Les All Blacks dansant le haka © TF1/LCILa défaite des All-Blacks, samedi dernier contre la France, est vécu comme un "deuil national" en Nouvelle-Zélande. L'expression est de Corinne, une Française de 43 ans qui vit dans ce pays depuis 1999.
"A la télévision, les journalistes employaient un ton grave, il y en a même un qui était au bord des larmes", explique à LCI.fr cette expatriée qui a "vu [son] mari, qui est Néo-Zélandais, se décomposer en direct" à mesure que le match avançait. Et en ce lundi, "on sent qu'il y a une tristesse chez les gens", poursuit Corinne. A tel point que certains spécialistes de la santé mentale prodiguent des conseils à la population (lire : "Les psychothérapeutes au chevet des Néo-Zélandais"). Plus grave : "Women's Refuge, une association de défense des femmes battues, a indiqué qu'après le match, elle a constaté une augmentation de la violence domestique". Un phénomène qui n'est pas général mais lié à "certaines familles", s'empresse d'ajouter la Française.
Ces comportements peuvent paraître extrêmes vus de France mais pas sur place : les All-Blacks incarnent la Nouvelle-Zélande. L'équipe nationale de rugby donne à ce "petit pays" une visibilité dont il ne bénéficie pas par ailleurs, explique en substance Corinne. Et puis, les supporteurs locaux "avaient placé la barre très haut" en termes de résultats. "Nous, les Français, nous sommes habitués à perdre des matchs, pas les Néo-Zélandais, raconte-t-elle. Une défaite provoque toujours un drame."
"Polis avec les Français"
Conséquences : "Le coach [des All-Blacks] va certainement se faire virer. Surtout, les gens sont très remontés contre l'arbitre anglais du match" (lire notre article : "Sur le web, colère noire contre l'arbitrage"). Et pour les expatriés français, l'heure est-elle au profil bas ? "Personnellement, ce n'est pas dans mon caractère de faire profil bas, déclare Corinne. J'étais contente de la victoire mais je ne vais pas chercher à chambrer les gens. Alors que si la France avait été battue, j'en aurais entendu parler ! Les supporteurs néo-zélandais aiment bien rabaisser leurs adversaires." La Française avaient d'ailleurs dû essuyer quelques insultes en 1999, lors de la victoire des Bleus face aux All-Blacks lors de la Coupe du monde de rugby. Mais c'était à Wellington. A Palmerston, où Corinne vit désormais, "les gens sont restés polis", précise-t-elle.
"L'image de la France est bien meilleure que par le passé", pointe encore Corinne. Le sentiment anti-français avait culminé après le plastiquage du Rainbow Warrior de Greenpeace dans le port d'Auckland, en 1985. "Les médias néo-zélandais ont relaté le très bon accueil réservé aux All-Blacks en France ; ici, les gens ont été agréablement surpris". Les quelque 2000 ressortissants français de l'archipel ne devraient donc pas trop pâtir de l'émotion suscitée par la victoire des Bleus.
Retrouvez Corinne sur son blog d'expat : La tête à l'envers
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