© AFP/Nicholas RobertsRarement l'attribution d'un titre de noblesse n'aura été aussi polémique. Samedi, la reine d'Angleterre, Elizabeth II a décoré l'écrivain d'origine indienne Salman Rushdie pour services rendus à la Grande-Bretagne dans le domaine littéraire. Depuis, les condamnations pleuvent en Asie. Le Parlement pakistanais a condamné lundi à l'unanimité cette décoration et a exigé le retrait de son titre de chevalier pour éviter d'offenser les musulmans.
"Cette chambre condamne fermement le titre de 'Sir' conféré à Salman Rushdie", a déclaré le ministre des Affaires parlementaires, Sher Afgan, en lisant la résolution adoptée par l'assemblée nationale. "Nous exigeons que la Grande-Bretagne s'abstienne de commettre de tels actes qui touchent la sensibilité des musulmans et que (la Grande-Bretagne) retire le titre de 'Sir' donné à Salman Rushdie", a poursuivi Sher Afgan. "C'est une source de souffrance pour les musulmans et cela va encourager les gens à commettre des blasphèmes contre le prophète Mahomet", a-t-il estimé.
L'octroi de ce titre ne va pas dans le sens d'une meilleure compréhension entre les pays musulmans et l'Occident, a jugé le ministère pakistanais des Affaires étrangères qui va adresser une protestation officielle à Londres. "Nous déplorons la décision des autorités britanniques de le faire chevalier (...) Nous leur ferons part de notre sentiment", a déclaré sa porte-parole. "Bien sûr, Salman Rushdie a tenté d'insulter et de diffamer les musulmans", a-t-elle accusé. Avant le Pakistan, l'Iran voisin avait qualifié dimanche d'acte d' "islamophobie" la décoration par la reine d'Angleterre de l'écrivain d'origine indienne, aujourd'hui âgé de 59 ans.
"Sir Salman"
De son côté, l'ambassade de Grande-Bretagne maintient sa décision. "L'honneur fait à Sir Salman est amplement mérité et s'explique de lui-même", s'est-elle défendue. "Ce titre de chevalier reflète la contribution de Salman Rushdie à la littérature au cours d'une carrière longue et riche", a affirmé la chancellerie.
"Sir Salman", comme il peut désormais se faire appeler, avait fait l'objet en 1989 d'une fatwa du fondateur de la République islamique iranienne, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, le condamnant à mort pour blasphème après la publication de son roman Les versets sataniques. Leur publication en 1988 avait provoqué des manifestations et des vagues de violence dans de nombreux pays musulmans.
(D'après agence)
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