Le journaliste italien a-t-il été libéré ?

le 18 mars 2007 à 11h07 , mis à jour le 18 mars 2007 à 11h46

Les talibans affirment avoir placé sous la garde de chefs de tribus Daniele Mastrogiacomo, reporter de La Repubblica, enlevé il y a deux semaines.

TF1/LCI : Daniele Mastrogiacomo, reporter de La Repubblica, enlevé en Afghanistan - image extraite d'une vidéo tournée par ses ravisseurs (mars 2007)Daniele Mastrogiacomo, reporter de La Repubblica, enlevé en Afghanistan - image extraite d'une vidéo tournée par ses ravisseurs (mars 2007) © TF1/LCI

La nouvelle a été annoncée dimanche matin en premier lieu par les talibans eux-mêmes, puis relayée par le quotidien italien La Repubblica, pour lequel travaillait le journaliste : Daniele Mastrogiacomo, enlevé en Afghanistan il y a deux semaines, avait été libéré. Mais après une première annonce très optimiste, le ministère italien des Affaires étrangères refusait de confirmer, temporisant : "Nous le considérerons comme libre lorsqu'il sera en sécurité entre des mains italiennes". Quant au rédacteur en chef adjoint de La Repubblica, en fin de matinée, il devait plus ou moins démentir la première annonce d'une libération...

Explication : les talibans auraient en fait  annoncé qu'ils avaient placé le journaliste italien sous la garde de chefs de tribus en attendant sa libération... si leurs revendications étaient respectées. C'est en tout cas ce qu'a expliqué dimanche peu avant la mi-journée un porte-parole des talibans.

Nouvelles contradictoires

Les talibans assurent avoir enlevé le reporter de 52 ans et ses deux guides afghans dans la province d'Helmand, où sont déployés des soldats britanniques de l'Otan. L'accusant d'espionner pour les Britanniques, ils exigent, sous peine de mort pour le journaliste, la libération de deux de leurs porte-parole détenus en Afghanistan et l'annonce par Rome d'un calendrier de retrait de ses 2000 soldats déployés dans la région de Kaboul et dans l'ouest du pays. Ce que le chef du gouvernement italien Romano Prodi avait écarté dès dimanche dernier.

Or ce dimanche, les talibans ont clairement laissé entendre qu'une partie au moins de leurs revendications avait été satisfaite. "Nous avons remis le journaliste italien et son interprète afghan à des chefs de tribus après la libération de Latif Hakimi et Ustan Yasar", les deux responsables talibans dont ils réclamaient la libération, a ainsi affirmé un porte-parole des talibans. Tout en ajoutant aussitôt que si un troisième, Mohammad Hanif, également détenu en Afghanistan, "n'est pas relâché aussi, nous allons les reprendre". Mais dimanche à la mi-journée, l'ambassade d'Italie à Kaboul n'avait pas confirmé la remise du journaliste à des chefs de tribus. Quant au ministère de l'Intérieur afghan, il affirmait n'avoir pas non plus d'information sur la libération de ces deux responsables talibans.

Dans une vidéo datée d'il y a une semaine et obtenue mercredi dernier par les médias italiens via l'ONG italienne Emergency, Daniele Mastrogiacomo affirmait qu'il était en bonne santé et demandait à Romano Prodi d'agir pour qu'il puisse obtenir sa libération. Présente dans le sud de l'Afghanistan, cette ONG avait déjà servi d'intermédiaire avec les ravisseurs du photographe italien Gabriele Torsello qui avait été retenu en otage pendant trois semaines dans la province d'Helmand. Vendredi, les talibans avaient annoncé repousser jusqu'à lundi soir l'échéance de l'ultimatum sur le sort du reporter de La Repubblica

D'après agences

le 18 mars 2007 à 11:07
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