Le journal allemand Bild a publié des photos de soldats jouant avec des cadavres en Afghanistan, le 25 octobre 2006 © TF1/LCI/DRPremières sanctions dans ce scandale qui secoue violemment l'Allemagne. Deux soldats de la Bundeswehr ont été suspendus après la publication de photos dans la presse les montrant posant avec des crânes en Afghanistan, a annoncé vendredi le ministre de la Défense, Franz Josef Jung. Le ministre a précisé qu'il allait faire en sorte "le plus rapidement possible" que tous les soldats impliqués dans cette affaire soient exclus de l'armée.
Les deux soldats appartiennent à un groupe de six militaires qui ont posé en 2003 près de Kaboul pour des photos les montrant avec un crâne humain. Publiées mercredi par le quotidien populaire Bild, les clichés ont suscité une vive indignation dans le pays, la chancelière Angela Merkel jugeant ces photos "choquantes et affreuses".
Bild publie également pour la première fois vendredi un témoignage d'un des soldats. "J'aurais préféré ne pas être là", affirme, anonymement, le militaire. Selon le témoignage du soldat, le crâne provient "d'une gravière située en dehors de Kaboul" et non d'un cimetière. "C'est là que les Afghans prenaient la glaise qu'ils utilisaient pour faire leurs briques. C'est de là que sortent tous ces os. Ce n'était ni un cimetière, ni un lieu de culte", a-t-il ajouté. Interrogé sur les raisons de cette profanation, le soldat explique que la situation était "très tendue, nous étions nerveux, il y avait eu de nombreux attentats et accidents" en Afghanistan.
Clichés inédits
Après la première série de clichés, la chaîne de télévision RTL en a diffusé jeudi de nouveaux, pris cette fois-ci en mars 2004, selon la chaîne, et montrant un soldat, visage flouté, qui fait mine d'embrasser un crâne humain. Un autre pose avec un crâne trônant sur le capot d'un véhicule militaire. Une troisième photographie montre une petite pyramide constituée de crânes.
L"affaire pourrait prendre une tournure encore plus scandaleuse, Bild affirmant vendredi disposer de dizaines d'autres clichés montrant des soldats posant avec des restes humains. Selon un communiqué du journal, il va publier samedi des photos montrant un soldat pointant un pistolet sur la tempe d'un squelette humain reconstitué.
Deux enquêtes ont promptement ouvertes : l'une militaire, au ministère de la Défense, l'autre judiciaire, pour "trouble de la paix des morts". Au pénal, les suspects encourent une peine allant jusqu'à trois ans de prison ferme.
D'après agence
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