© INTERNELa sentence est tombée mardi. Arrêté en 2005 et après avoir écopé de la réclusion criminelle à perpétuité en 2006, un Français à été condamné à la peine de mort. La justice indonésienne accuse Serge Areski Atlaoui d'avoir travaillé pour une usine productrice d'ecstasy.
Tout remonte à 2005. L'homme spécialisé dans la construction métallique travaille alors à son compte aux Pays-Bas. Avec 1.600 euros par semaine, il accepte une offre attirante : créer une "fabrique d'acrylique" en Indonésie, pour une somme hebdomadaire, versée au noir, de 2.000 euros. "J'ai su par la suite que ce n'était qu'une couverture", reconnaît cet homme de 43 ans.
Cellule de 6m2
En septembre 2005, l'usine clandestine ouvre. Serge Areski Atlaoui doit y installer des "mixeurs, pompes et machines à distiller". Son employeur lui demande ensuite de s'occuper de la maintenance du matériel. "Je restais à mon appartement et quand une machine était cassée, ils me téléphonaient et je venais réparer. J'étais sans crainte car ils m'avaient dit qu'ils ne faisaient que des tests", se défend-il.
Quelques mois plus tard, le laboratoire est démantelé dans un raid de la police. Arrêté et écroué, le Français sait que l'Indonésie réprime sévèrement le trafic de stupéfiants. "Je me suis dis : je vais m'en tirer avec 15 ans (de prison)". Il se trompe. La justice du pays est condamnée à la réclusion à perpétuité. A Jakarta, il partage une cellule de 6 mètres carrés avec deux autres détenus, avant d'obtenir un espace plus grand. En janvier 2007, il se marie en prison avec sa compagne, alors qu'il attend l'ultime décision de la Cour Suprême d'Indonésie...
"Je ne suis pas chimiste"
L'artisan-soudeur français se trouve désormais dans le couloir de la mort. "Je suis révolté", a dit Serge Areski Atlaoui, incarcéré dans une prison de la banlieue de Jakarta. "Je ne peux pas l'accepter". Il affirme avoir été injustement châtié, vu qu'il avait été recruté pour des tâches subalternes de maintenance de machines servant à effectuer des "tests" de fabrication du MDMA, le composant de l'ecstasy.
"Je ne suis pas chimiste", a-t-il dit. Selon lui, la justice indonésienne a épargné les accusés indonésiens, condamnés à 20 ans de prison alors qu'ils auraient directement participé à la confection des stupéfiants. "Tous les étrangers se retrouvent avec la peine de mort. Les autorités indonésiennes veulent dire que les étrangers polluent leur pays", a-t-il affirmé. Serge Areski Atlaoui a été condamné à la peine capitale, en même temps qu'un Néerlandais et que cinq Chinois, par la Cour suprême de Jakarta. "Les jugent se servent de mensonges pour justifier la peine de mort", a enfin dénoncé le condamné.
Le seul espoir qui lui reste serait une grâce présidentielle. D'après Nancy Yuliana Sanjoto, l'avocate du condamné, le verdict de la Cour d'appel pourra être contesté uniquement si l'on découvre un nouvel élément de preuve.
Avec Agence
| La France réagit |
"La France est préoccupée par l'annonce de la condamnation à la peine capitale de notre compatriote Serge Atlaoui", a déclaré jeudi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes, Jean-Baptiste Mattéi. "M. Atlaoui bénéficie depuis son arrestation de la protection et de l'assistance consulaires françaises. En coordination avec nos partenaires européens et d'autres pays concernés, nous entendons engager toutes les démarches utiles auprès des autorités indonésiennes qui connaissent notre position sur la peine de mort". |
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