Guantanamo : ouverture contestée des tribunaux militaires version Obama

le 10 août 2010 à 08h42 , mis à jour le 11 août 2010 à 10h36

"Aucune déclaration obtenue sous la torture" ne devait être admise par ces commissions militaires. Une règle qui ne sera pourtant pas suivie dès la première procédure de "Camp Justice" de l'ère Obama.

[Expiré] [Expiré] omar khadr © AFP/J. Hamlin

Les premiers procès à Guantanamo sous administration Obama s'ouvrent sur fond de polémique à "Camp Justice", le complexe construit spécialement par George W. Bush pour l'occasion.

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Lundi, un juge militaire a en effet accepté les déclarations qu'Omar Khadr, accusé de crime de guerre, dit avoir faites sous la contrainte. Lors de la dernière audience préliminaire au procès de ce Canadien, arrêté alors qu'il n'avait que quinze ans, Patrick Parrish a créé la surprise en rejetant la demande de la défense que les "aveux" qu'Omar Khadr a pu faire dans les prisons de Bagram puis de Guantanamo ne puissent pas servir de base à l'accusation. Le magistrat n'a pas justifié sa décision.

Selon la défense, celui qui était à l'époque un adolescent, a entre autres été placé dans "des positions inconfortables" pendant des heures, a subi "des étouffements jusqu'à évanouissement" ou encore des "privations de sommeil". Un des interrogateurs a également raconté en avril avoir inventé un scénario de viol pour l'impressionner. Agé aujourd'hui de 23 ans, dont huit passés à Guantanamo, Omar Khadr est le fils d'un haut responsable d'Al-Qaïda mort en 2003. L'armée américaine l'accuse d'avoir lancé la grenade qui a tué un GI lors d'une bataille fin juillet 2002 en Afghanistan. Ses avocats dénoncent "le premier procès d'un enfant-soldat de l'histoire moderne".

Deuxième audience : le chauffeur de Ben Laden

La réforme très contestée des tribunaux militaires d'exception de Guantanamo, préparées par l'administration Obama et votée par le Congrès à l'automne 2009, prévoit qu'"aucune déclaration obtenue sous la torture ou par un traitement cruel, inhumain ou humiliant, qu'elle ait été obtenue sous couvert de la loi ou non, ne peut être admise par une commission militaire". Mais le juge conserve le pouvoir de les déclarer recevables si le ministère public apporte la preuve que les déclarations n'ont pas été obtenues sous la contrainte.

Dans la deuxième salle d'audience de Guantanamo, le Soudanais Ibrahim al-Qosi, ancien cuisinier et chauffeur d'Oussama Ben Laden, a commencé à comparaître pour connaître la longueur de sa peine après avoir plaidé coupable début juillet de complot et de soutien matériel au terrorisme. Les termes de l'accord de plaider coupable passé entre M. Al Qosi et le gouvernement américain sont restés secrets. La juge militaire Nancy Paul en charge du dossier a annoncé lundi qu'ils le resteraient jusqu'à sa libération.

le 10 août 2010 à 08:42
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