Sale temps pour les services de renseignement américains : outre les critiques musclées de Barack Obama sur leur incapacité à prévenir la tentative d'attentat contre un avion de la Northwest Airlines (lire notre article : "Tentative d'attentat : la rage froide d'Obama"), ils sont pointés du doigt après l'attentat qui a tué sept agents de la CIA en Afghanistan.
Attentat raté : Obama assume les erreurs et annonce des réformes
"Je suis moins intéressé par les reproches que d'apprendre de ces erreurs et de les corriger pour que nous soyons plus en sécurité. Car en définitive, je suis le seul responsable", a-t-il déclaré jeudi soir.
Publié le 07/01/2010
Les talibans rivalisent pour revendiquer le carnage contre la CIA
Plusieurs groupes d'insurgés islamistes affirment être à l'origine de l'attentat suicide qui a fait sept morts mercredi dernier contre des hommes de l'agence de renseignement basés en Afghanistan.
Publié le 04/01/2010
Selon la chaîne de télévision américaine NBC, l'auteur de l'attentat suicide, un Jordanien du nom de Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi, aurait été recruté par les services de renseignement de son pays, mais travaillait en secret pour Al-Qaïda. D'après les milieux islamiques à Amman, il avait obtenu la confiance de l'équipe de la CIA basée à Khost, dans l'est de l'Afghanistan, et a pu dissimuler une ceinture d'explosifs qu'il a fait sauter le 30 décembre, tuant huit personnes, dont sept fonctionnaires de la CIA.
Parallèlement, le chef des services de renseignement militaires américains en Afghanistan a rédigé un rapport accablant sur le travail de ses propres services, séparés de ceux de la CIA. Dans ce rapport publié sur le site du Center for a New American Security, un groupe de réflexion de Washington, le général Michael Flynn a dénoncé l'amateurisme et l'ignorance de la réalité locale dont feraient preuve les espions américains. Le général américain appelle à réformer radicalement "un appareil de renseignement toujours incapable de trouver des réponses à des questions fondamentales sur l'environnement dans lequel nous évoluons et sur les gens que nous essayons de protéger et de convaincre" de collaborer.
Recruté précisément pour ses liens avec Al-Qaïda
Le kamikaze présumé, appelé aussi Abou Doujana al-Kharassani, avait été arrêté pour ses liens avec Al-Qaïda puis recruté par les services de renseignements pour qu'il infiltre cette organisation, selon le site islamique Ana Mouslim. "Chaque fois que ces informations ont pu être vérifiées par les Américains, leur confiance en Abou Doujana grandissait", selon le site. A son arrivée à la base de Khost, sous prétexte de fournir des informations cruciales, un membre de la CIA aurait dit, selon le site : "C'est notre homme, inutile de le fouiller". Puis "il leur a dit : Approchez pour bien voir. Une fois tous les agents de la CIA réunis autour de lui, il s'est fait exploser", précise Ana Mouslim.
Côté jordanien, Amman a émis mardi des doutes sur l'identité de l'auteur de l'attentat. NBC donne cependant beaucoup de précisions sur son parcours et sa mission : l'homme avait été envoyé en Afghanistan pour retrouver le numéro deux d'Al-Qaïda, l'Egyptien Ayman al-Zawahiri. Il y travaillait avec un officier des services de renseignement jordaniens, identifié par l'agence de presse officielle jordanienne Petra comme Ali bin Zeid, le huitième homme tué dans l'attentat.
"La Jordanie doit être embarrassée car sa coopération avec la CIA a été rendue publique par la mort du capitaine Ali, ce qui a des échos négatifs auprès d'une population majoritairement anti-américaine", estime un diplomate occidental. Amman a fait savoir que le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Jawdeh, effectuerait jeudi une visite de travail à Washington au cours de laquelle il s'entretiendra notamment avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.
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