La démonstration de force nord-coréenne

le 09 octobre 2006 à 06h51 , mis à jour le 09 octobre 2006 à 15h19

Le régime de Pyongyang a annoncé avoir procédé à son premier essai nucléaire souterrain. Selon les renseignements sud-coréens, il pourrait en préparer un second.

TF1/LCI : Technicien nucléaire nord-coréenTechnicien nucléaire nord-coréen © TF1/LCI

Malgré les mises en garde internationales, la Corée du Nord a annoncé lundi avoir procédé à un essai nucléaire souterrain inédit, couronné de succès et sans émission radioactive, louant "un événement historique". Un test aussitôt confirmé par les services de renseignement sud-coréens, qui ont enregistré une secousse sismique de magnitude 3,6 sur l'échelle ouverte de Richter : "Nous avons observé un bruit d'explosif provenant du site de Hwadaeri, près de Kilju, dans la province septentrionale de Hamgyong à 10h36" (soit 3h36, heure française), a indiqué le ministère sud-coréen de la Défense.

"La particularité de ces ondes sismiques indiquent qu'il s'agissait d'une explosion artificielle, et non d'un tremblement de terre", a renchéri le chef du principal Centre de recherche sismique de Corée du Sud. L'Institut national de géophysique américain a pour sa part relevé une secousse d'une magnitude de 4,2. Selon les renseignements sud-coréens, le test a vraisemblablement été effectué dans un tunnel horizontal creusé au coeur d'une colline de 360 mètres de haut. Autre annonce guère plus rassurante des services de Séoul : le voisin du Nord serait peut-être déjà en train de préparer un nouvel essai nucléaire dans une région accidentée où une "activité inhabituelle" a été signalée.

"Un essai impardonnable"

La Corée du Sud, dénonçant "une sérieuse menace pour la paix", a averti qu'elle n'accepterait pas une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire et annoncé la suspension de son aide humanitaire à son voisin. L'armée sud-coréenne a relevé le niveau d'alerte à la frontière avec le Nord. Le gouvernement japonais a constitué quant à lui une cellule de crise spéciale. Les membres du gouvernement japonais se sont retrouvés pour une réunion d'urgence au bureau du Premier ministre Shinzo Abe alors même que ce dernier effectue une importante visite officielle en Corée du Sud, où il devait entamer à Séoul un sommet historique de réconciliation. Le Japon a qualifié cet essai nucléaire "d'impardonnable". Il avait déjà fait savoir qu'il était favorable au recours au chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui prévoit notamment l'usage de la force, en cas de test nucléaire nord-coréen.

Le Conseil de sécurité de l'Onu doit pour sa part se réunir dans la journée en session extraordinaire. La Russie a demandé à la Corée du Nord de revenir "sans tarder" au Traité de non prolifération nucléaire et de reprendre les "pourparlers à six". Même la Chine a officiellement condamné l'essai. Condamnation également de la part des voisins ennemis indien et pakistanais, eux-mêmes puissances nucléaires.

La Maison Blanche a dénoncé cette "provocation" et réclamé une action "immédiate" de l'Onu. Les Etats-Unis avaient déjà étudié dernièrement les possibilités d'une frappe aérienne : ils disposent de 28.000 hommes en Corée du Sud et de porte-avions dans le Pacifique. Mais une telle option est jugée très risquée par le Pentagone. L'Australie compte également demander des sanctions. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, a dénoncé un "acte d'une très grande gravité pour la sécurité internationale" et appelé "la communauté internationale à réagir". Autre conséquence : la nouvelle de l'essai a fait plonger les principales Bourses d'Asie.

D'après agence

le 09 octobre 2006 à 06:51
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7 Commentaires

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  • Jean, le 09/10/2006 à 08h45

    Je trouverais cela plus inquiétant si la corée du nord se mettait à faire des armes biologiques. Or rien n'est jamais dit la dessus. De plus la technologie pour y parvenir semble à la portée du premier état venu...

  • Hadry, le 09/10/2006 à 08h42

    Et après ?! quelle que soit l'option il y aura des morts !

  • Jim, le 09/10/2006 à 08h33

    Je suis curieux de voir la réaction des USA. Car attaquer un pays comme l'Irak, qui subissait un embargo depuis 10 ans et qui était en sous-développement avancé, ce n'est pas la même chose que "punir" un pays qui possède l'arme atomique. Au fait, rappelons que pour attaquer l'Irak, l'argument était qu'ils cherchaient à obtenir l'arme atomique. Eh, Monsieur Bush, les nord-coréens l'ont, eux. Et on en a la preuve cette fois-ci !!!

  • JCP, le 09/10/2006 à 08h27

    A force de protester, les pays occidentaux ou dits "libres" vont avoir une extinction de voix! A quoi sert l'ONU ? à engraisser des ventripotents ? Plus personne ne respecte cette pseudo organisation. Cela fait des mois qu'ils protestent ou se réunissent pour "le liban", "l'iran", le darfour, le pakistant, la corée du nord, et j'en passe... Cela a t il changé quelque chose ??? Qui répond ?

  • Patrick, le 09/10/2006 à 07h54

    Bonjour il n'y a pas de reele volonte internationale de prendre des sanctions contre la coree du nordc'est comme contre l'iran on les menaces de bloqus et ils en rigolent ils ont raison le reste du monde est lache et l'onu en particulier

  • Bidou, le 09/10/2006 à 07h44

    Quand on a lancé deux bombes atomiques sur des populations civiles, il n'est pas facile de condamner ceux qui font des essais souterrains.

  • Pierre, le 09/10/2006 à 07h32

    Coree du Nord et France, les 2 musees du communisme

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