Où en est la course aux primaires ?
Entre l'Iowa le 3 janvier et l'Etat de Washington ce week-end, une douzaine d'Etats sur les 50 du pays ont voté. Chacun a attribué, selon son poids démographique, un certain nombre de délégués répartis le plus souvent à proportionnelle ou au système du "tout au vainqueur". Pour décrocher l'investiture cette année, il faut obtenir 1.144 délégués sur les 2.286 qui participeront à la convention, grand-messe du parti républicain programmée fin août. C'est à ce moment que l'adversaire de Barack Obama, "dispensé" de primaires chez les démocrates grâce à son statut de président sortant, pour la présidentielle de novembre sera officiellement désigné.
Avec sept Etats remportés, le favori Mitt Romney, étiqueté "centriste", mène logiquement ces primaires républicaines. Mais avec environ 180 délégués, il est encore loin du compte. Fort de ses quatre succès, Rick Santorum, l'invité surprise, entend en effet lui barrer la route en fédérant le camp conservateur. Newt Gingrich, l'autre représentant de la droite du parti, en tête des sondages en janvier, abat quant à lui ce mardi ses dernières cartes. L'isolationniste Ron Paul continue pour sa part de jouer l'arbitre.
Quel est le poids du "Super-Tuesday" ?
Dix Etats votent ce mardi, avec plus de 400 délégués à la clé. C'est évidemment important. Mais sur le strict plan mathématique, il sera donc impossible de dégager le futur candidat. Il s'agit là en partie de la conséquence d'un choix de la direction du parti républicain qui a souhaité étendre la saison des primaires pour monopoliser l'attention médiatique le plus longtemps possible.
Romney peut-il enfin s'échapper ?
Même s'il lui était impossible d'obtenir le chiffre magique dès ce mardi, Mitt Romney espérait avoir creusé la différence face à ses rivaux afin de les obliger à abandonner la course. Or symbole de ses difficultés à séduire la base conservatrice d'une formation qui penche de plus en plus à droite et qui doute d'un candidat trop modéré, ce "Super-Tuesday" lui permettra au mieux de prendre un avantage important face à Rick Santorum.
Son artillerie financière -il utilise notamment sa fortune personnelle, estimée à 230 millions de dollars, pour multiplier les spots de campagne contre ses adversaires- pourrait ensuite lui permettre de faire définitivement la différence.
Santorum va-t-il tenir tête ?
Rick Santorum, quasi-inconnu en décembre dernier au niveau national et dont l'ambition première était de bien figurer dans les scrutins de janvier pour ensuite monnayer son ralliement à tel ou tel candidat, a réussi à éclipser, à la surprise générale, les autres candidats conservateurs, notamment Newt Gingrich.
Pour réussir ce tour de force, il a usé d'une stratégie efficace : alors que Mitt Romney et ses concurrents initiaux basaient leur discours sur l'emploi, il a quant à lui axé sa campagne sur les "valeurs chrétiennes" (opposition à l'avortement et au mariage homosexuel). Profitant des "signes extérieurs de richesse" de Mitt Romney qui passent mal avec la crise, il a ensuite réussi à s'attirer les faveurs des ouvriers. Cette "bataille culturelle", alliée au faible engouement pour Mitt Romney, lui permet aujourd'hui de faire durer la course et de se présenter comme un recours plus que crédible.
Il lui reste cependant trois épreuves à surmonter : réaliser de bons scores ce mardi, obtenir le retrait et l'appui de Newt Gingrich afin de mettre en place une coalition conservatrice et surtout ne plus effrayer les modérés qui craignent qu'il ne fasse pas le poids face à Barack Obama lors de la lutte finale pour la Maison-Blanche.
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