Technicien nucléaire nord-coréen © TF1/LCIMalgré les mises en garde internationales, la Corée du Nord a annoncé lundi avoir procédé à un essai nucléaire souterrain inédit, couronné de succès et sans émission radioactive, louant "un événement historique". Un test aussitôt confirmé par les services de renseignement sud-coréens, qui ont enregistré une secousse sismique de magnitude 3,6 sur l'échelle ouverte de Richter : "Nous avons observé un bruit d'explosif provenant du site de Hwadaeri, près de Kilju, dans la province septentrionale de Hamgyong à 10h36" (soit 3h36, heure française), a indiqué le ministère sud-coréen de la Défense.
"La particularité de ces ondes sismiques indiquent qu'il s'agissait d'une explosion artificielle, et non d'un tremblement de terre", a renchéri le chef du principal Centre de recherche sismique de Corée du Sud. L'Institut national de géophysique américain a pour sa part relevé une secousse d'une magnitude de 4,2. Selon les renseignements sud-coréens, le test a vraisemblablement été effectué dans un tunnel horizontal creusé au coeur d'une colline de 360 mètres de haut. Autre annonce guère plus rassurante des services de Séoul : le voisin du Nord serait peut-être déjà en train de préparer un nouvel essai nucléaire dans une région accidentée où une "activité inhabituelle" a été signalée.
"Un essai impardonnable"
La Corée du Sud, dénonçant "une sérieuse menace pour la paix", a averti qu'elle n'accepterait pas une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire et annoncé la suspension de son aide humanitaire à son voisin. L'armée sud-coréenne a relevé le niveau d'alerte à la frontière avec le Nord. Le gouvernement japonais a constitué quant à lui une cellule de crise spéciale. Les membres du gouvernement japonais se sont retrouvés pour une réunion d'urgence au bureau du Premier ministre Shinzo Abe alors même que ce dernier effectue une importante visite officielle en Corée du Sud, où il devait entamer à Séoul un sommet historique de réconciliation. Le Japon a qualifié cet essai nucléaire "d'impardonnable". Il avait déjà fait savoir qu'il était favorable au recours au chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui prévoit notamment l'usage de la force, en cas de test nucléaire nord-coréen.
Le Conseil de sécurité de l'Onu doit pour sa part se réunir dans la journée en session extraordinaire. La Russie a demandé à la Corée du Nord de revenir "sans tarder" au Traité de non prolifération nucléaire et de reprendre les "pourparlers à six". Même la Chine a officiellement condamné l'essai. Condamnation également de la part des voisins ennemis indien et pakistanais, eux-mêmes puissances nucléaires.
La Maison Blanche a dénoncé cette "provocation" et réclamé une action "immédiate" de l'Onu. Les Etats-Unis avaient déjà étudié dernièrement les possibilités d'une frappe aérienne : ils disposent de 28.000 hommes en Corée du Sud et de porte-avions dans le Pacifique. Mais une telle option est jugée très risquée par le Pentagone. L'Australie compte également demander des sanctions. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, a dénoncé un "acte d'une très grande gravité pour la sécurité internationale" et appelé "la communauté internationale à réagir". Autre conséquence : la nouvelle de l'essai a fait plonger les principales Bourses d'Asie.
D'après agence
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