© AFP / A. ScorzaOn savait déjà que seul le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva aurait le dernier mot sur l'extradition de l'ex-activiste italien d'extrême gauche Cesare Battisti. Et à quelques heures de laisser son siège à Dilma Roussef, le 1er janvier, il a enfin pris sa décision. Et c'est non : Battisti ne retournera pas en Italie.
Extradition de Battisti : Lula fait durer le suspense
Le président brésilien a décidé d'attendre le dernier jour de son mandat pour faire sa décision sur l'extradition de l'ex-activiste italien d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamée avec force par Rome. Fin du suspense dans quelques heures...
Publié le 30/12/2010
Brésil : la justice vote l'extradition de Battisti vers l'Italie
Toutefois, la Cour suprême devait encore décider si le président Luiz Inacio Lula da Silva aura le dernier mot. Ce qui signifierait que l'extradition du militant d'extrême-gauche italien pourrait être encore bloquée.
Publié le 18/11/2009
Cesare Battisti, 55 ans, avait été condamné à la prison à perpétuité par contumace en Italie pour quatre meurtres dans les années 1970. Il s'était réfugié au début des années 1980 en France, puis s'était enfui au Brésil en août 2004 pour échapper, déjà, à une extradition vers l'Italie. Arrêté en 2007 à Rio de Janeiro, il avait été dès lors emprisonné à Brasilia, dans l'attente d'une décision sur son sort.
Lula a fait durer le suspense
Ce sort lui avait d'abord semblé défavorable : son extradition vers l'Italie avait été décidée par la Cour suprême, la plus haute juridiction brésilienne. L'Italie s'était immédiatement félicitée de cette décision et avait demandé qu'elle soit "exécutée rapidement". Mais la Cour avait été partagée jusqu'au bout. L'autorisation d'extrader Battisti n'avait été acquise que par cinq voix contre quatre. Et les neuf juges avaient ensuite débattu de manière enflammée pour décider si le président Lula devait suivre leur décision ou pouvait trancher en dernier ressort.
Finalement, c'est donc à Lula qu'est revenue la décision. Le président brésilien a pris le temps de la faire connaître. Et il a fait durer le suspense jusqu'au bout. Un faux suspense, en réalité, vu qu'il avait déjà nettement fait comprendre de quel côté pencherait sa décision, ce qui avait déjà poussé plusieurs ministres italiens à faire des déclarations extrêmement fermes avant même l'officialisation de la décision de Lula.
Berlusconi s'insurge
Celle-ci désormais rendue officielle, la protestation italienne n'a pas tardé, et Rome a aussitôt fustigé une "décision injuste et offensante". Ce à quoi le gouvernement brésilien a répliqué du tac au tac en qualifiant "d'impertinente" la réaction de l'Italie. Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, qui a rappelé son ambassadeur au Brésil, s'est notamment engagé à poursuivre la "bataille" pour obtenir l'extradition de Cesare Battisti. "J'exprime aux proches des victimes toute ma solidarité. Cette affaire n'est pas close, bien au contraire : l'Italie ne se rend pas et fera valoir ses propres droits", a-t-il lancé.
Une brusque tension que redoutaient déjà les juges de la Cour suprême : le magistrat rapporteur du cas, Cezar Peluso, avait ainsi souligné qu'une éventuelle décision de Lula de ne pas extrader Battisti serait "un délit international" et "le non-respect injustifié d'un traité", celui qui lie le Brésil et l'Italie.
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