Parade militaire à Pyongyang (Corée du Nord) © TF1/LCIDepuis l'annonce par la Corée du Nord de son premier essai nucléaire, les experts internationaux sont sur les dents. Il s'agit d'estimer la puissance de l'explosion, sa nature... pendant que la tension reste vive dans la région : dans la nuit de mardi à mercredi, des informations de la presse nippone, finalement démenties, ont relancé les craintes d'un nouvel essai. La télévision publique japonaise NHK, citant des "sources gouvernementales" anonymes, a fait état d'une secousse tellurique. Mais celle-ci était d'origine naturelle et l'hypothèse d'une nouvelle explosion en Corée du Nord a suscité des démentis en cascade de la Corée du Sud, des Etats-Unis et des autorités japonaises.
Reste que la secousse enregistrée lors de l'annonce triomphale par Pyongyang de son premier essai nucléaire a bien été provoquée par une explosion. Mais quel type d'explosion ? Pour l'heure, seule la Russie a entériné l'annonce nord-coréenne, affirmant que Pyongyang était devenue "de facto la neuvième puissance nucléaire" mondiale. Les experts français envisagent l'hypothèse d'une explosion d'origine chimique ou même d'un test nucléaire avorté, du fait de la faiblesse de la déflagration. Les Etats-Unis, qui évoquaient un délai de deux jours pour vérifier l'origine de l'explosion, l'ont rallongé à deux semaines et craignent de ne jamais avoir de certitude à ce sujet. "Il existe une faible possibilité que nous ne puissions jamais savoir", a reconnu mardi la Maison Blanche. Le Japon a envoyé des avions collecter des échantillons de poussières dans l'atmosphère de la Corée du Nord et n'a détecté aucun niveau de radiation anormal.
La Chine soutiendra des mesures "punitives"
Pourtant, les rumeurs de préparatifs d'un nouvel essai persistent depuis plusieurs jours et pèsent sur les débats en cours à New York au sein du Conseil de sécurité de l'Onu sur la possibilité de sanctions. Après de nouvelles discussions mardi, le Conseil n'est pas arrivé à concilier d'une part les points de vue américains et japonais, qui soutiennent des sanctions sévères, et chinois d'autre part, partisan de plus de retenue. Fait notoire, Pékin, fidèle allié du régime communiste nord-coréen qui détient la clé d'une réponse de l'Onu, s'est cependant déclaré disposé mardi à soutenir des mesures "punitives" contre son allié, à condition qu'elles soient "appropriées".
L'ambassadeur chinois à l'Onu s'est dit favorable à l'invocation de "certains éléments" du Chapitre VII de la Charte de l'ONU dans la résolution actuellement en discussion entre le Japon et les cinq "Grands" du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie). Les résolutions sous Chapitre VII donnent au Conseil de sécurité de larges pouvoirs d'action, y compris militaires, pour traiter les "menaces pour la paix, les infractions à la paix, ou les actes d'agression". Mais parmi ses articles, certains comme le 41, prévoient seulement "des mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée". Maniant toujours la provocation, la Corée du Nord a fait savoir qu'elle considérerait des sanctions d'envergure comme une "déclaration de guerre".
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