Archives : soldat américain en Afghanistan © TF1/LCILe sergent Calvin Gibbs, 26 ans, était considéré comme le meneur d'un petit groupe de militaires américains dont les actions en Afghanistan avaient suscité le malaise de toute l'armée. Ils avaient élaboré pour s'amuser des "scénarios" pour exécuter des civils afghans début 2010 dans la province de Kandahar, allant jusqu'à prélever des parties des cadavres en guise de trophées (comme des doigts) et jusqu'à prendre des photos avec les dépouilles.
Afghanistan : cour martiale pour des trophées macabres
Le sergent-chef de l'armée américaine accusé d'avoir tué des civils afghans désarmés et d'avoir coupé leurs doigts, en guise de trophées qu'il exhibait devant ses camarades d'unité, risque la prison à vie.
Publié le 08/01/2011
Jeudi, Calvin Gibbs, jugé en cour martiale à la base militaire de Lewis-McChord, au sud de Seattle, a été reconnu coupable de 15 chefs d'accusation, parmi lesquels trois meurtres avec préméditation ; il a été condamné à la prison à vie. Le jury militaire, composé de cinq personnes, avait délibéré pendant cinq heures avant de le déclarer coupable puis de prononcer le verdict. Le condamné pourra déposer une demande de libération conditionnelle après avoir purgé 10 ans de détention.
L'image des Etats-Unis écornée dans le monde entier
L'affaire, qui avait débuté par une enquête sur des faits d'usage de stupéfiants au sein de la brigade d'infanterie "Stryker" à laquelle appartenait Gibbs, a écorné l'image des Etats-Unis dans le monde entier, ont souligné des responsables du Pentagone. Sur des photographies montrées lors du procès en tant que pièces à conviction, on voit Calvin Gibbs et d'autres soldats poser, l'air insouciant, autour de cadavres ensanglantés d'Afghans. Ces clichés ont entraîné des comparaisons avec ceux pris en 2004 des sévices infligés à des détenus de la prison irakienne d'Abou Ghraïb. Calvin Gibbs a nié avoir commis des meurtres et n'a pas souhaité prendre la parole avant l'énoncé du verdict.
Son avocat civil, Phillip Stackhouse, a demandé au jury de faire preuve de clémence en fixant la durée avant laquelle une libération conditionnelle pourrait être demandée. Selon lui, Calvin Gibbs a eu le temps de réfléchir lors de sa détention provisoire, et "n'est plus celui qu'il était lorsqu'il est parti en Afghanistan". Il a ajouté que son client espérait pouvoir un jour retrouver son jeune fils. Le procureur militaire, le major Leblanc, a pour sa part demandé le rejet de toute possibilité de libération, en rappelant aux jurés la façon dont Calvin Gibbs décrivait les Afghans comme des "sauvages".
Calvin Gibbs affirmait avoir agi en légitime défense sur deux des meurtres, et ne pas avoir été impliqué dans le troisième. "Faire croire à une intervention légitime faisait partie du plan", avait affirmé le procureur mercredi lors de son réquisitoire, en dénonçant des histoires "hautement improbables". L'accusé démentait également avoir placé des armes auprès des victimes. Son principal accusateur était un caporal placé sous ses ordres et décrit comme son bras droit dans cette affaire. Jeremy Morlock a plaidé coupable de meurtre dans cette même affaire, et a été condamné en mars à 24 ans de prison après avoir passé un accord de coopération avec les procureurs. Sur les cinq soldats impliqués, dont Morlock, trois ont déjà plaidé coupable et été condamnés à des peines allant de 3 à 24 ans de prison. Le cinquième, Michael Wagnon, est dans l'attente de son procès.
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