Le général thaïlandais Sonthi Boonyaratglin, leader du putsch du 19 septembre 2006. © TF1/LCI"C'est un coup d'Etat à la Walt Disney". Pour l'Association des tour-opérateurs français, le putsch mené mardi par le général Sonthi Boonyaratglin contre le Premier ministre Thaksin Shinawatra ne présente aucun risque pour les 5 000 touristes hexagonaux présents en Thaïlande. Mercredi après-midi, la situation sur place lui donnait raison. "Tout est normal" confirmait Michel Calvet, un Français vivant à Bangkok, interrogé par téléphone sur LCI (cliquez ici écouter son témoignage). Le baht thaïlandais, dont la dégringolade avait déclenché la crise financière asiatique de 1997, résistait également aux spéculations.
Après avoir interdit les rassemblements de plus de cinq personnes, le général Boonyaratglin, musulman dans un pays à large majorité bouddhiste, a affirmé bénéficier de l'assentiment du roi pour conduire l'exécutif intérimaire. Soulignant que Bhumibol Adulyadej n'avait rien à voir avec le putsch, il a indiqué qu'une Constitution intérimaire sera préparée d'ici deux semaines. "Pendant ce temps, une nouvelle Assemblée nationale sera nommée, ainsi qu'un nouveau Premier ministre. Je démissionnerai en tant que Premier ministre intérimaire d'ici deux semaines et, maintenant, nous recherchons la personne qui deviendra le nouveau Premier ministre" a-t-il ajouté. Selon le chef de l'armée, les "candidats potentiels" sont "politiquement neutres et aiment la démocratie avec le roi comme chef d'Etat".
"Je suis au chômage"
De son côté, Thaksin Shinawatra, qui a quitté New York , où il se trouvait pour l'Assemblée générale de l'Onu, s'est dit "au chômage". Il a été autorisé à revenir en Thaïlande où il pourrait alors faire l'objet de d'éventuelles poursuites criminelles après le dépôt de plusieurs plaintes le visant, notamment pour corruption.
Pour les observateurs, ce putsch -le premier depuis 1991- était prévisible. Depuis huit mois, une grave crise politique secouait le régime à la suite du scandale impliquant des proches de Thaksin Shinawatra, au pouvoir depuis 2001. En avril dernier, les élections législatives avaient été boycottées par l'opposition et jugées "non démocratiques" par le roi. Après leur invalidation, un nouveau scrutin était envisagé le 15 octobre.
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