© AFP / H. RetamalLes résultats passent mal auprès d'une bonne partie de la population haïtienne, et la communauté internationale, Etats-Unis en tête, fait part de ses soupçons : le Conseil électoral a annoncé que le deuxième tour de la présidentielle haïtienne opposerait l'ex-Première Dame Mirlande Manigat (31% des voix) à Jude Célestin (22%). Michel Martelly, arrivé troisième (21%), est le grand perdant du scrutin. Sa troisième place et la faible marge qui le sépare du candidat du pouvoir suscitent les doutes chez ses partisans alors que Michel Martelly, un chanteur populaire, avait accusé le parti au pouvoir, Inité, de fraude électorale.
Un chanteur populaire à la tête d'Haïti
Michel Martelly a remporté lundi les élections présidentielle en Haïti. Mais ces résultats sont préliminaires, c'est-à-dire que son opposante peut encore poser un recours devant les autorités électorales.
Publié le 05/04/2011
Dans une allocution à la radio mercredi, Michel Martelly a dénoncé des résultats "incorrects" et a assuré ses partisans qu'il serait à leurs côtés "jusqu'à la victoire totale". Mais il a rejeté la "violence". Malgré cet appel au calme, les manifestations semblent être les plus grosses dans le pays depuis la réélection du président René Préval en 2006. Et les tensions qui règnent en Haïti rappellent de mauvais souvenirs dans un pays qui a connu une instabilité politique dans son histoire récente. Trois jeunes manifestants ont été tués par balles au cours de violents affrontements qui ont éclaté dans la ville des Cayes, à environ 200 km de Port-au-Prince, a indiqué un ancien sénateur, Gabriel Fortuné. Des bureaux de la direction générale des douanes, des impôts, du ministère des Finances et du parquet, ainsi qu'une antenne du Conseil électoral provisoire ont été détruits. Dans le nord du pays, un jeune manifestant a été tué par balles à Cap-Haïtien au cours d'affrontements entre les partisans de Jude Célestin et ceux de Michel Martelly.
Habitants terrés chez eux et aéroports fermés
Le quartier général d'Inité a été incendié à Port-au-Prince ; des partisans du chanteur, parfois armés de bâtons, ont circulé mercredi dans toute la ville en brandissant son portrait. A la tombée de la nuit, la situation semblait plus calme dans les rues de la capitale, désertées par les habitants terrés chez eux. Une certaine tension restait toutefois palpable et des routes étaient encore encombrées des vestiges de barricades. Et tous les aéroports d'Haïti, dont l'aéroport international de Port-au-Prince, ont été fermés en raison des manifestations. Autant de violences qui marquent une nouvelle épreuve pour une population déjà éreintée cette année par le séisme dévastateur du 12 janvier et l'épidémie de choléra qui a fait plus de 2100 morts depuis mi-octobre.
Les Etats-Unis se sont dits "préoccupés" par les résultats "incohérents" de l'élection, au regard des chiffres partiels donnés lundi par des observateurs homologués par l'Union européenne qui avaient mis le candidat du pouvoir en troisième position, loin derrière Michel Martelly. La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s'est déclarée "profondément inquiète" en raison des "informations faisant état de multiples irrégularités" lors du scrutin. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit "préoccupé par les allégations de fraude". De son côté Paris a appelé au calme et demandé à ce que les recours soient traités "de manière rigoureuse et transparente" par le Conseil électoral.
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