Violences nocturnes à Port-au-Prince après l'annonce du résultat du 1er tour de la présidentielle © TF1 NewsLe quartier général d'Inité, le parti au pouvoir en Haïti, a été incendié mercredi matin à Port-au-Prince, au lendemain de l'annonce des résultats préliminaires de la présidentielle. Le candidat du parti du président René Préval, Jude Célestin, est arrivé
Un chanteur populaire à la tête d'Haïti
Michel Martelly a remporté lundi les élections présidentielle en Haïti. Mais ces résultats sont préliminaires, c'est-à-dire que son opposante peut encore poser un recours devant les autorités électorales.
Publié le 05/04/2011
deuxième au premier tour de la présidentielle du 28 novembre, derrière l'ex-Première Dame Mirlande Manigat, mais il ne devance que de quelque 6.000 voix le chanteur populaire Michel Martelly, dont les partisans manifestaient mercredi matin leur mécontentement. Des milliers de manifestants, jeunes pour la plupart, ont convergé vers le centre-ville de Port-au-Prince. Après avoir été empêchés d'approcher du palais présidentiel par des unités anti-émeutes de la police, ils se déplaçaient dans toute la ville, a constaté ce journaliste. Certains brandissaient des portraits de M. Martelly, frappant dans leurs mains et en chantant pour manifester leur mécontentement, d'autres, armés de bâtons, frappaient des objets au passage, comme des poubelles ou jetaient des pierres.
Mardi, la première réaction des Etats-Unis après la diffusion des résultats officiels du premier tour de la présidentielle haïtienne avait été sans équivoque - et sévère : l'ambassade américaine à Port-au-Prince a évoqué sa "préoccupation" devant des résultats "incohérents". Les estimations d'un groupe d'observateurs financé par l'UE donnaient Jude Célestin, le candidat du pouvoir, distancé par l'ex-Première Dame Mirlande Manigat et le chanteur Michel Martelly. Pourtant, c'est bien ce dernier qui est eclu du second tour. Réaction immédiate de ses partisans : dès mardi soir, ils sont descendus dans les rues de Port-au-Prince et ont érigé des barricades dans le quartier de Pétionville et dans un camp de sinistrés du séisme du 12 janvier, près du palais présidentiel. Des policiers en patrouille dans les rues de la capitale, pour la plupart plongées dans l'obscurité, les ont sommés de les démanteler, parfois sous la menace de leurs armes. Des coups de feu ont retenti dans plusieurs quartiers de la ville. Les radios haïtiennes ont rapporté d'autres manifestations dans plusieurs villes du pays.
Les troubles se multiplient
La communauté internationale espérait que ce scrutin présidentiel doublé d'élections législatives contribue à la stabilité d'un pays déshérité et sans Etat véritable après une série de catastrophes. L'île, ravagée par le séisme du 12 janvier qui a fait 250.000 morts et des centaines de milliers de sans-abri, connaît aujourd'hui une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 2000 victimes. Mais depuis le 28 novembre, les casques bleus de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) et les observateurs internationaux sont confrontés à des allégations répétées de "fraude massive" formulées par plus de la moitié des 18 candidats du premier tour. Les troubles se multiplient dans la rue et beaucoup craignent que l'insécurité ne s'aggrave.
Tout en faisant état de leur préoccupation, les Etats-Unis ont appelé la population au calme et offert d'examiner toute fraude éventuelle. La Mission conjointe de l'Organisation des Etats américains et des pays du Marché commun de la Caraïbe a exhorté les dirigeants des partis politiques haïtiens à appeler leurs partisans à garder leur calme.
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