il ne faisait pas partie des individus susceptibles d'être identifiés par le nouveau système mis en place par la TSA". Comme Abdulmutallab, Reid avait été maîtrisé à temps par d'autres passagers et par les membres d'équipage.
C'est donc la critique sans doute la plus grave : un tel système sera toujours en retard par rapport aux innovations d'éventuels terroristes. "Si nous avions mis en place (le nouveau système de contrôle) en fonction de ce que nous savions le 25 décembre, Abdulmutallab n'aurait jamais été choisi et ciblé, c'est pourquoi à mon avis cela ne fait que souligner le fait que ce genre des mesures n'est pas la réponse la plus adéquate", insiste Edward Alden. Pour cet expert, l'administration Obama devrait plutôt se concentrer sur un meilleur partage de renseignements entre ses différentes branches et une meilleure surveillance. C'est précisément pour cela que Barack Obama a convoqué ce mardi les chefs des services de renseignement américains.
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