Plus de 42 millions de Turcs aux urnes

le 21 juillet 2007 à 20h57 , mis à jour le 22 juillet 2007 à 15h28

Les législatives très attendues de ce dimanche opposent le parti au pouvoir issu de la mouvance islamiste, favori, et le parti laïc de gauche et nationaliste.

TF1 / LCI Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours à la nation, le 30 avril 2007Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours à la nation, le 30 avril 2007 © LCI

Plus de 42 millions de Turcs sont appelés à voter ce dimanche pour des législatives dont le parti au pouvoir issu de la mouvance islamiste est le grand favori, un scrutin très attendu après la grave crise politique qui a opposé le gouvernement aux milieux laïques. L'inconnue de ce scrutin anticipé est le score que réalisera le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) et la marge de manoeuvre dont disposera le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier a d'ores et déjà averti qu'il refuserait de former une coalition, annonçant qu'il prendrait sa retraite politique si l'AKP n'était pas en mesure de gouverner seul, comme il l'a fait depuis les dernières législatives de 2002.
 
Selon les dernières enquêtes d'opinion, l'AKP obtiendrait environ 40 % des voix, voire jusqu'à plus de 47 %, ce qui lui permettrait de rafler au minimum quelque 300 sièges sur les 550 du Parlement, soit plus que la majorité absolue. Lors du précédent scrutin de 2002, il avait recueilli 34 % des voix et 351 députés. Créé sur les cendres d'un parti pro-islamiste en 2001, l'AKP se défend de vouloir islamiser l'Etat mais les milieux laïques restent extrêmement méfiants. Les premières estimations sont attendues dès 20h. 17 personnes ont été blessées lors de plusieurs incidents liés aux législatives, a rapporté l'agence Anatolie.
 
Issue à la crise ?
 
C'est d'ailleurs cette question cruciale de la laïcité de l'Etat, dans un pays à 99 % musulman, qui a été le détonateur de la crise lorsque l'AKP a tenté d'imposer au Parlement l'élection de son candidat à la présidentielle,  Abdullah Gül, ex-figure de la mouvance islamiste. Mais la brève campagne électorale qui a précédé ces élections n'a toutefois que peu abordé les questions de fond, dont le problème du voile. Le parti laïc a même préféré aborder les questions économiques à celles du voile.
 
Après l'annulation du 1er tour de la présidentielle par la Cour constitutionnelle le 1er mai, M. Erdogan décidait finalement de convoquer des élections, théoriquement prévues en novembre, pour sortir de l'impasse. Le scrutin pourrait cependant ne pas régler la crise. Le nouveau Parlement devra en effet désigner rapidement un nouveau président, le mandat de l'actuel chef de l'Etat Ahmet Necdet Sezer ayant expiré le 16 mai, et il n'est pas certain que l'AKP accepte de présenter un candidat de compromis.

le 21 juillet 2007 à 20:57
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