Pas d'extradition pour Battisti, tension entre Italie et Brésil

Par TF1 News, le 31 décembre 2010 à 13h40 , mis à jour le 31 décembre 2010 à 15h14

Le président brésilien Lula a décidé vendredi de ne pas extrader vers l'Italie l'ex-militant d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamé pour meurtres. Silvio Berlusconi proteste, le Brésil réplique.

[Expiré] [Expiré] Cesare Battisti aux mains des policiers brésiliens (archives) © AFP / A. Scorza

On savait déjà que seul le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva aurait le dernier mot sur l'extradition de l'ex-activiste italien d'extrême gauche Cesare Battisti. Et à quelques heures de laisser son siège à Dilma Roussef, le 1er janvier, il a enfin pris sa décision. Et c'est non : Battisti ne retournera pas en Italie.

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    Le président brésilien a décidé d'attendre le dernier jour de son mandat pour faire sa décision sur l'extradition de l'ex-activiste italien d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamée avec force par Rome. Fin du suspense dans quelques heures...

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    Toutefois, la Cour suprême devait encore décider si le président Luiz Inacio Lula da Silva aura le dernier mot. Ce qui signifierait que l'extradition du militant d'extrême-gauche italien pourrait être encore bloquée.

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Cesare Battisti, 55 ans, avait été condamné à la prison à perpétuité par contumace en Italie pour quatre meurtres dans les années 1970. Il s'était réfugié au début des années 1980 en France, puis s'était enfui au Brésil en août 2004 pour échapper, déjà, à une extradition vers l'Italie. Arrêté en 2007 à Rio de Janeiro, il avait été dès lors emprisonné à Brasilia, dans l'attente d'une décision sur son sort.

Lula a fait durer le suspense 

Ce sort lui avait d'abord semblé défavorable : son extradition vers l'Italie avait été décidée par la Cour suprême, la plus haute juridiction brésilienne. L'Italie s'était immédiatement félicitée de cette décision et avait demandé qu'elle soit "exécutée rapidement". Mais la Cour avait été partagée jusqu'au bout. L'autorisation d'extrader Battisti n'avait été acquise que par cinq voix contre quatre. Et les neuf juges avaient ensuite débattu de manière enflammée pour décider si le président Lula devait suivre leur décision ou pouvait trancher en dernier ressort.

Finalement, c'est donc à Lula qu'est revenue la décision. Le président brésilien a pris le temps de la faire connaître. Et il a fait durer le suspense jusqu'au bout. Un faux suspense, en réalité, vu qu'il avait déjà nettement fait comprendre de quel côté pencherait sa décision, ce qui avait déjà poussé plusieurs ministres italiens à faire des déclarations extrêmement fermes avant même l'officialisation de la décision de Lula.

Berlusconi s'insurge

Celle-ci désormais rendue officielle, la protestation italienne n'a pas tardé, et Rome a aussitôt fustigé une "décision injuste et offensante". Ce à quoi le gouvernement brésilien a répliqué du tac au tac en qualifiant "d'impertinente" la réaction de l'Italie. Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, qui a rappelé son ambassadeur au Brésil, s'est notamment engagé à poursuivre la "bataille" pour obtenir l'extradition de Cesare Battisti. "J'exprime aux proches des victimes toute ma solidarité. Cette affaire n'est pas close, bien au contraire : l'Italie ne se rend pas et fera valoir ses propres droits", a-t-il lancé.

Une brusque tension que redoutaient déjà les juges de la Cour suprême : le magistrat rapporteur du cas, Cezar Peluso, avait ainsi souligné qu'une éventuelle décision de Lula de ne pas extrader Battisti serait "un délit international" et "le non-respect injustifié d'un traité", celui qui lie le Brésil et l'Italie. 

Par TF1 News le 31 décembre 2010 à 13:40
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9 Commentaires

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  • pamina78, le 01/01/2011 à 11h07

    M. Berlusconi est bien mal placé pour donner des leçons de justice et d'égalité ...

  • xxl.44., le 01/01/2011 à 09h32

    Pour ce n'est pas en se cachant que l'on peut être jugé donc lui même ne veut pas être jugé donc pour la justice c'est un coupable .

  • moosehead25, le 31/12/2010 à 21h47

    Qu'en savez vous ?? Il n'a pas été jugé ! Il bénéficie de la présomption d'innocence, mais il sait également que jamais en Italie il ne pourra bénéficier d'un procès (politique) équitable.

  • moosehead25, le 31/12/2010 à 21h45

    Bravo ! C'est une question de principe. Ce que Miterrand n'avait pas respecté en parjurant la parole de la nation.

  • dominique95240, le 31/12/2010 à 17h21

    Les faits se sont passés dans les années 70, il y a donc à présent 40 ans de cela. Bien qu'il s'agisse de faits odieux puisque ce sont ni plus ni moins que des meurtres, il est temps de tourner la page. Aujourd'hui, le pardon s'impose mais la mémoire doit rester et ne pas s'enfoncer dans l'oubli.

  • roll4eur, le 31/12/2010 à 14h56

    C'est qui ?

  • pipou30, le 31/12/2010 à 14h17

    Quelle honte ! comment un pays qui se prétend "démocratique" peut-il protéger un criminel... ainsi que Mitterrand l'a fait !

  • euzenot-furiga, le 31/12/2010 à 13h56

    BRAVO, BRAVISSIMO ! Il est temps de passer l'éponge sur les années de plomb, sinon Berlusconi est ses associés auraient aussi des comptes à rendre. N'oublions pas que ce qui a tout déclenché c'est l'attentat fachiste du marché de Milan fief d'Umerto Bossi. - Buon anno nuovo per tutti -

  • saint-ecles, le 31/12/2010 à 13h55

    Honte a Lula, et à mitterand, qui ont toujours protégé cet assassin.

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