Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il serrant la main de son homologue sud-coréen Roh Moo-Hyun (4 octobre 2007) © TF1/LCIL'image est historique : les dirigeants de la Corée du Nord et de la Corée du Sud se serrant la main, et signant une déclaration de paix. Il était 13 heures ce jeudi à Pyongyang - 6 heures du matin en France. Avant cela, Séoul et Pyongyang avaient eu à coeur d'afficher des signes d'entente depuis le début, mardi, de leur face à face, le deuxième seulement depuis le sommet historique de 2000 qui avait consacré leur rapprochement. Le président sud-coréen Roh Moo-Hyun avait symboliquement franchi mardi à pied la ligne de démarcation séparant les deux Corées. De son côté Kim Jong-Il avait apparemment rompu le protocole en venant accueillir en personne son hôte. Jusqu'à ces déclarations officielles retransmises ce jeudi par le pool de presse : "Le Sud et le Nord partagent la vue selon laquelle ils doivent mettre fin à la situation actuelle d'armistice et instaurer un système de paix permanent".
Les termes de cette déclaration prennent toute leur valeur quand on sait qu'aujourd'hui encore, les deux ex-frères ennemis de la Guerre froide sont dans une situation anachronique. N'ayant conclu qu'un armistice et non un traité de paix à l'issue de la guerre de Corée (1950-53), ils sont donc toujours théoriquement en guerre. Et la péninsule est divisée depuis plus de cinq décennies. La frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud reste encore l'un des points chauds de la planète, avec, de part et d'autre, un déploiement militaire permanent digne des vieux jours de l'affrontement Est-Ouest.
Les avancées de la "politique du rayon de soleil"
Les deux dirigeants coréens ont également réaffirmé au sommet de Pyongyang leur engagement à démanteler les installations nucléaires de la Corée du Nord, laquelle semble en passe d'honorer ses engagements internationaux. La Corée du Nord avait accepté, le 13 février, d'abandonner son programme nucléaire en échange d'une importante aide énergétique et de garanties dans le domaine de la sécurité, quatre mois après avoir fait exploser sa première bombe. Selon un accord dévoilé mercredi par la Chine, le régime communiste a accepté un calendrier pour les prochaines étapes de sa dénucléarisation, s'engageant à démanteler ses installations du principal site nucléaire de Yongbyon avant le 31 décembre, sous la supervision des Etats-Unis.
Le président sud-coréen Roh Moo-Hyun avait affirmé à maintes reprises qu'il souhaitait promouvoir la réconciliation. Cette "politique du rayon de soleil", inspirée de l'Ostpolitik allemande de Willy Brandt, s'était déjà traduite par des réunions familiales et une coopération économique accrue. Cependant, en Corée du Sud, des détracteurs du sommet lui ont reproché d'avoir fait allégeance à son hôte en se rendant à Pyongyang, soupçonnant le numéro un nord-coréen d'avoir accepté la rencontre pour en tirer des bénéfices économiques. La Corée du Nord appelle notamment Séoul à accélérer le développement d'un complexe industriel implanté dans la ville frontalière de Kaesong et financé par la Corée du Sud. La Corée du Sud voit dans Kaesong, où 13.000 Nord-Coréens sont employés par 22 entreprises sud-coréennes, un projet phare pour tenter de relancer une économie du Nord à genoux.
D'après agence
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