
Les dépouilles de 45 civils, en majorité des femmes et des enfants, ont été découverts depuis samedi après des frappes aériennes alliées dans le sud de l'Afghanistan. C'est ce qu'ont affirmé dimanche des responsables locaux, dont le bilan provisoire est contesté par l'Otan. Le président Hamid Karzaï, qui n'a fait jusqu'à présent aucune déclaration publique sur ces nouveaux "dommages collatéraux", a dépêché une commission d'enquête gouvernementale dans le district de Gereshk (dans la province d'Helmand), cible de ces bombardements dans la nuit de vendredi à samedi.
La situation restait dimanche très tendue dans cette région, foyer de l'insurrection, où, selon le ministère de l'Intérieur, un soldat de l'Otan a été tué et trois autres blessés dans un attentat suicide visant leur convoi. Des soldats britanniques sont notamment déployés dans cette zone.
"Il se pourrait qu'il y ait encore des gens sous les décombres"
Si ce bilan provisoire de 45 morts était confirmé, il s'agirait des frappes aériennes alliées les plus meurtrières depuis juin 2002, lorsque 48 villageois avaient été tués par erreur par un raid américain. "Les gens travaillent toujours sur place pour trouver d'autres corps car il se pourrait qu'il y ait encore des gens sous les décombres", a annoncé dimanche un responsable local. Les frappes auraient également fait 62 morts parmi les talibans, a affirmé le chef du district de Gereshk.
Mais la force de l'Otan a donné un bilan tout différent de ces frappes, assurant que, selon "les informations obtenues jusqu'à présent", "moins d'une douzaine de civils" et un "nombre significatif" de talibans ont péri. La coalition sous commandement américain a, pour sa part, affirmé que les corps de huit civils avaient été retrouvés dans les tranchées parmi les insurgés, sans toutefois préciser si des civils pouvaient aussi se trouver sous les décombres de maisons touchées.
Ces bombardements aériens sont intervenus une semaine après la mort de 25 civils, dont neuf femmes et trois enfants, dans des frappes similaires de l'Otan dans la même région, qui avaient suscité la colère du président afghan. Hamid Karzai avait fustigé les "opérations imprécises et sans discernement" des forces internationales qui avaient fait, selon lui, 90 morts civils en dix jours. Il avait assuré que de telles opérations, minant le soutien de la population à la mission des forces internationales et aux autorités afghanes, ne "seraient plus tolérées". Après ces nouveaux bombardements, son porte-parole a assuré que "les décisions appropriées seraient prises à la lumière des résultats de l'enquête". Selon la Commission indépendante afghane des droits de l'Homme, plus de 380 civils ont été tués depuis le début de l'année dans des opérations alliées ou des attaques des insurgés.
D'après agence
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