En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Une carrière ruinée en dix heures après un tweet raciste

Edité par
le 22 décembre 2013 à 09h43 , mis à jour le 23 décembre 2013 à 08h04.
Temps de lecture
4min
justine sacco

Le tweet de Justine Sacco qui, en quelques heures, a enflammé la Toile. / Crédits : Capture écran NYTIMES

A lire aussi
AmériquesUne Américaine a posté un message raciste sur twitter avant de prendre l'avion vendredi. A son arrivée, dix heures après, un site internet s'était créé contre elle, son passé numérique était mis au jour et son entreprise l'avait licenciée. L'intéressée s'est excusée.

Un court message de 140 caractères peut briser une carrière en quelques heures. Une Américaine en a fait l'expérience vendredi. Directrice de la communication du groupe IAC (maison mère de match.com, The Daily Beast ou Meetic) basé à New-York, Justine Sacco a posté un tweet raciste depuis l'aéroport de Londres avant de prendre son avion pour le Cap en Afrique du Sud.  Le système de géolocalisation du tweet permet même de savoir que le message a été envoyé à proximité du Terminal 5 d'Heathrow.

"Je pars pour l'Afrique. J'espère que je n'attraperai pas le sida. Mais non, je blague. Je suis blanche."

Une traque numérique en quelques heures, un cas d'école

Le message est envoyé à un peu plus de 500 followers avant que l'intéressée ne coupe les communications pour les dix heures du vol. Dix heures pendant lesquelles le réseau social s'est déchainé. Une tempête qui pourrait devenir un cas d'école pour toutes les entreprises dont les employés tweetent "en leur nom".

Pourquoi un tel emballement ? Son message, lu par ses seuls abonnés  a ensuite été  transmis à un employé du site Buzzfeed.com, qui lui a assuré une diffusion  beaucoup plus large, racontent les médias américains.

Tous les anciens messages de Justine Sacco ont été auscultés dont un tweet de février 2012 repéré, là aussi, par buzzfeed sous le terme "les messages que Justine Sacco va regretter" (voir le site) : "J'ai fait un rêve sexuel la nuit dernière avec un enfant autiste. Vie de merde."

L'Américaine est toujours en vol mais elle est déjà l'effigie d'une page facebook créée en l'honneur du "plus gros échec de l'année sur un réseau social".  (voir la page). 

Une e-réputation  anéantie

Des internautes annoncent déjà son licenciement probable.

 

 

Licenciement qui n'a pas tardé. Alerté par le "mauvais buzz", son employeur IAC (InteraActiveCorp) s'est d'abord désolidarisé du message.   "Il n'y a aucune excuse à cette déclaration de haine et nous la condamnons", a ainsi expliqué IAC dans un communiqué repéré par le NYTimes. (voir l'article). 

A son arrivée en Afrique du Sud, la jeune femme avait effacé (ou fait effacer) le message. Une photo de son arrivée à Cap Town fut même postée par un passager, épilogue d'une traque numérique organisée avec le mot clé "Justine a-t-elle atterri". Un site internet justinesacco.com (voir le site) consacré aux associations caritatives qui luttent contre le sida est toujours en ligne.

Justine, elle, a perdu son job. Sa "e-réputation" est un champ de ruines. Et ses excuses présentées dimanche ne devraient pas y changer grand chose.

"Je suis honteuse"

"Les mots ne peuvent pas dire à quel point je suis désolée et combien il est nécessaire que je présente mes excuses aux Sud-Africains", a-t-elle notamment déclaré sur ABC News, rappelant qu'elle était elle-même née en Afrique du Sud. "Il  y a une grave crise liée au sida dans ce pays (...) et malheureusement, il est  très facile de parler de façon cavalière d'une épidémie à laquelle on n'a jamais été confronté directement", a-t-elle concédé.


"Pour avoir évoqué cette crise qui ne fait aucune différence de race, de sexe ou d'orientation sexuelle  et les millions de personnes qui vivent avec le virus de manière insensible, je suis honteuse", a conclu Mme Sacco. Son compte twitter mais aussi Facebook ont été fermés.

 

Commenter cet article

  • prinsens09 : Tout à fait d'accord, et même si on veut donner son opinion pour un vote quelconque il faut absolument être sur tweeter ou Facebook, c'est lamentable

    Le 27/12/2013 à 12h43
  • pascalcaen : Euh, quand tu lis son tweet, tu lis une opinion? On n'a pas tellement la même notion du débat d'idées...

    Le 23/12/2013 à 14h04
  • pascalcaen : Merci. Ras le bol de ceux qui justifient de façon permanente la racisme et la bêtise. Chacun est responsable de ses propos et de leurs conséquences, d'autant plus quand on est "Directrice de communication", c'est à se poser le problème-même de sa compétence.

    Le 23/12/2013 à 12h25
  • postagualen : Je suis surpris que certains fassent le procès de tweeter ou de facebook. On parle d'une personne qui a tenue des propos racistes et cela ne semble même pas vous gêner. Peut être que cette expérience va faire peur à ceux qui se croient protéger derrière leur écran quand il font l'apologie du racisme, de la violence ou de n'importe quel extrémisme.

    Le 23/12/2013 à 11h53
  • andre-victor : Si cela pouvait faire comprendre à tous les naïfs les risques qu'ils courent en s'affichant sur Facebook et Tweeter juste pour faire les malins....

    Le 23/12/2013 à 09h02
      Nous suivre :
      Un incendie dans le métro de Londres

      Un incendie dans le métro de Londres

      logAudience