La mort de ben Laden relance le débat sur la torture

le 03 mai 2011 à 13h52 , mis à jour le 03 mai 2011 à 13h56

Dossier : La mort de Ben Laden

D'anciens membres de l'administration Bush, tout en reconnaissant le succès de l'administration Obama, relèvent que les techniques d'interrogatoire "poussées" de prisonniers suspects de terrorisme ont pu aider à retrouver ben Laden. Des techniques très controversées comme le "waterboarding".

guantanamo prisonnierUn prisonnier à Guantanamo © TF1/LCI

Ben Laden avait disparu des écrans radars en 2001 dans les montagnes de Tora Bora, dans l'est de l'Afghanistan. De nombreux analystes le présumaient terré dans des caches reculées des zones tribales de l'ouest du Pakistan, frontalières de l'Afghanistan, où ses alliés règnent en maîtres. Ce sont des informations arrachées lors d'interrogatoires de suspects qui ont permis de remonter jusqu'à un de ses messagers, une des très rares personnes en contact direct avec le chef d'Al-Qaïda. Selon le New York Times, c'est en juillet que des agents pakistanais travaillant pour la CIA ont finalement repéré ce messager à Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan, qui a toujours servi de base arrière aux Afghans réfugiés dans ce pays. Et après des semaines de filature, il a fini par mener les espions américains à la luxueuse résidence d'Abbottabad où se terrait ben Laden.

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Un succès qui clôture une traque de longue haleine. Mais qui pourrait aussi relancer aux Etats-Unis le débat sur les méthodes d'interrogatoire des prisonniers dans les affaires de terrorisme. Après le traumatisme national du 11-Septembre, l'administration de George W. Bush, engagée dans ce qu'elle qualifiait elle-même de "guerre contre le terrorisme", avait autorisé la torture. Et notamment une méthode devenue depuis emblématique et particulièrement controversée : le "waterboarding", une forme de simulation de noyade. Or, l'information décisive qui a permis de remonter la piste de ben Laden a été fournie par Khalid Sheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, a reconnu un ancien responsable de la sécurité nationale. Et "KSM", comme l'appellent les responsables américains, a subi 183 fois cette pratique du "waterboarding" avant que cette méthode ne soit, avec d'autres également assimilées à des actes de torture, suspendues en 2004 sous la pression de l'opinion publique.

Briser la résistance

Aujourd'hui, des anciens de l'administration Bush veulent voir dans la mort de ben Laden le succès de ces techniques controversées. Ainsi Paul Wolfowitz, ancien secrétaire adjoint à la Défense, a-t-il estimé que le succès de l'opération "reposait largement sur certaines de ces politiques". Et d'argumenter auprès de l'American Enterprise Institute, un "think tank" où il est professeur invité : "Cela n'aurait pas été possible si nous relâchions les terroristes bon gré mal gré et ne les gardions pas pour obtenir des informations. Certaines d'entre elles ne paraissent souvent pas très importantes, comme le pseudonyme d'un chauffeur, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'il joue un rôle essentiel".

La fin justifie-t-elle donc les moyens ? D'anciens responsables américains ont pourtant retracé une séquence d'événements qui permet de s'interroger sur la part réellement jouée par ces méthodes brutales d'interrogatoire. Un ancien responsable de l'antiterrorisme a déclaré que la CIA avait cessé de pratiquer des techniques "poussées" sur "KSM" après 2003. Or les premières informations décisives sur le fameux "courrier" ne devaient être connues qu'en 2004, selon un ancien responsable de la sécurité nationale ayant connu personnellement le dossier. Ce dernier ajoute que "KSM" a continué à parler pendant trois ans après l'arrêt des pratiques controversées et il juge que c'est pendant cette période qu'il a donné des informations sur le messager de ben Laden.

Des témoignages qui sont peut-être moins en contradiction qu'il n'y paraît avec le plaidoyer de Paul Wolfowitz pour les méthodes "poussées" d'interrogatoire. Un autre responsable américain souligne ainsi que si la CIA avait abandonné le "waterboarding" en 2004, lorsque "KSM" a commencé à révéler des éléments vraiment cruciaux, elle pratiquait toujours d'autres techniques physiquement oppressantes. De son point de vue, partagé par deux autres anciens responsables du renseignement, le principal objectif de ces techniques était de briser la résistance des détenus, et elles n'étaient plus employées dès que ces derniers commençaient à parler.

le 03 mai 2011 à 13:52
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32 Commentaires

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  • chrismaz63, le 03/05/2011 à 22h09

    Et si la vie de milliers de personnes, voir des millions en dépendait? Que feriez vous ?? Un film récent à ce sujet à voir: Unthinkable

  • 64nelly64, le 03/05/2011 à 22h02

    à renaiss: où vivez-vous justement?quelle chance vous avez d'avoir une si bonne pensée... vous devez être surement chez les bisounours: tout le monde est beau et gentil :) :) :)

  • 64nelly64, le 03/05/2011 à 21h58

    Je n'aurais pas dit mieux!!!! je suis tout à fait d'accord avec vous... je ne comprend vraiment pas les gens qui s'offusquent!!!Ben laden ne s'ait posé toutes ces questions en tuant des milliers de personnes et certains de sa propre religion!!! certains vivent vraiment au pays des bisounours: tout le monde est be

  • espantoso, le 03/05/2011 à 21h02

    N'importe quoi

  • roudore, le 03/05/2011 à 21h01

    Vous croyez qu ils ont fait dans les sentiments ses monstres lorsqu ils ont detounés les avions le 11 septembre et tués tout ses gens? mais réveillez vous! les terroristes n ont pas de scrupules alors pourquoi en avoir avec eux!!!!!!!!!!!!!!!

  • blackwater, le 03/05/2011 à 19h57

    La fin justifie les moyens

  • baal_, le 03/05/2011 à 18h52

    C'est sûr que de demander gentiment, même en disant "s'il vous plait", ça ne suffit pas.

  • terry_dallas_tx, le 03/05/2011 à 16h52

    Thierry9999: justement non, cela n'a rien a voir avec ce dont vous parlez. Ce sont les gens comme vous qui justement jouent sur les mots pour faire de l'amalgame et assimiler des choses differentes, et faire en sorte que tous le monde parle de "torture" sans vraiment savoir a quoi cela fait reference.

  • krokro67, le 03/05/2011 à 16h27

    C'est bizarrement plus facile de torturer et de faire la guerre que, de faire une enquete correcte sur les evenements du 9/11.

  • sanjiv78, le 03/05/2011 à 16h23

    Il est clair que tout acte de torture est inadmissible !!!! je vois que pour certains il est justifié en fonction de la victime n'oublie-t-on pas que nous sommes en démocratie et conséquence le principe d'égalité et de justice doit être respecté ? il ne suffit pas de se dire être une démocratie pour en être une !!!! les actes doivent suivre !!! on ne peut pas être dans un régime démocratique et employer des méthodes de barbares! on ne peut pas s'abaisser au niveau de ces criminels !!! ces criminels doivent être jugés et cela très sévèrement mais si on emploie leurs méthodes qu'est-ce qui nous différencierait d'eux ?

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