© sxc.huLeur dernière apparition remonte au 13 octobre dernier. Mercredi 11 juillet, une expédition franco-népalaise, commanditée par les familles des victimes, a retrouvé deux des quatre corps de Jean-Baptiste Moreau, Raphaël Perrissin, Vincent Villedieu et Stefan Cieslar, au pied de la montagne Ganesh Himal 7, située à la frontière entre le Népal et le Tibet chinois. Mardi matin, les autorités népalaises avaient pourtant affirmé avoir retrouvé les quatre alpinistes.
Selon le guide de haute montagne français qui se trouvait aux côtés des guides népalais au moment de la découverte et leur a "organisé une sépulture", "les corps étaient en mauvais état, après une chute de plus de 1.000 mètres". Il n'a pas été possible de les identifier, a-t-il précisé. "Ils ont été retrouvés sur le versant népalais de la montagne", a-t-il encore affirmé, réfutant une information de l'Association népalaise de l'Alpinisme, selon laquelle les quatre Grenoblois seraient passés clandestinement au Tibet. "Il y a un flou artistique sur le positionnement de la frontière, mais d'après mes cartes, ils étaient sur le versant népalais de la montagne", a assuré le guide.
"On les a retrouvés à un endroit totalement différent de ce qui était prévu, ce nous laisse penser que les quatre victimes ont dû devisser très près du sommet et que les autres corps sont dans le même secteur, mais sous des quantités de neige et de glace, car c'est un cône d'avalanche", a poursuivi le guide. "Ils étaient dans des conditions de froid, de vent et de mauvais temps", a-t-il dit.
"Ils n'avaient pas la volonté de tricher"
Agés entre 28 et 36 ans, les quatre alpinistes avaient obtenu un permis pour tenter l'escalade du Paldor (5.896 m) au Népal mais seraient finalement passés clandestinement au Tibet pour tenter un sommet de plus de 7.000 mètres, le Ganesh Himal 7 (7.200 m). Une version contestée par le père de l'un d'eux. "J'ai sous les yeux la facture retrouvée en octobre 2006 dans leur tente, avec le ticket de carte bleue de 735 dollars", a affirmé le père de Raphaël, Gérard Perrissin. "Ils ont payé deux permis, un pour le Paldor, auquel ils ont dû y renoncer à cause du mauvais temps, et une autre ascension prévue plus tard que malheureusement ils n'ont pu réaliser", a-t-il dit.
"Ils n'avaient pas la volonté de tricher avec les permis, mais, ayant dû renoncer au Paldor, ils étaient dans la quasi impossibilité matérielle de revenir chercher un autre permis pour remonter vers le Ganesh", a expliqué M. Perrissin. L'alpinisme sans permis est une pratique courante chez les montagnards occidentaux qui rechignent à payer au Népal, en Inde, au Pakistan ou en Chine des laissez-passer aux prix jugés exorbitants.
Le Népal, qui compte huit des plus hauts sommets du monde dont l'Everest (8.848m), accueille des milliers de sportifs chaque année. Mais des accidents surviennent régulièrement à cause d'avalanches, d'intempéries ou de malaises. En janvier 2006, l'alpiniste français Jean-Christophe Lafaille y avait trouvé la mort à l'âge de 40 ans. Sept Français et onze Népalais -- emmenés par Daniel Stolzenberg, un grand alpiniste sexagénaire -- avaient été ensevelis en octobre 2005 en tentant l'ascension du Kang Guru (6.981 mètres), également au Népal.
Avec Agence
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