Les moines birmans mobilisent l'opposition © LCI/TF1C'est la deuxième mission en Birmanie d'Ibrahim Gambari depuis la répression par la junte d'un mouvement de protestation populaire, il y a cinq semaines. L'envoyé spécial des Nations unies a demandé dimanche à la junte birmane d'aller de l'avant et d'engager sans tarder un vrai dialogue avec l'opposition. Il s'est entretenu avec le ministre du Travail, un général de réserve nommé le mois dernier par le régime pour développer des relations avec l'opposante Aung San Suu Kyi, assignée à résidence à Rangoun, a indiqué un responsable birman.
Ibrahim Gambari s'attend à "l'ouverture rapide d'un dialogue visant à accélérer une réconciliation nationale, le rétablissement de la démocratie et le respect total des droits de l'Homme", a indiqué l'ONU. Il a également rencontré le ministre birman des Affaires étrangères Nyan Win. Avec lui, il a discuté de "la réponse apportée jusqu'ici par le gouvernement aux attentes de la communauté internationale suite à la récente crise", selon le communiqué des Nations unies.
Diplomate français écarté?
A la veille de l'arrivée d'Ibrahim Gambari, le gouvernement militaire a informé l'ONU qu'il n'avait pas l'intention de prolonger l'accréditation de Charles Petrie, chef de l'équipe onusienne à Rangoun qui, le 24 octobre, avait dénoncé la pauvreté et les souffrances de la population en Birmanie, un pays pourtant riche en ressources naturelles. Dimanche, le régime a défendu sa décision, faisant savoir par voie de presse que les vues exprimées par Charles Petrie n'étaient "pas basées sur des informations solides ou de vraies données et que, par conséquent, elles ne reflétaient pas la situation objective de la Birmanie".
Dans une lettre adressée au bureau du secrétaire général de l'ONU et obtenue par l'AFP, le ministère birman des Affaires étrangères est même allé plus loin, accusant Charles Petrie d'avoir "outrepassé ses pouvoirs" par sa déclaration qui "nuit à la réputation de la Birmanie". Ce diplomate international de nationalité française est en poste en Birmanie depuis juillet 2003.
Rencontre avec Aun Suu Kyi
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est de son côté déclaré "déçu" par l'annonce birmane et a renouvelé toute sa confiance en Charles Petrie. Selon des analystes, cette affaire a quelque peu éclipsé les objectifs essentiels de la nouvelle mission d'Ibrahim Gambari, qui sont la libération de tous les détenus, l'ouverture d'un dialogue entre la junte et l'opposition et le début d'un processus de réformes dans ce pays gouverné par des généraux depuis 45 ans.
Dimanche, on ne savait pas si et quand l'envoyé spécial de l'ONU serait reçu par le numéro un du régime, le généralissime Than Shwe. Selon un responsable birman, Ibrahim Gambari doit retourner mardi à Rangoun pour y rencontrer séparément Aun Suu Kyi et d'autres responsables de la Ligue nationale pour la démocratie, le principal parti d'opposition qui a vu des dizaines de ses membres libérés au cours de la semaine écoulée.
(D'après agence)
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