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DOSSIER : Crise financière

Les "indignés" se mobilisent à travers le monde


le 15 octobre 2011 à 10h13 , mis à jour le 15 octobre 2011 à 15h39.
Temps de lecture
4min
les indignés états-unis
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AmériquesUn peu partout sur la planète, des centaines de rassemblements sont prévus ce samedi pour dénoncer le poids de la banque et du monde de la finance.

Le mouvement des "indignés" fait tache d'huile ; ce samedi, il devient planétaire. Les "indignés" de Madrid avaient lancé le mouvement. Ceux de New York lui ont donné un écho plus large, avec leur cri de ralliement, "nous sommes les 99%", lancé en plein coeur du quartier des affaires de Wall Street, symbole même du poids de la banque et de la finance mondiale, ce "1%" accusé d'accaparer les richesses de la planète. Malgré les arrestations, ces manifestants, regroupés sous le mot d'ordre "Occupy Wall Street", campent dans un square de ce quartier depuis le 17 septembre. Et ils comptent bien y rester. Ils estiment même avoir remporté vendredi une victoire non négligeable, malgré une cinquantaine de nouvelles arrestations :  une confrontation a été évitée, et les manifestants ont été autorisés à rester dans le fameux square Zuccotti, avec la suspension des opérations de nettoyage qui y étaient prévues. Un nettoyage qui était vu par les protestataires comme une tentative déguisée  d'expulsion.

Cette victoire devrait largement encourager tous les collectifs, reliés entre eux par internet, qui appellent ce samedi à manifester à Londres, Berlin, Francfort, Athènes, Montréal, New York... Selon le réseau 15october.net, qui recense les appels à manifester, des rassemblements sont prévus dans au moins 951 villes à travers 82 pays. Les organisateurs insistent sur le caractère pacifiste du mouvement de protestation. Vendredi, cependant, un groupe d'étudiants a fait irruption dans le centre financier de Milan dans les locaux de la banque Goldman Sachs, sur laquelle se concentre une large part de la colère des indignés.

"Les gens veulent une démocratie véritable"

A Melbourne, en Australie, où a été donné le coup d'envoi de cette journée de mobilisation mondiale, un millier de personnes se sont réunies sur une place du centre-ville. "Les gens veulent une démocratie véritable, ils ne veulent pas que les grandes entreprises influencent leurs représentants politiques. Ils veulent que ces derniers soient comptables de leurs actes. Ils veulent être bien représentés", a dit Nick Carson, porte-parole de OccupyMelbourne.org.

Dans des villes comme Londres ou Athènes, théâtres de récentes émeutes, les forces de police sont sur les dents. D'autant que nul ne peut anticiper l'ampleur de la mobilisation qui s'appuie largement sur les réseaux sociaux. "Pour nous, le moment est venu de nous unir, pour eux, le moment est venu de nous écouter. Peuples du monde entier, levez-vous !", proclame le site United for #GlobalChange (ensemble pour un changement global). "Nous ne sommes pas des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers qui ne nous représentent pas. Nous allons manifester pacifiquement, débattre et nous organiser jusqu'à obtenir le changement mondial que nous voulons", poursuit cette coordination virtuelle. Spyro, un Britannique de 28 ans très actif dans la préparation du rassemblement prévu samedi à Londres sous la bannière "Occupy the Stock Exchange", résume les raisons de ce mouvement global de colère contre "le système financier". Les banques, rappelle-t-il, ont été renflouées sur fonds publics, mais les pratiques des bonus et des stock-options sont restées inchangées tandis que les Etats, sous l'oeil des marchés et des agences de notation, engageaient des politiques d'austérité et que le chômage, en particulier chez les jeunes, augmentait. "Partout dans le monde, nous disons que cela suffit", poursuit-il.

Trois ans après la chute de Lehman Brothers, emporté par l'éclatement de la bulle des crédits "subprime", et après les plans de soutien et de relance financés par la puissance publique, les pays occidentaux, notamment dans la zone euro, vivent désormais au rythme des plans de rigueur et des cures d'austérité. "Ce qui se passe aujourd'hui en Grèce, c'est le cauchemar qui attend d'autres pays à l'avenir. La solidarité est l'arme des peuples", écrit le groupe Démocratie réelle, qui appelle à manifester samedi dans le centre d'Athènes, sur la place Syntagma. D'Athènes à New York, les revendications restent assez générales, elles visent les 1% de la population accusées de concentrer l'essentiel des richesses, elles accusent les gouvernements élus d'être sourds à cette colère. Mais l'efficacité de cette mobilisation reste à démontrer. "Il y a plus de sympathisants que de personnes qui manifestent réellement", souligne Mary Bossis, professeur à l'université grecque du Pirée. En dépit des situations de désespoir créées par les mesures d'austérité, ajoute-t-elle, il semble que l'étincelle qui lancerait un mouvement durable fait défaut. "S'ils se font entendre dans tous les pays tourmentés par les crises économiques et financières, il est difficile de mesurer le poids exact de leurs protestations, leur capacité d'entraînement et l'efficacité de leur révolte sur les choix des gouvernants", écrit Dominique Quinio, du quotidien français La Croix qui consacre un dossier au sujet.

Commenter cet article

  • provincesavoie : Le monde de la finance a jouer avec un élastrique qui a trop été tendu. Il va lui peter à la figure !

    Le 15/10/2011 à 17h46
  • antirobert21 : Oui, eh bien, stop, il est temps d'arrêter cela. Et si le mouvement devient mondial, "quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas" comme l'a dit quelqu'un (bon, plus trop "à la mode" en ce moment, certes)

    Le 15/10/2011 à 13h40
  • didierbretagne : Le problème de la Banque est que cette dernière a perdu les fondamentaux sur lesquels elle avait été créée. S'en suit spéculation à travers les produits financiers dérivés, la spéculation sur les monnaies avec un marché financier qui lui aussi a perdu ses valeurs. En conséquence des bénéfices certes conséquents mais la rémunération des traders qui eux travaillent sur le côté spéculatif : tout ceci au détriement des petits porteurs qui sont laisés et se détourne de ce qui était la source d'approvisionnement de l'économie. Quel gachis pour des Etablissements qui ont déviées de leurs fonctions et encouragé la spéculation par des rémunérations hors normes des grands dirigeants.

    Le 15/10/2011 à 13h01
  • misterpatrick : Ils s'organisent à travers la planète sans désordre leur slogan : Indignés presque parfaits lol !!

    Le 15/10/2011 à 12h24
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