L'Inde sous haute sécurité pour ses 60 ans

Par F.A., le 14 août 2007 à 17h21 , mis à jour le 15 août 2007 à 13h38

Après le Pakistan mardi, le pays fêtait à son tour ses 60 ans mercredi. En raison de menaces islamistes et séparatistes, les festivités étaient encadrées par un dispositif de sécurité imposant.

En IndeEn Inde © LCI

Le 15 août 1947 à minuit, au lendemain de la création du Pakistan à majorité musulmane, un nouveau pays indépendant voyait le jour sur les décombres de l'Empire britannique des Indes : l'Inde, à majorité hindouiste. Après le Pakistan mardi -qui a choisi une célébration plutôt discrète-, c'était donc au tour de l'Inde de fêter ses 60 ans ce mercredi. Chaque année, les festivités d'indépendance se déroulent sous haute sécurité. C'était encore plus vrai pour ce 60e anniversaire, après de nouvelles menaces d'attentats attribuées à Al-Qaïda ainsi qu'aux multiples rébellions séparatistes agissant sur le sous-continent. 

A New Delhi, quadrillée par 70.000 hommes armés, le Premier ministre Manmohan Singh a salué, du haut des remparts du Fort rouge du 17e siècle, le "succès admirable d'une démocratie laïque dans une nation d'un milliard d'habitants marquée par tant de diversité". Il a rendu hommage au Mahatma Gandhi, père de l'indépendance. "Le meilleur est à venir", a promis M. Singh, relayant l'euphorie des élites indiennes depuis trois ans. Mais "pas d'excès de confiance !", a averti le chef du gouvernement, élu en 2004 pour réduire la pauvreté. "Pour réaliser nos rêves, nous avons besoin d'une décennie de travail et de croissance durable", a prévenu M. Singh. A l'unisson, les médias se sont félicités d'une Inde "libre, démocratique et en plein essor économique". "A 60 ans, l'Inde est plus sexy", a titré le Times of India.

Les frontières administratives de la mégalopole de 14 millions d'habitants ont même  été fermées et une zone d'exclusion aérienne a été établie au-dessus de la ville, avec un déploiement de batteries anti-aériennes, de missiles et  d'avions de chasse. Les trains, cibles favorites des terroristes, ont également fait l'objet de fouilles préventives, afin d'éviter des massacres comme celui de Bombay en juillet 2006 où l'explosion simultanée de plusieurs bombes dans les gares avait fait plus de 200 morts.

Les ambassades dans la ligne de mire ? 
 
Dans une vidéo mise en ligne le 5 août, Al-Qaïda, par la voix d'un Américain converti à l'islam, promet d'attaquer partout dans le monde les ambassades occidentales. New Delhi est spécifiquement visée puisque l'Inde est accusée dans cet enregistrement "d'avoir tué plus de 100.000 musulmans au Cachemire, avec la bénédiction des Etats-Unis". Depuis 1989, le Cachemire indien est secoué par une insurrection séparatiste, récupérée par des islamistes, qui a fait officiellement 42.000 morts, le double selon la rébellion. Pour des Cachemiris, l'indépendance de l'Inde est "un jour noir" et l'occasion de perpétrer des attaques ciblées. 
 
Outre New Delhi, les autorités étaient particulièrement vigilantes dans les Etats de l'Andhra Pradesh, dans le Sud, et du Chhattisgarh, du Jharkhand et l'Orissa, à l'Est. Ces régions sont en proie à des rébellions maoïstes disant défendre des tribus et des paysans sans terre. Au total, 165 des 600 districts indiens seraient, à des degrés divers, sous l'influence de ces guérilleros, que l'on appelle aussi les "naxalites".

Par F.A. le 14 août 2007 à 17:21
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