Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours à la nation, le 30 avril 2007 © LCIAu cours d'un discours électoral prononcé à Isparta, dans le sud-ouest de la Turquie, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a promis mardi de "quitter la politique", si son parti n'obtenait pas les voix nécessaires pour gouverner seul pour un deuxième mandat à l'issue des élections législatives prévues dimanche. Il a aussi appelé les leaders des deux partis d'opposition Deniz Baykal, chef du parti républicain du peuple - principale force d'opposition au Parlement - et Devlet Bahceli, président du parti de la action nationaliste, qui sont ses plus grands rivaux aux élections à en faire de même, si leur parti ne peut pas former seul le prochain gouvernement. "Allez faites la même chose. Ouvrez la voie pour ceux qui vous suivent. Ayez de l'audace", a déclaré Recep Erdogan.
Le parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) est donné favori au scrutin. Selon les derniers sondages d'opinion, il est crédité d'environ 40% des suffrages mais en raison du système électoral turc pourrait ne pas obtenir la majorité absolue des sièges au Parlement (550 au total). Le CHP est crédité entre 20 et 25% des voix tandis que le MHP, qui était resté sous la barre des 10% des voix nécessaires à l'échelle nationale pour se faire représenter à l'Assemblée lors des dernières élections, pourrait obtenir entre 10 et 15% des suffrages.
Erdogan renie son passé d'islamiste
Aux dernières législatives de 2002 seuls deux partis avaient franchi la barre des 10% des voix : l'AKP avec 34% et le CHP avec 19% des suffrages. Le parti a réussi à contrôler les deux tiers des sièges au Parlement, mettant fin à plus d'une décennie de coalitions gouvernementales faibles. Recep Erdogan, un ancien maire d'Istanbul âgé de 53 ans, est un ancien islamiste qui renie son passé préférant qualifier son parti de "démocrate-conservateur".
Mais les milieux laïques le soupçonnent de vouloir islamiser la Turquie en catimini. En dépit d'une apparente volonté de changement et d'une bonne performance économique, l'AKP n'a en effet pas su se débarrasser de l'étiquette d'islamiste qui lui est collée par l'"Etat profond" représenté par ll'armée, le pouvoir judiciaire et la bureaucratie, les gardiens de l'héritage laïc du fondateur de la République, Mustafa Kemal Atatürk.
D'après agence
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