Une dizaine de personnes ont été tuées dans cette explosion perpétrée sur un marché d'Islamabad © LCIDe nouveaux affrontements ont eu lieu vendredi aux abords de la Mosquée Rouge, moins de deux semaines après l'assaut sanglant de l'armée pakistanaise contre des islamistes armés qui s'y étaient retranchés. Un homme s'est fait exploser sur un marché d'Islamabad, provoquant la mort d'au moins une quinzaine de personnes et faisant trente blessés. "Il avait des explosifs scotchés sur son torse", a déclaré un responsable des services de sécurité. Le kamikaze a actionné sa bombe au milieu des policiers qui se reposaient après avoir repoussé les manifestants islamistes non armés, dont certains avaient réussi à pénétrer dans la Mosquée Rouge pour prendre possession des lieux. En fin d'après-midi, les policiers contrôlaient à nouveau le lieu Saint.
La mosquée venait de rouvrir ses portes après quinze jours de travaux de réhabilitation intenses : les neuf jours de combats, du 3 au 11 juillet, avaient considérablement endommagé cet ensemble de bâtiments qui comprend également des écoles coraniques. La mosquée, en plein coeur de la capitale, avait même été repeinte couleur pêche, pour effacer le passé de cet édifice vieux de 40 ans qui était devenu un sanctuaire pour des étudiants fondamentalistes pro-talibans.
"Musharraf est un chien, mort au gouvernement"
Dans la matinée, avant le début des affrontements, quand le nouvel imam soutenu par le gouvernement a voulu se hisser à son pupitre, des dizaines de fidèles se sont levés et l'ont chassé de la mosquée. "On m'avait dit que tout serait calme, je n'ai jamais été intéressé par la direction de cette mosquée, je le suis encore moins aujourd'hui", s'emportait à l'extérieur de l'édifice l'imam escorté et protégé par des policiers.
Les manifestants ont alors hissé sur le toit de la mosquée un drapeau noir barré par deux sabres croisés, symbole du "djihad", la "guerre sainte". Pendant que certains commençaient à repeindre en rouge le mur d'enceinte, d'autres scandaient des slogans hostiles au président pakistanais, le général Musharraf : "Musharraf est un chien, mort au gouvernement Musharraf". "C'est vrai, des étudiants incontrôlés ont pris le contrôle de la mosquée, ils empêchent la prière d'avoir lieu", a confirmé un officier de police. Les forces de police ont reflué hors de la mosquée, puis riposté à des jets de pierre, en tirant des grenades lacrymogènes dans l'enceinte de la mosquée.
Officiellement, l'assaut final, les 10 et 11 juillet, a coûté la vie à au moins 75 personnes retranchées dans la mosquée, en majorité des militants fondamentalistes lourdement armés, et à onze soldats. Avec les combats qui ont ponctué le siège de la mosquée, sept jours durant avant l'assaut, le bilan officiel est d'une centaine de morts. Depuis, le Pakistan subit une vague sans précédent d'attentats qui ont tué plus de 200 personnes, après que les islamistes pakistanais, soutenus par Al-Qaïda, eurent juré de venger les militants tués.
D'après agence
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