L'armée pakistanaise bloquant les accès de la Mosquée rouge d'Islamabad (11 juillet 2007) © TF1/LCIIl aura fallu deux jours de combats extrêmement violents, au cours desquels l'armée pakistanaise a progressé pièce par pièce, avant l'annonce, ce mercredi, de la prise de la Mosquée rouge d'Islamabad. La nouvelle, la veille, de la mort d'Abdul Rashid Ghazi, le chef des irréductibles, n'avait en rien mis fin aux féroces affrontements. "La première phase visant à nettoyer la zone des militants est terminée", a déclaré le porte-parole militaire, le général de division Waheed Arshad. "La seconde phase, visant à fouiller la zone et à la débarrasser des grenades non explosées et des engins piégés, est en cours. Les corps doivent être rassemblés et emportés".
Le bilan est très lourd : L'armée pakistanaise fait état de soixante treize militants islamistes tués durant les combats avec les soldats pakistanais.
Avant l'annonce officielle, la presse pakistanaise de mercredi citait des responsables évoquant un probable bilan de 80 à 200 morts. Des témoins sur place évoquaient des sous-sols jonchés de cadavres, pendant que les combattants islamistes résistaient pied à pied. A l'heure qu'il est, seuls continuent à se battre une poignée d'islamistes retranchés dans des tunnels fortifiés creusés sous la zone résidentielle du site de culte.
Un acte responsable pour les Etats-Unis
Sur le sort des otages retenus dans la mosquée, essentiellement des femmes et des enfants, on en sait peu encore. Plusieurs dizaines s'étaient enfuis au cours des affrontements de mardi et mercredi. Mais les autorités pakistanaises évoquaient plusieurs centaines d'otages aux mains des insurgés.
Le président pakistanais s'adressera jeudi à la nation afin de présenter "une nouvelle stratégie afin de combattre l'extrémisme et le terrorisme". La vive résistance opposée par les occupants de la Mosquée rouge, en plein cœur de la capitale pakistanaise, représentait un défi sans précédent pour le président-général Pervez Musharraf, allié clef des Etats-Unis dans la "guerre contre le terrorisme". Les Etats-Unis ont d'ailleurs approuvé mardi l'assaut, qualifiant de "responsable" l'attitude du gouvernement.
Même ligne pour Benazir Bhutto, opposante en exil et ancien Premier Ministre pakistanais : elle a jugé que "le siège de la Mosquée rouge montre à quel point certains partis du Pakistan sont devenues dangereuses". Elle évoque aussi "le spectre d'une prise de pouvoir islamiste du Pakistan".
| Al-Qaïda appelle à la révolte contre Musharraf |
Le numéro deux d'Al-Qaïda, a exhorté les Pakistanais à se révolter contre leur président, Pervez Musharraf, après l'assaut donné mercredi contre la Mosquée rouge d'Islamabad, dans une vidéo diffusée sur internet. |
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