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Un tribunal brésilien bloque le barrage géant de Belo Monte


le 15 août 2012 à 09h53 , mis à jour le 15 août 2012 à 09h56.
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4min
Manifestation au Brésil, à Rio de Janeiro, contre le barrage géant de Belo Monte (18 juin 2012)

Manifestation au Brésil, à Rio de Janeiro, contre le barrage géant de Belo Monte (18 juin 2012) / Crédits : AFP / A. Scorza

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AmériquesUn tribunal vient d'ordonner l'arrêt des travaux du barrage de Belo Monte, le troisième plus grand ouvrage de ce type en construction dans le monde, au coeur de l'Amazonie brésilienne, au motif que les indiens de la région n'avaient pas été consultés.

Voilà un an qu'a été lancé le chantier du barrage de Belo Monte, au Brésil, en plein coeur de la forêt amazonienne. Malgré l'opposition des responsables locaux, vent debout contre ce projet pharaonique ; malgré, aussi, la mobilisation des représentants des indiens de la région et de personnalités internationales comme le chanteur Sting et le réalisateur à succès de Titanic et d'Avatar, James Cameron. Mais pour le Brésil, les enjeux sont gigantesques. En construction sur le fleuve Xingu, cet ouvrage, d'un coût de près de 13 milliards de dollars, est le plus important en cours d'édification au Brésil et le troisième du monde. Il fournira 11.233 MW, soit 11% de la capacité installée du pays. Son édification entraînera l'inondation de 502 km2. Et même si les terres des populations indiennes locales ne sont pas inondées, leur mode de vie risque d'être affecté car elles tirent leur subsistance de la pêche.
 
Mais alors que le chantier titanesque progresse, un tribunal brésilien vient d'ordonner l'arrêt des travaux, au motif que les indiens de la région n'avaient pas été préalablement consultés. "En 2005, quand le parlement brésilien a approuvé ce chantier, il a exigé une étude d'impact environnemental postérieure au lancement des travaux et non préalable comme l'ordonne la loi", a souligné le Tribunal régional fédéral de la première région (TRF1). Les indiens devront donc être auditionnés par les parlementaires avant que les travaux ne puissent reprendre. En attendant, le tribunal a fixé une amende journalière de 250.000 dollars en cas de non respect de sa décision par le consortium public Norte Energia, en charge des travaux.
 
"Une décision historique"
 
"C'est une décision historique pour le pays et pour les peuples (du fleuve) Xingu. C'est une grande victoire qui montre que Belo Monte n'est pas un fait acquis. Nous sommes très heureux et satisfaits", a réagi Antonia Melo, coordinatrice du Mouvement Xingu Vivo, qui s'oppose au projet. Pour sa part, le consortium a indiqué attendre la notification officielle du jugement pour y répondre sur le plan juridique. La décision du Tribunal régional fédéral de la première région est en effet susceptible d'appel, et la guérilla judiciaire devrait donc continuer.
 
A lui seul, le barrage de Belo Monte symbolise les dilemmes de la sixième économie mondiale. Le Brésil a réduit drastiquement la déforestation de l'Amazonie et affirme avoir la source d'énergie la plus propre parmi les grandes économies. Mais il s'est aussi lancé dans de gigantesques projets d'infrastructures, dont des barrages et des routes en Amazonie pour accompagner son développement. Parmi lesquels, notamment, ce gigantesques barrage de Belo Monte. Il est normalement prévu que d'ici la fin de l'année 12.000 ouvriers travaillent jour et nuit sur le chantier, et jusqu'à 22.000 en 2013. La première turbine devrait entrer en opération en 2015 et la dernière en 2019. Pour tenter d'apaiser les oppositions, le gouvernement prévoit des investissements de 1,2 milliard de dollars d'ici la fin des travaux pour réduire les impacts négatifs de la construction.
 
Mais le barrage de Belo Monte n'en a pas moins gagné une notoriété mondiale avec une campagne internationale et très médiatique dénonçant les dégâts du chantier. Le chef indien brésilien Raoni, 82 ans, connu dans le monde entier pour son combat en faveur de l'Amazonie et des peuples indiens, avait notamment demandé "l'arrêt" de la construction du barrage lors de la conférence sur le développement durable de l'ONU Rio+20 en juin à Rio de Janeiro. Et quelque 150 indiens ont récemment occupé pendant trois semaines l'un des quatre chantiers du barrage pour exiger que le consortium tienne ses engagements envers leurs communautés. Norte Energia a accepté notamment de remettre immédiatement aux indiens des moyens de transport et de construire des écoles et des postes de santé.

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  • acide19 : Le mode de vie des amérindiens "risque" d'être impacté...Vous avez déjà lu déclaration plus hypocrite que celle là ? ;pour les populations natives ce barrage est tout simplement une condamnation à mort. Quant aux dégats et modification irréparables apportés à la forêt amazonienne,pour l'éco système mondial,il y aura un avant et un après barrage de Belo monte.Les répercussions climatiques avec la déforestation monumentale qui s'ensuivra obligatoirement seront gigantesques et à la seule mesure de la bétise humaine..

    Le 16/08/2012 à 00h05
  • stelmaria0 : Le pot de terre contre le pot de fer?On vera bien mais j'espere que le pot de terre vaincra

    Le 15/08/2012 à 12h07
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