Benazir Bhutto à son retour au Pakistan le 18 octobre 2007 © TF1"Je sais exactement qui veut me tuer. Ce sont les dignitaires de l'ancien régime du général Zia qui sont aujourd'hui derrière l'extrémisme et le fanatisme". Dans un entretien accordé à Paris-Match dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques heures seulement après l'attentat l'ayant visée à Karachi, Benazir Bhutto est catégorique. "Nous devons purger ces éléments encore présents dans nos services secrets Bon nombre d'entre eux sont partis à la retraite puis ont été réembauchés. Ils ont aujourd'hui beaucoup de pouvoir. Pour eux, je représente un danger : si je ramène la démocratie dans le pays, ils perdront leur influence", estime-t-elle.
Benazir Bhutto épingle aussi le gouvernement actuel. "Je sais qu'à chaque fois que j'annoncerai mon intention d'organiser une grande réunion politique, le gouvernement va désormais me répondre : 'Il y a des kamikazes à vos meetings, le risque est trop grand'. Mais ce qui s'est passé est de sa faute, car il n'a pas été capable de prévenir cette tragédie", assène-t-elle. L'ex-Premier ministre affirme avoir été prévenue une demi-heure avant les explosions par un appel des services de renseignement du gouvernement. "Ils nous prévenaient que le police venait de recevoir une alerte à la bombe et qu'elle la prenait très au sérieux. Ils ont donc envoyé sur place une équipe chargée de neutraliser un kamikaze armé d'une ceinture bourrée d'explosifs se trouvant, selon eux, près du camion dans lequel j'étais. Ce sont ces jeunes qui ont trouvé la mort lors des explosions. Ils ont donné leur vie pour nous défendre", souligne-t-elle.
Législatives en janvier
L'attentat, perpétré quelques heures après son retour triomphal après huit ans d'exil, a fait au moins 130 morts selon le dernier bilan. "Ceux qui ont fait exploser ces bombes ont voulu tuer l'enthousiasme des foules qui m'accueillaient hier après-midi (jeudi). Mais, heureusement pour le Pakistan, ils ne sont pas parvenus à décapiter le mouvement de la démocratie", affirme-t-elle, en relevant qu'"il existe au Pakistan des madrasas (écoles coraniques) qui pratiquent le lavage de cerveau et poussent certains" à commettre ce genre d'action.
De son côté, son parti indique que l'ex-Premier ministre restera au Pakistan pour mener son parti, le Parti du peuple pakistanais, aux législatives programmées à la mi-janvier 2008.
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