Violents heurts entre la police et les manifestants à Istanbul le 1er mai © TF1/LCICette nouvelle calmera-t-elle les tensions ? La Cour constitutionnelle turque a annulé mardi le premier tour de l'élection présidentielle qui a provoqué une crise entre l'armée et le gouvernement, accusé de remettre en cause la laïcité du pays, a annoncé mercredi son vice-président. La Cour avait été saisie par le principal mouvement laïc d'opposition qui faisait valoir que le quorum n'était pas atteint lors du vote de vendredi : sur 361 députés, 357 ont voté pour l'unique candidat, le très contesté ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül, désigné par le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mardi qu'il demanderait au parlement de fixer aux 24 juin et 1er juillet des élections législatives anticipées, après l'annulation par la Cour constitutionnelle de Turquie du premier tour de l'élection présidentielle. Abdullah Gül, sur la chaîne de télévision publique TRT, a lui aussi appelé à la tenue de législatives "le plus rapidement possible", au cas où le Parlement ne parviendrait pas à l'élire lors d'un éventuel nouveau premier tour de scrutin. L'AKP au pouvoir proposera au Parlement de tenir jeudi un nouveau premier tour de l'élection présidentielle, selon des chaînes de télévision. Le parti du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et du ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül demandera également que le second tour soit organisé le 7 mai, le troisième le 11 mai et le quatrième le 15 mai, selon les chaînes CNN-Turk et NTV.
"Côte à côte contre le fascisme"
Au moins 100 manifestants ont été interpellés par les forces de l'ordre aux abords de la place centrale de Taksim, l'esplanade la plus fréquentée de la rive européenne de la cité, interdite par les autorités aux célébrations, a annoncé le gouverneur de la première ville du pays, Muammer Güler. Par ailleurs, au moins une personne a été sérieusement blessée dans les heurts opposant la police aux manifestants de gauche, a indiqué le syndicat des ouvriers DISK, qui précise, dans un communiqué, que six dirigeants syndicaux, dont leur secrétaire général, font partie des personnes arrêtées.
La police anti-émeutes armée de bâtons, de canons à eau et de gaz lacrymogène, a violemment dispersé plusieurs groupes de manifestants qui voulaient de gagner la place Taksim par des rues adjacentes, aux cris "Nous ne céderons pas aux pressions", "côte à côte contre le fascisme" ou encore "Vive le 1er mai". Selon les médias locaux, la police aurait même tiré en l'air.
Et à Okmeydani, un quartier proche de Taksim, un millier de jeunes manifestants armés de bâtons et de pierres s'est attaqué à un barricade de la police. Les syndicaux insistaient pour manifester à Taksim pour commémorer de dramatiques événements survenus sur cette place, l'un des centres névralgiques d'Istanbul, il y a 30 ans. Le 1er mai 1977, des tireurs non identifiés -des groupuscules d'extrême droite ont été soupçonnés- avaient fait feu sur une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes venues célébrer la Fête du Travail, provoquant un mouvement de panique qui avait causé la mort de 34 (bien 34) d'entre elles.
(D'après agence)
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