Les deux otages français en Afghanistan, enlevés début avril 2007 © TF1-LCIAlors qu'expirait l'ultimatum lancé il y a une semaine, la situation s'est en partie débloquée. L'un des porte-parole des talibans a affirmé samedi matin à 9h françaises que Céline, l'un des deux otages français retenus depuis plus de trois semaines en Afghanistan, avait été relâchée à Kandahar, dans le sud du pays, pour des motifs humanitaires. Une libération confirmée à midi par le quai d'Orsay qui a affirmé qu'elle était "le résultat des efforts menés depuis plus de trois semaines. Ils doivent se poursuivre avec la même détermination et la même discrétion jusqu'à la libération des autres otages".
Car un autre porte-parole des fondamentalistes a affirmé qu'ils donnaient en revanche un délai supplémentaire d'une semaine à la France pour négocier la libération de son deuxième otage, Eric, employé comme Céline de la petite ONG Terre d'Enfance, menacé d'être exécuté. Trois accompagnateurs afghans ont été enlevés le 3 avril avec Céline et Eric -on ne connaît que leurs prénoms- dans une zone reculée du sud-ouest de l'Afghanistan. Jacques Chirac s'est "réjoui" de la libération de l'ex-otage française, appelant à "redoubler d'efforts" pour obtenir la libération "des autres otages".
"Un espoir pour les quatre autres personnes"
"Céline est extrêmement éprouvée après 24 jours de détention. Elle est extrêmement affaiblie", a affirmé le président de l'ONG, Antoine Vuillaume peu apèrs la confirmation de libération de l'otage. "Evidemment, c'est un premier élément d'espoir. En tout cas c'est une première satisfaction, un grand soulagement, et un espoir pour les quatre autres personnes", a-t-il conclu. Elle est arrivée samedi en fin d'après-midi à Kaboul, ont annoncé des responsables. L'ambassade de France n'a pas confirmé cette information.
Les talibans exigent le retrait de l'armée française du pays ainsi que la libération de prisonniers talibans détenus par Kaboul. Le quai d'Orsay avait cherché vendredi à apaiser les tensions rappelant que la France n'a pas pour objectif de rester en Afghanistan. Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy avait ajouté que la France faisait "tout" pour que les deux Français soient libérés "rapidement". Un porte-parole des rebelles afghans avait indiqué vendredi que les cinq otages se trouvaient "en bonne santé" et qu'il n'y avait "aucun contact direct de négociations", ni rien de modifié pour leurs exigences.
1000 soldats français
Le ministère français des Affaires étrangères a dépêché la semaine dernière à Kaboul un diplomate de haut rang, le secrétaire général du Quai d'Orsay Philippe Faure, qui a été reçu par le président Karzai. Mais après avoir été sévèrement critiqué pour la libération mi-mars du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo en échange de cinq prisonniers talibans, le président Karzai a souligné qu'un tel échange ne se répéterait plus "avec personne, ni aucun autre pays".
Nicolas Sarkozy avait estimé jeudi que "la présence à long terme des troupes françaises" en Afghanistan ne lui semblait "pas décisive". La France dispose d'environ d'un millier de militaires déployés à Kaboul dans le cadre de la force de l'Otan en Afghanistan. Par ailleurs, au moins 13 talibans ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi au cours de l'attaque d'un siège administratif dans l'est de l'Afghanistan où l'aviation de l'Otan est intervenue, a indiqué un responsable provincial.
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