Des otages sud-coréennes libérées par les talibans © TF1/LCILa fin du cauchemar. Six semaines après leur enlèvement, les sept otages encore détenus par les talibans ont été libérés jeudi, en deux groupes. Quatre puis trois otages sud-coréens ont d'abord été remis à des chefs tribaux dans le sud de l'Afghanistan, avant d'être remis au Comité International de la Croix-Rouge (CICR) sur place. Le convoi du CICR, qui attendait à la nuit tombée l'arrivée des derniers otages en un lieu désert, s'est aussitôt ébranlé en direction de Ghazni, la principale ville de la province du même nom.
Mardi, lors d'ultimes négociations face à face, les talibans et les diplomates sud-coréens étaient parvenus à un accord. Ce dernier réaffirme officiellement l'engagement de Séoul de retirer ses forces d'Afghanistan affectées à la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) et l'interdiction pour les missionnaires chrétiens de s'y rendre. Interrogé mercredi sur l'éventualité du versement d'une rançon, le porte-parole de la présidence sud-coréenne est resté évasif, se bornant à répondre que la Corée du Sud avait fait ce qu'elle devait faire.
L'accord critiqué par certains pays
Mais pour certains pays, à commencer par l'Allemagne, il ne faut pas négocier avec les talibans. Alors que Berlin reste sur son refus de négocier avec ce mouvement islamiste pour faire libérer son otage, le porte-parole de politique étrangère du groupe conservateur au Bundestag, Eckart von Klaeden, a estimé dans le quotidien Tagesspiegel que "ce chantage encourage les talibans à poursuivre leurs méthodes criminelles".
Le ministre canadien des Affaires étrangères, dont le pays dispose de 2500 soldats dans le sud de l'Afghanistan, a également critiqué les circonstances grâce auxquelles les otages sud-coréens ont été libérés. "Nous ne négocions pas avec les terroristes, pour quelque raison que ce soit", a déclaré Maxime Bernier dans un communiqué. Le ministre afghan des Affaires étrangères, Rangin Dadfar Spanta, a lui estimé qu'était lancé un "message très dangereux". Les circonstances dans lesquelles se dénoue l'affaire des otages sud-coréens "peuvent malheureusement être interprétées" et comprises comme une victoire apparente des revendications des talibans, a-t-il observé.
(D'après agence)
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