Barack Obama, en juillet 2010, à Washington © Abacapress.com
François Durpaire est chercheur associé au Centre de Recherches d'Histoire Nord-Américaine de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur de plusieurs livres sur les Etats-Unis, dont L'Amérique de Barack Obama (Editions Michalon, 2007) et Obama face à la crise (Editions Demopolis, 2009).
Sarkozy sur l'affaire DSK : "tout ceci est suffisamment triste"
Interrogé à Deauville, lors de sa conférence de presse à l'issue du sommet du G8, sur le cas DSK, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois professé "hauteur de vue" et "dignité". Tout en soulignant : Franchement, certains commentaires me confortent dans ma décision de me tenir un peu éloigné".
Publié le 27/05/2011
DSK libéré: "soulagement" au PS, "normal" pour Marine Le Pen
Quelques heures après la libération sous caution de Dominique Strauss-Kahn, la classe politique réagit. Marine Le Pen juge "extrêmement restrictives" les conditions de cette libération.
Publié le 20/05/2011
Affaire DSK : le "frère" de la victime présumée ne l'était pas
Un homme qui s'était présenté comme "le frère" de l'accusatrice de l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn a reconnu jeudi n'être en fait qu'un ami de cette femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New York.
Publié le 19/05/2011
TF1 News : Beaucoup s'étonnent en France du silence de Barack Obama, qui n'a fait aucun commentaire sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn. Pourquoi ?
François Durpaire : Tout simplement car les pouvoirs judiciaires français et américain sont radicalement différents. En France, l'institution judiciaire, malgré toutes les affirmations des uns et des autres, n'est pas vraiment indépendante du pouvoir politique. Rappelons simplement pour nous-en convaincre que le parquet et ses procureurs sont liés à leur hiérarchie, qui n'est autre que la Chancellerie. Aux Etats-Unis, rien de tout cela. Le pouvoir judiciaire est totalement indépendant du pouvoir politique, voire en suprématie historique par rapport à lui.
TF1 News : C'est-à-dire ?
F.D. : En 1807, Thomas Jefferson, le 3e président, avait porté plainte, en tant que président, contre Aaron Burr, un politicien important, pour haute trahison. Pourtant, la Cour suprême avait fini par lui donner tort. Il n'a donc pas fallu attendre le Watergate pour voir un président américain mis à mal par la justice ! Contrairement à la France, le président n'a également aucun droit de grâce.
TF1 News : Pourtant, le président nomme les juges de la Cour suprême.
F.D. : Certes. Mais ils sont nommés à vie. Donc, dès le lendemain de leur nomination, ils peuvent de fait lui faire "un bras d'honneur". C'est ainsi qu'avait agi Earl Warren après avoir été désigné par Dwight Eisenhower en 1953. Il n'avait pas du tout agi comme l'espérait le président de l'époque.
| "Un scandale énorme si Obama s'exprimait sur l'affaire" |
TF1 News : Que se passerait-il alors si Barack Obama s'exprimait sur l'affaire DSK ?
F.D. : S'il venait à interférer dans une affaire judiciaire, quelle que soit, il serait le premier président américain à le faire. Ce serait un scandale énorme. Et dans cette optique, une simple déclaration a le même poids qu'une intervention directe dans la procédure. Tout propos est en effet une intervention directe. D'où son silence. En France, cela peut en effet paraître surprenant puisque nos politiques ne se gênent pas pour le faire.
Le porte-parole de la Maison-Blanche a bien fait une allusion à l'affaire DSK mercredi soir. Mais c'était en relation avec sa fonction au FMI. Il aurait agi ainsi si Dominique Strauss-Kahn, en tant que patron de l'institution financière, avait été arrêté dans n'importe quel pays. Ou si ce patron était quelqu'un d'autre.
TF1 News : Renversons le problème. Imaginons que le secrétaire général du FMI soit américain et qu'il soit arrêté en France pour viol.
F.D. : Cela ne changerait rien. Barack Obama, en tant que président des Etats-Unis, ne ferait aucune déclaration puisque la France est un Etat de droit. Les médias américains pourraient certes agir de manière différente en affirmant que la France "veut se payer un Américain", mais cela n'engagerait qu'eux. En revanche, un président américain pourrait intervenir publiquement si une affaire concernant un citoyen américain se déroulait dans un pays considéré comme une dictature.
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