Une vue sur la chaîne de l'Himalaya © F. Aubert"Compte tenu de la situation sur place, on ne peut rien faire d'autre pour l'heure, la situation est telle qu'il faut attendre le printemps", a déclaré, mercredi matin, le porte-parole du ministère de la Défense Jean-François Bureau. Les recherches entreprises pour retrouver quatre alpinistes français disparus au Népal sont "pour le moment abandonnées". "Une avalanche de grande ampleur, probablement déclenchée par une chute de sérac ou de corniche, ôte tout espoir de retrouver rapidement les alpinistes français à cette période de l'année et à cette altitude", a-t-il indiqué.
Six instructeurs de l'école militaire de haute montagne (EMHM) de Chamonix avaient été dépêchés lundi à Katmandou. Ils regagneront la France "dans les deux jours prochains" avec deux himalayistes français qui avaient participé aux premières recherches et les proches des alpinistes disparus qui le souhaiteront, a indiqué le ministère. L'avion militaire qui avait acheminé les instructeurs de l'EMHM sera mis à leur disposition.
Les familles veulent payer le coût des secours
Le ministère précise que ce retour a été décidé "en concertation avec les membres des familles sur place" et l'ambassadeur de France.Toujours selon le ministère, "les équipes de recherches déjà engagées pour retrouver les alpinistes français et qui avaient identifié leur dernier bivouac, rejoindront Katmandou mardi". "Les conditions de recherches sont devenues particulièrement dangereuses en raison des dangers objectifs de la montagne et des conditions nivologiques", (NDLR: conditions d'enneigement) ajoute-t-il.
Les familles se disent "très touchées" mais "pas déçues" par cette décision du ministère de la Défense d'arrêter les recherches car "tout le monde a fait ce qu'il a pu". "C'est dur, tout le monde s'est démené, on est épuisés, très touchés, même si on savait qu'il n'y avait que très peu de chances" de les retrouver vivants, a affirmé mercredi Nicolas Gros, beau-frère de l'un des disparus. "Peut-être aurait-il fallu chercher du côté chinois un peu plus tôt ? Mais personne, même les compagnes des alpinistes, n'était au courant qu'ils avaient changé d'itinéraire en cours de route. C'est déjà extraordinaire qu'on ait localisé la zone où ils ont disparu", a-t-il souligné, indiquant que "de nombreux témoignages de soutien et beaucoup de dons" avaient été reçus. "Une réflexion est en cours pour que chaque famille prenne en charge la part financière des secours qui leur revient. Nous ne voulons pas que l'Etat fasse ses comptes et se refuse à engager d'autres opérations de secours en raison du coût de celle-ci", a expliqué M. Gros.
Aucune info côté chinois
De son côté, l'Association d'alpinisme du Tibet, indique mercredi, ne disposer d'aucune information sur les quatres alpinistes grenoblois, qui auraient trouvé la mort dans une avalanche après être passés illégalement dans la région chinoise. L'ambassade de France en Chine a également indiqué ne pas avoir d'informations sur ces disparitions. Une source de la communauté étrangère des alpinistes à Katmandou a indiqué mardi que les quatre alpinistes français disparus au Népal étaient sûrement morts, tués par une avalanche après être passés illégalement au Tibet pour tenter d'escalader le Ganesh Himal 7, une partie d'un massif de plus de 7.000 m d'altitude, juste à la frontière entre le Népal et la Chine.
Jean-Baptiste Moreau, Raphaël Perrissin, Vincent Villedieu et Stefan Cieslar, alpinistes chevronnés âgés de 28 à 36 ans, étaient partis le 12 octobre pour tenter l'ascension du mont Paldor (5.896 m d'altitude), à 70 km au nord de Katmandou. Originaires de Grenoble, ils ont été vus vivants par des villageois pour la dernière fois le 13 octobre.
(D'après agence)
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