Le dispositif de sécurité était exceptionnel. Pour son retour au Canada, Luka Rocco Magnotta, le présumé "dépeceur" de Montréal, accusé du meurtre sauvage d'un jeune Chinois du nom de Lin Jun dont il aurait découpé le corps, avait pris place à bord d'un avion militaire. Avec lui dans cet appareil, six agents du Service de police de Montréal, chargé de l'enquête.
C'est lundi peu avant 19 heures, heure locale (soit mardi, 1 heure du matin, heure française) que l'avion s'est posé sur l'aéroport de Mirabel, au nord de Montréal. Après avoir fait un tour de piste, il s'est approché de l'endroit où étaient regroupés les journalistes, derrière un grillage, dans une zone d'ordinaire réservée aux véhicules du personnel de l'aéroport. Puis l'avion a poursuivi son chemin jusque derrière un bâtiment, hors de la vue des médias. Quelques minutes plus tard, un convoi comprenant plusieurs motos et voitures de police quittait l'aéroport vers une destination inconnue. Le suspect était dans un véhicule banalisé transportant aussi des agents de la Sécurité publique, la police provinciale.
Des chefs d'accusation qui pourraient évoluer
Après avoir passé sa première nuit en détention sur le sol canadien, Luka Rocco Magnotta doit comparaître ce mardi au palais de justice de Montréal. Il fait face à cinq chefs d'accusation : "meurtre", "outrage à cadavre", "publication de choses obscènes", "envoi par la poste de choses obscènes" et "harcèlement criminel" à l'encontre du Premier ministre canadien Stephen Harper et d'autres personnes. Il est passible de la prison à perpétuité. Mais, comme l'a fait savoir la police canadienne, ces chefs d'accusation pourraient être révisés.
Le Canada avait demandé son extradition à l'Allemagne après son arrestation dans un cybercafé à Berlin le 4 juin, au terme d'une cavale de dix jours. Il avait fui Montréal pour Paris le 26 mai d'où il avait rejoint Berlin à bord d'un bus, le 31 mai, jour où un mandat d'arrêt international à son encontre avait été émis par Interpol. Aux yeux du ministre canadien de la Justice, Rob Nicholson, "la coopération entre notre gouvernement et la communauté internationale a rapidement permis le retour au pays de cet individu afin qu'il réponde de ses actes devant la justice. Il est important que les Canadiens aient l'assurance que ceux qui sont accusés de crimes graves feront face à la justice dans toute sa rigueur".




