Le leader nord-coréen Kim Jong-Il © TF1/LCILes Etats-Unis réclament des sanctions immédiates. Le Conseil de sécurité de l'Onu, réuni en session extraordinaire, a condamné fermement le premier essai nucléaire nord-coréen. Face au tollé international, le régime de Pyongyang s'est dit prêt mardi à reprendre les discussions multipartites sur l'abandon de son programme nucléaire... mais aussi, à poursuivre les essais. "Nous sommes toujours prêts à abandonner les programmes nucléaires et à reprendre les pourparlers à six. Nous pouvons le faire à n'importe quel moment, mais seulement si les Etats-Unis prennent des mesures correspondantes", a fait savoir un responsable nord-coréen cité par l'agence Yonhap - agence sud-coréenne.
Alors que la Corée du Nord brandit ainsi menace et offre de négociation, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et le Japon se réunissent ce mardi matin pour continuer à discuter de la réponse du Conseil au premier essai nucléaire. Un projet de résolution, mis en circulation par les Etats-Unis, "condamne le test nucléaire", "exige le retour immédiat et sans conditions préalables de la Corée du Nord aux pourparlers à six" et son "retour au sein du Traité de non prolifération nucléaire (TNP) et aux garanties de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)". Il exige également "l'abandon par Pyongyang de son programme d'armement nucléaire et de ses programmes nucléaires".
"Personne ne soutient la Corée du Nord"
En termes de sanctions, ce document prévoit l'imposition à la Corée du Nord d'un embargo sur "les armes et matériels connexes", "les matériels liés à la technologie nucléaire ou à celle des missiles", ainsi que sur "les marchandises de luxe". L'embargo couvre également "la formation technique" liée à la production des biens susnommés, ainsi que "les transactions financières qui soutiennent les activités liées aux missiles, ou liées à des activités illégales telles que la contrefaçon, le blanchiment d'argent, le trafic de drogue". Le texte prévoit également "le gel des avoirs ou ressources financiers à l'étranger liés à ces activités", ainsi que "l'inspection internationale de toute cargaison à destination ou en provenance de Corée du Nord afin d'assurer l'application des mesures ci-dessus".
Le projet de résolution comporte en annexe des propositions déposées par le Japon et qui sont plus fermes. Le Japon propose ainsi d'interdire totalement aux navires nord-coréens l'accès aux ports des autres pays et aux avions nord-coréens l'accès à leurs aéroports. Tokyo propose également un embargo sur tous les biens en provenance de Corée du Nord et l'imposition d'une interdiction de voyager aux hauts dignitaires du gouvernement de ce pays.
Les sanctions contre la Corée du Nord devront faire "vraiment mal", a estimé lundi le secrétaire d'Etat adjoint américain, Christopher Hill, négociateur dans le dossier nucléaire nord-coréen. "Nous n'allons pas accepter que la Corée du Nord, dont la population meurt de faim, rejoigne le club nucléaire. Nous allons travailler très dur pour faire en sorte que la Corée du Nord comprenne ce qu'il en coûte", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas un problème américain. Nous devons travailler avec nos partenaires et nos alliés", a-t-il précisé, ajoutant que la Chine, "pays clé", était "visiblement en colère", et que les discussions à New York avaient déjà révélé une chose : "personne ne soutient la Corée du Nord".
D'après agence
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