Une victime des manifestations à Rangoun, le 27 septembre 2007 © TF1/LCIPour la deuxième journée consécutive, les forces de sécurité birmanes ont tiré jeudi à balles réelles pour tenter de disperser les dizaines de milliers de protestataires, qui s'étaient réunis malgré l'interdiction. Elles ont également procédé pendant toute la journée à des centaines d'arrestations. Après trois moines et un civil mercredi, cette répression a fait cette fois au moins neuf morts. Parmi les victimes, figure un journaliste-caméraman japonais travaillant pour l'agence photo et vidéo APF. L'association Presse Emblème Campagne (PEC) a réclamé jeudi la tenue d'une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Les images contre la dictature
Par ses reportages, le japonais Kenji Nagai dénonçait la dictature birmane. Son meurtre par un soldat, filmé, contribue encore à isoler le régime.
Publié le 28/09/2007
Sur le plan diplomatique, la Chine, proche alliée des généraux au pouvoir, a appelé le régime militaire et les manifestants à faire preuve de "modération", tout en s'abstenant de condamner la répression. De leur côté, les Etats-Unis ont exigé la fin immédiate des "violences contre les manifestants pacifiques" et pris des mesures économiques immédiates contre 14 haut-dirigeants birmans.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a été informé jeudi que son émissaire spécial, Ibrahim Gambari, "sera le bienvenu" en Birmanie par les autorités locales. Il se rendra sur place samedi, selon l'Onu. Pour sa part, l''Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean)appelé la junte birmane à "cesser immédiatement" d'utiliser la violence. C'est "une victoire pour la démocratie et les manifestants en Birmanie", a déclaré à New York le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner en réponse à la prise de position de l'Asean.
Manifestation devant l'ambassade de Birmanie à Paris |
Une centaine de personnes, parmi lesquelles Ségolène Royal et Jane Birkin, ont manifesté jeudi devant l'ambassade de Birmanie à Paris contre la répression des manifestations. Les manifestants, réunis à l'appel d'Amnesty International, de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), de la Ligue des droits de l'Homme (LDH), d'Info Birmanie et de Reporters sans frontières (RSF), arboraient des écharpes orange ou rouges, en hommage aux moines birmans. "La France a exigé le gel des investissements économiques en Birmanie. C'est un premier geste, j'espère que (ce geste) sera efficace, j'espère qu'il y aura aussi des décisions collectives au niveau européen", a déclaré Ségolène Royal, estimant que "le gouvernement français mais aussi l'ensemble de l'Europe doivent faire pression sur la Chine". |
Un site de photos sur la situation en Birmanie
D'après agence
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