Rapatrié au Canada sous haute sécurité, et aussitôt incarcéré, Luka Rocco Magnotta a plaidé non coupable mardi du meurtre et du dépeçage du corps d'un étudiant chinois au terme d'une brève comparution par visioconférence devant la justice à Montréal. Il est resté impassible pendant les dix minutes environ de l'audience qui s'est tenue en anglais. Il n'a pas esquissé un sourire ni même une quelconque mimique. Il est simplement resté debout dans un box ressemblant à un parloir, encadré de deux policiers. Un mutisme qui semble devenue son attitude récurrente depuis qu'il est arrivé sur le sol canadien : Luka Rocco Magnotta est également reste silencieux face aux questions des enquêteurs.
La principale concernait les restes de la victime du "dépeçage" filmé - des images diffusées sur internet, et qui avaient aidé à l'identification des deux protagonistes de cette scène d'épouvante. On sait que l'homme tué et démembré était un étudiant chinois du nom de Lin Jun. On sait aussi que les pieds et les mains de la victime avaient été expédiés par colis postal au siège du Parti conservateur canadien et à celui du Parti libéral, à Ottawa, ainsi qu'à deux écoles de Vancouver. Quant au tronc de la victime, il avait été retrouvé dans une valise dans une ruelle près de l'endroit où habitait Magnotta à Montréal. Mais qu'est devenue la tête ?
Jusqu'à présent, c'est la seule partie du corps de la victime qui n'a pu être retrouvée par les enquêteurs. Et le suspect numéro un de ce meurtre, Luka Rocco Magnotta, ne semble pas décidé à aider la police canadienne. Les enquêteurs ont interrogé l'accusé mardi, peu avant sa comparution. "On l'a rencontré mais cela ne nous a pas permis d'avoir la réponse à la question numéro un qui était : où se trouve la tête de la victime ?", a déclaré le porte-parole du Service de police de Montréal, précisant toutefois à propos de l'interrogatoire : "je peux dire que ça s'est bien passé".







