Une victime des manifestations à Rangoun, le 27 septembre 2007 © TF1/LCIQue sont devenus les quelque 1000 bonzes et autres manifestants, arrêtés depuis mercredi dernier mais dont le pays est sans nouvelles ? Les organisations de défense des droits de l'Homme sont inquiètes. "Au moins 85 meneurs de manifestations, plus de mille moines et de 300 à 400 étudiants et militants (pro-démocratie) ont été interpellés", a déclaré Bo Kyi, secrétaire adjoint de l'Association d'aide aux détenus politiques. La Commission asiatique des droits de l'Homme assure de son côté qu'"au moins 700 moines et 500 civils étaient présumés avoir été interpellés et conduits dans des endroits inconnus la semaine passée".
Parmi les personnes arrêtées, des opposants membres de la Ligue nationale pour la démocratie d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, elle-même assignée à résidence depuis 2003. Selon Bo Kyi, les Birmans arrêtés sont soumis à de rudes conditions de détention. Fer de lance des premières manifestations pacifiques de masse la semaine dernière, des moines bouddhistes ont par exemple été déshabillés, "sévèrement battus, frappés à coups de pied et insultés" par des soldats et leurs affidés, a indiqué l'Association d'aide aux détenus politiques dans un communiqué. "Nous entendons parler de raids chaque nuit, mais, au matin, c'est difficile à confirmer", déclarait un diplomate occidental la semaine dernière.
Un embargo sur les armes
Dès le début des arrestations, l'organisation Amnesty International s'était inquiétée d'un "risque grave de tortures et de mauvais traitements" pesant sur les détenus. Elle demande aujourd'hui au Conseil de sécurité des Nations unies de mettre en oeuvre un embargo sur les armes à destination de la Birmanie. "Depuis le 25 septembre 2007, les forces de sécurité de Birmanie ont effectué des rafles contre les monastères, faisant usage de gaz lacrymogènes, de matraques et de tirs de sommation afin de disperser des manifestants. Elles ont tiré sur des manifestants en fuite et des journalistes", précise l'organisation. La Chine est "la principale source de l'armement pour les forces de sécurité birmanes, suivie de l'Inde, de la Serbie, de la Russie, de l'Ukraine et d'autres pays", précise Amnesty.
Mardi, l'envoyé spécial de l'ONU Ibrahim Gambari doit normalement rencontrer le chef de la junte militaire birmane, le généralissime Than Shwe. Ibrahim Gambari s'était rendu dimanche soir dans la nouvelle capitale birmane Naypyidaw, pour la seconde fois en 48 heures, avec l'espoir d'être reçu par Than Shwe.
Manifestations de solidarité au Népal et en Inde |
Des centaines de bonzes et nonnes bouddhistes ont manifesté lundi au Népal, ainsi que des hommes politiques en Inde, en signe de solidarité avec le mouvement démocratique en Birmanie réprimé par la junte militaire. Quelque 500 personnes se sont rassemblées dans la capitale népalaise Katmandou et ont déposé à l'ambassade de Birmanie une pétition réclamant le "retour" de la démocratie dans ce pays d'Asie du Sud-Est. "Nous appelons le gouvernement du Myanmar à cesser de tuer des bonzes et à rechercher une solution pacifique. Ce qu'ils font est contraire aux lois humanitaires", a déclaré Satya Shila, une nonne bouddhiste de 78 ans. |
(D'après agence)
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