Le président sud-coréen franchit la frontière avec la Corée du Nord © TF1/LCIUn geste historique. Une première pour un chef d'Etats sud-coréen. Le président sud-coréen Roh Moo-Hyun a symboliquement franchi à pied la zone démilitarisée séparant les deux Corées, illustrant une volonté de réconciliation avant le sommet intercoréen qui débute mardi à Pyongyang. "Je traverse cette ligne interdite en tant que président", a déclaré M. Roh dans un message télévisé diffusé peu avant sa traversée. "La frontière a divisé la nation depuis un demi-siècle. Cela a entraîné beaucoup de souffrances pour notre pays et handicapé le développement", a-t-il ajouté.
M. Roh, qui se rend à Pyongyang par la route pour rejoindre son hôte nord-coréen Kim Jong-Il, était accompagné de sa femme Kwon Yang-Suk et de 13 membres de sa délégation lorsqu'il a franchi la ligne de démarcation à proximité du célèbre village de Panmunjom. Ce village neutre où fut signé l'armistice à l'issue de la guerre de Corée (1950-53) est situé au coeur de la zone démilitarisée (DMZ, longue d'environ 240 km) établie à la fin du conflit pour consacrer la partition entre un Nord sous influence soviétique et un Sud soutenu par les Etats-Unis. Cette zone tampon concentre le plus grand nombre de troupes au monde. Pour des questions de sécurité, le prédécesseur de M. Roh, Kim Dae-Jung, avait pris l'avion pour se rendre à Pyongyang lors du sommet historique de 2000 qui avait amorcé le réchauffement entre les deux Corées.
Désir de paix avec le Nord
Lundi, le président Roh avait déjà mis l'accent sur son désir de paix avec le Nord. Les deux pays n'ont en effet jamais signé de traité de paix après la guerre qui les a opposé et sont donc toujours théoriquement en guerre. "Je donnerai la priorité à l'établissement de la paix dans la péninsule coréenne", a promis lundi M. Roh lors d'un discours prononcé à l'occasion de la fête des forces armées sud-coréennes. Si ce sommet, d'intérêt essentiellement bilatéral, qui dure jusqu'à jeudi, n'est pas censé être une plateforme de dialogue pour les discussions sur le nucléaire, celles-ci ne manqueront pas de figurer en bonne place.
"Je ferai tout mon possible pour faire de ce sommet un vecteur du succès des discussions à six et contribuer à la paix sur la péninsule coréenne et dans l'Asie du Nord-Est", a ajouté M. Roh.
La rencontre à Pyongyang survient alors que le Nord semble progresser sur la voie de sa dénucléarisation dans le cadre d'un accord international à six pays (deux Corées, Etats-Unis, Japon, Chine et Russie) signé le 13 février à Pékin. Le régime communiste a procédé à la fermeture mi-juillet de son principal site nucléaire, acceptant de déclarer tous ses programmes nucléaires et de démanteler toutes ses installations existantes.
Si important soit-il en terme d'image, les analystes ont douté de la réelle portée du sommet convoqué à la demande du président sud-coréen dont le mandat s'achève en fin d'année.Le tenue de ce sommet à deux mois d'une élection présidentielle, alors que le président Roh est en chute libre dans les sondages, a fait naître des soupçons sur les arrières-pensées du parti Uri au pouvoir (centre gauche) accusé de vouloir faire un "coup" politique.
(D'après agence)
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