Hamid Karzaï rendant hommage au commandant Massoud © TF1/LCIDepuis qu'ils ont été chassés du pouvoir en Afghanistan, les talibans mènent contre les forces internationales soutenant le gouvernement du président Hamid Karzaï une insurrection sanglante, notamment à l'aide d'armes légères et semi-lourdes, ainsi que de bombes artisanales ; ils ont multiplié récemment leurs attaques-suicides. Ce conflit a déjà fait des milliers de morts. Pour tenter de l'apaiser, le chef d'Etat afghan a mis en place une commission de réconciliation en 2005. Mais elle n'a attiré jusqu'à présent que des militants sans importance politique.
Face à la récente détérioration de la sécurité dans le pays (une situation qu'il refuse de comparer à celle de l'Irak), le président afghan veut montrer sa bonne volonté. "La paix ne peut être réalisée sans négociations. Tout Afghan prêt à venir dans ce pays pour aider l'Afghanistan dans la paix, la stabilité et le développement est le bienvenu" : dimanche, Hamid Karzai s'est ainsi déclaré, une nouvelle fois, prêt à discuter avec les talibans pour mettre fin à leur insurrection sanglante.
Karazai en quête de contacts avec les talibans
Allant plus loin, il a réclamé un contact direct : "Si j'avais une adresse pour les talibans et si je pouvais y envoyer quelqu'un pour y rencontrer une autorité qui se déclare officiellement celle des talibans, je le ferais", a-t-il ajouté. Le président afghan aurait même demandé au Pakistan voisin de l'aider à entrer en contact avec les rebelles, car Kaboul affirme que ces derniers se cachent dans les montagnes frontalières du pays voisin, ce qu'Islamabad dément.
Surprise : l'offre du président afghan a reçu une réponse, au bout de quelques heures à peine. Elle est venue ce lundi par la voix du porte-parole attitré des talibans. Et c'est une réponse positive : "Pour le bien et les intérêts de la nation (...), nous sommes prêts à des pourparlers avec le gouvernement", a assuré Yousuf Ahmadi.
Le porte-parole des fondamentalistes a comparé les éventuelles dicussions avec Kaboul à celles qui se sont récemment déroulées pour la libération de 21 otages sud-coréens, libérés le mois dernier après six semaines de captivité et d'âpres tractations avec des émissaires de Séoul. "De la même façon que nous avons tenu des discussions avec le gouvernement sud-coréen, nous pouvons en ouvrir à un niveau encore plus élevé avec le gouvernement", a-t-il déclaré.
D'après agence
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