Manifestation de partisans de la laïcité, dimanche à Istanbul (29 avril 2007) © TF1/LCIDans l'incapacité d'élire le nouveau président de la République en raison d'une crise entre le gouvernement et les milieux pro-laïcité, les députés turcs ont adopté lundi en première lecture une réforme de la Constitution prévoyant l'élection du président au suffrage universel. La session a débuté par des débats houleux entre membres du parti au pouvoir et ceux de la principale formation d'opposition, ces derniers estimant inopportun de modifier précipitamment les équilibres institutionnels alors que des élections législatives anticipées ont été convoquées pour le 22 juillet.
Fort du soutien d'un petit parti d'opposition, le Parti de la mère patrie (ANAP, centre-droit), le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a néanmoins adopté l'amendement par 356 voix favorables contre 69 défavorables et neuf votes blancs, nuls ou ne se prononçant pas.
2e lecture et accord de l'actuel président
Outre l'élection du président au suffrage universel à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois -au lieu d'un septennat unique actuellement-, le paquet de réformes prévoit la tenue d'élections générales tous les quatre ans au lieu de cinq. Le projet, voté en première lecture, devrait être réexaminé en deuxième lecture par le Parlement mercredi ou jeudi. En cas d'adoption définitive, il devra encore être présenté au président sortant Ahmet Necdet Sezer pour approbation. Le président a ensuite 15 jours pour promulguer ou mettre son veto à une loi nouvellement votée. La plupart des commentateurs s'attendent à voir Ahmet Sezer, un partisan affiché de la laïcité, mettre son veto à la réforme constitutionnelle.
Ces travaux parlementaires interviennent après un second échec consécutif du Parlement à élire le nouveau président, conduisant l'unique candidat, le chef de la diplomatie Abdullah Gül, à se retirer de la compétition. La perspective de voir un ancien islamiste accéder à la magistrature suprême avait déclenché d'intenses protestations des milieux pro laïcité, dont l'armée qui avait menacé dans un communiqué d'intervention en cas d'atteinte au régime séculier.
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