Etats-Unis : l'ex-militant noir Mumia Abu Jamal ne sera pas exécuté
La justice de Pennsylvanie a renoncé à redemander la peine de mort contre Mumia Abu-Jamal. Trente ans après sa condamnation pour le meurtre d'un policier blanc à Philadelphie, cet ancien journaliste et militant noir américain finira sa vie en prison.
Publié le 07/12/2011
Un nouvel espoir pour Troy Davis
Une cour d'appel fédérale américaine a suspendu l'exécution, prévue lundi, de ce Noir américain condamné à mort pour le meurtre d'un policier blanc, qu'il nie.
Publié le 24/10/2008
Troy Davis a épuisé son dernier recours
Ce Noir américain condamné à mort pour le meurtre d'un policier blanc, qu'il nie, a vu son recours rejeté par la Cour suprême. Il devrait être exécuté sous peu.
Publié le 14/10/2008
Le condamné à mort obtient un sursis de 90 jours
Troy Davis, condamné à mort pour avoir tué un policier en 1989, a obtenu lundi 90 jours de sursis, alors qu'il devait être exécuté mardi.
Publié le 17/07/2007
Une exécution que l'Europe cherche à stopper
Face aux doutes qui pèsent sur la culpabilité de Troy Davis, le Conseil de l'Europe demande aux Etats-Unis de ne pas exécuter le condamné mardi.
Publié le 16/07/2007
19 ans après, les témoins à charge disculpent le condamné à mort
Troy Davis, le noir américain condamné à mort pour meurtre en 1991 mais autorisé à présenter des preuves de son innocence, a comparu mercredi devant un tribunal fédéral. Des témoins à charge sont revenus sur leurs accusations.
Publié le 24/06/2010
Exécution de Troy Davis : Badinter "une tache pour les Etats Unis"
Robert Badinter, ancien garde des Sceaux, est revenu sur l'exécution de Troy Davis aux Etats Unis sur Europe 1 jeudi matin. "S'il est innocent, cette affaire est un assassinat judiciaire", a-t-il estimé. "Elle restera comme une tache dans l'histoire des Etats Unis".
Publié le 22/09/2011
Troy Davis, symbole de la lutte contre la peine de mort
Après vingt ans de combat judiciaire, ce Noir américain, condamné en 1991 pour le meurtre d'un policier blanc qu'il a toujours nié, a été exécuté le jeudi 22 septembre 2011 peu après 5h, heure française. Retour sur l'affaire avec TF1 News.
Publié le 20/09/2011
Troy Davis avait 42 ans, dont près de la moitié passée derrière les barreaux - essentiellement dans le "couloir de la mort". Il aurait pu être l'un de ces milliers de noirs anonymes dont sont remplies les prisons américaines, surtout dans les Etats du Sud où le racisme n'a jamais disparu, et où il ne fait pas bon être de la "mauvaise" couleur de peau quand on voit son nom cité dans une affaire de meurtre de policier. Mais année après année, avec la mobilisation de ses proches et d'associations luttant contre la peine de mort, Troy Davis avait accédé, à son corps défendant, au rang de symbole - dans son pays d'abord, puis sur la scène internationale. Ce qui ne l'aura pas sauvé pour autant. De recours en recours, de pétition en manifestation, il aura échappé à la peine capitale jusqu'à ce mercredi, 23 heures et 8 minutes à l'heure de Jackson, Géorgie - c'est-à-dire jeudi, peu après 5 heures du matin à l'heure de Paris.
Jusqu'au tout dernier moment, ses avocats se sont battus. La dernière journée de vie de Troy Davis aura été marquée par deux ultimes recours, l'un tenté auprès de la Cour suprême de l'Etat de Géorgie, l'autre auprès de celle des Etats-Unis. La défense du condamné assurait pouvoir présenter de nouvelles preuves à décharge : elle évoquait notamment un faux témoignage du médecin légiste chargé d'autopsier le corps du policier Mark MacPhail, abattu sur un parking de Savannah en 1989 lors d'une sordide bagarre nocturne pour de la bière. Difficile pourtant d'imaginer que des éléments vraiment nouveaux auraient pu être ajoutés à ce dossier, essentiellement constitué de témoignages (qui s'étaient d'ailleurs considérablement érodés au fil des ans) et sans aucun élément concret à charge, au bout de vingt ans ; sans surprise, les recours ont donc été rejetés l'un après l'autre. Mais cette dernière manoeuvre désespérée se sera traduite - cruauté supplémentaire - par un report de quatre heures de l'exécution par injection létale, initialement prévue à 19 heures, heure locale.
"Je n'avais pas d'arme"
Dans la rue aussi, et sur la scène internationale, les pressions se sont poursuivies jusqu'au moment de l'exécution ou presque. Trois fois déjà, Troy Davis avait été sauvé in extremis, lors de retournements rocambolesques qui avaient mis en lumière l'acharnement singulier de la justice de l'Etat de Géorgie à obtenir sa mise à mort. Cette fois encore, une foule de militants contre la peine de mort s'était rassemblée devant le pénitencier de Jackson, espérant un dernier miracle. Mais le temps manquait, et il n'y avait plus rien à tenter. Barack Obama lui-même, qui s'est toujours bien gardé de remettre en cause la peine capitale dans un pays où elle compte encore tellement de partisans, avait fait savoir par la voix de son porte-parole qu'il ne lui appartenait pas d'intervenir dans un dossier instruit par la justice de l'Etat de Géorgie. Mercredi peu après 23 heures, un silence de plomb est tombé sur la foule massée devant le pénitencier de Jackson lorsqu'est venue l'annonce officielle de la mort du condamné.
Puis sont venues les réactions internationales, dans le langage traditionnellement compassé qui sied aux déclarations entre Etats. "Nous déplorons vivement que les nombreux appels à la clémence n'aient pas été entendus", a ainsi fait savoir dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères. Plus vigoureux dans sa dénonciation, Robert Badinter, dont le nom reste associé en France à l'abolition de la peine de mort, a parlé d'une "défaite pour l'humanité". La branche française d'Amnesty International a dénoncé pour sa part une "exécution lâche et honteuse" et appelé "à poursuivre le combat pour l'abolition universelle de la peine de mort". Le Mrap, enfin, a exprimé sa "colère et son indignation" et a réaffirmé "avec force que la peine de mort est un crime d'Etat".
Quant à Troy Davis lui-même, n'ayant plus rien à espérer, si ce n'est à survivre en tant que symbole de la lutte contre la peine de mort, il avait écrit un dernier message à ses partisans depuis le couloir de la mort, où il disait en substance que "le combat pour la justice" ne s'arrêterait pas avec lui. Ses dernières paroles auront été pour nier une nouvelle fois le meurtre pour lequel il avait été condamné : "Ce n'était pas de ma faute, je n'avais pas d'arme", a-t-il lancé, avant d'ajouter : "A ceux qui s'apprêtent à m'ôter la vie, que Dieu vous bénisse". La famille du policier tué assistait à sa mise à mort. La mère de la victime, Anneliese MacPhail, interrogée quelques heures auparavant sur la chaîne CNN, avait dit en espérer "soulagement et paix".
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Troy Davis, symbole de la lutte contre la peine de mort
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